Par le petit bout de la lorgnette du Figaro : Saint-Nazaire, c’est Chicago !

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Nicolas Sarkozy a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle lors d’une grand-messe célébrée par TF1, le mercredi 15 février dernier. Branle-bas de combat au QG parisien flambant neuf du parti majoritaire. La machine peut enfin être lancée.

Le Figaro largue sa première bombe dans son édition datée du 16/02 en faisant un constat accablant sur la ville de Saint-Nazaire et plus particulièrement sur le quartier de la Bouletterie. Chiffres et témoignages à l’appui, Christophe Cornevin décrit le côté le plus sombre de la ville. Du trafic de haschisch aux manifestations qui dégénèrent sous l’empire de l’alcool, tout est bon à quelques semaines de l’échéance démocratique pour instaurer, encore une fois, un climat de peur parmi les électeurs.

Ville historiquement ancrée à gauche, Saint-Nazaire attire l’attention du journaliste qui décrit les nombreuses interventions des policiers tout en relatant leurs impressions et leurs constats. Quid de la population, première concernée par l’insécurité dénoncée, régnant sur la ville portuaire ? Rien. Pas un témoignage, ni une citation. Elle “collabore” avec les forces de l’ordre, exténuée.

L’activité décroissante des chantiers navals serait la cause de ce mal-être naissant. Selon l’article, on pourrait croire que STX est le seul employeur de la région. Les deux paquebots actuellement en chantier sont en phase de finition. Mauvaise posture pour les Chantiers, sauf si l’on rappelle la commande annoncée en décembre dernier de deux navires de croisière de luxe par Viking Ocean Cruises auxquels on pourrait ajouter l’hypothétique nouveau France.

Les Nazairiens n’ayant plus de travail, ils se concentreraient en partie sur des activités illicites en vendant des stupéfiants, squattant les halls. Pire, certains viendraient la nuit piller les paquebots en construction. La Brigade Anti-criminalité fait son travail, “parfois, on fait tellement d’interpellations que nos geôles de garde à vue n’y suffisent plus !”. C’est bon les statistiques.

Jean-Louis Garnier, pourtant élu UMP dans la commune a dénoncé sur le site saintnazaire-infos ledit article : « Ce qui est insupportable dans l’article du Figaro, c’est d’attribuer à l’activité de la ville (que bien des cités en France pourraient nous envier) à des caractéristiques de sa population, la détérioration de la qualité de vie, le développement de la délinquance voire la prise de contrôle par des bandes ethniques dans quelques quartiers, alors que ce phénomène issu de la région parisienne frappe maintenant toutes les villes françaises. La nôtre étant encore l’une des moins touchées grâce à l’homogénéité de sa population qui, la malheureuse, croit encore à l’efficacité protectrice des autorités ».

Philippe Grosvalet, quant à lui, se dit “scandalisé par les messages qui font passer cette ville pour un ghetto“.

La cité portuaire est prise pour cible par la droite française. Marine Le Pen, qui souhaite récupérer les voix des ouvriers arrachées par l’UMP en 2007, veut tenir son dernier meeting de province à la Soucoupe. La mairie lui en refuserait l’accès.

Voici l’image qu’auront désormais les français de la ville administrée par Joël-Guy Batteux : Ville ouvrière, pauvre et insécure. L’article du quotidien orienté droite toute reflète la vision d’un parisien ayant sans doute pris immédiatement le chemin du commissariat dès sa sortie de la gare, par peur d’une agression.

C’est bien connu, Saint-Nazaire is the breton Chicago…

3 COMMENTS

  1. Je connais bien Saint-Nazaire, et le trafic de stupéfiant est peut-être plus élevé qu’ailleurs dans le Département ces derniers temps. Ce n’est pas une fausse vérité. Seulement, la part est ridicule comparée aux trafics en tous genres débarqués de certains conteneurs, malencontreusement ouverts le long de la ligne de Fret ou parfois même sur le port ! La direction du Port Autonome n’est à peine au courant, certaines pistes laissent à penser que des policiers se servent au passage, et que des élus et juges locaux ferment les yeux pour ne pas fâcher une véritable mafia locale que l’on nomme par “syndicat du travail”… chacun tenant à son poste, omerta. Chut !

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