Législatives à Lorient : Yann Syz, la démocratie sociale et régionale contre le « national-présidentialisme »

Yann Syz, adjoint UDB au maire de Lorient, a annoncé il y a quelques semaines sa candidature aux législatives sous les couleurs du parti autonomiste. Interview d’un  candidat engagé pour plus de Bretagne et plus d’Europe.

 

7seizh : Bonjour Yann Syz, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Yann Syz : Ayant grandi à Ploemeur, vivant à Lorient et ayant travaillé à Lanester, je connais bien la circonscription.  Je suis depuis sept ans Maire-Adjoint de Lorient, ville où j’ai en charge les politiques de santé et de restauration collective.  Ma vie professionnelle s’est pour l’heure déroulée dans les champs du tourisme, de la médiation du patrimoine et de l’éducation. Je suis venu à l’UDB par le biais d’une réflexion sur la démocratie territoriale et pour aider à mon échelle à utiliser les nombreux atouts de la Bretagne.

 

Quelles idées fortes voulez-vous mettre en avant durant votre campagne ?

Une triple logique anime ma candidature. D’abord, après 5ans de sarkozysme, il nous faut retrouver un esprit de justice sociale et d’équité territoriale. Le projet de hausse de la TVA, impôt structurellement le plus injuste, n’est que la caricature d’un gouvernement qui a déséquilibré la répartition de l’effort fiscal entre les plus riches et les autres. Les milliards investis pour le projet dit du grand Paris pendant que ferment classes, tribunaux ou autres services aux populations en sont le pendant territorial.

Ensuite, il nous faut également placer l’écologie au cœur du développement économique. C’est une exigence pour l’environnement, pour la sécurité face aux risques naturels ou industriels, mais c’est surtout une exigence pour l’emploi. Ainsi, l’énergie nucléaire, peu sûre et très couteuse, ne produit de l’emploi en France que dans des points centralisés précis. Investir massivement dans les alternatives au nucléaire, c’est utiliser les atouts de notre région (soleil, vents, marée) en créant de l’emploi local. Les enjeux énergétiques de notre pays de Lorient doivent être une priorité, d’action, source de transferts de compétence des nombreux savoir faire industriel de notre territoire. L’écologie au coeur de l’économie, c’est aussi accompagner les mutations agricoles nécessaires. L’agriculture est notre plus grande zone d’activité économique. La vraie réponse aux problèmes économiques et écologiques des agriculteurs bretons ne se trouvera pas, dans la course aux rendements et aux volumes des matières premières. Il convient plutôt de mettre en place les stratégies qui permettent, à volume produit égal ou moindre, de renforcer la valeur ajoutée sur l’exploitation elle-même.

Enfin, je veux que l’on puisse vraiment utiliser les atouts de la Bretagne. La Bretagne, c’est un vivier énergétique, c’est une identité et une richesse culturelle, c’est un potentiel pour l’économie maritime, etc. Il faut doter la Bretagne des outils qui lui permettent d’être une des solution à la crise. La plupart de nos voisins européens sont dotés d’un modèle fédéral, qui permet aux régions (Landers allemand par exemple) d’être les moteurs du développement économique, avec les moyens pour le faire, en soutenant un vaste réseaux de PME. Une Bretagne entreprenante passe par une Bretagne plus responsable, et donc plus autonome.  Les citoyens de Bretagne doivent pouvoir agir et décider pour l’enseignement du breton, pour l’économie et la sécurité maritime, pour la qualité de l’eau, pour le développement économique.

Au cœur de ces trois priorités, il y a l’idée que nous progresserons en Bretagne avec plus de démocratie sociale et de démocratie régionale, et moins de national-présidentialisme.

 

Quels sont vos objectifs et ceux de l’UDB à travers cette candidature ? De quelle manière allez vous mener campagne ?

L’objectif est de montrer aux citoyens qu’une Bretagne entière, une Bretagne qui cultive ses langues et une Bretagne autonome, ce ne sont pas des objectifs en soi, mais bien des outils pour l’emploi, le pouvoir d’achat, la démocratie et l’équité territoriale. Nous voulons convaincre que les bretons doivent avoir confiance dans le potentiel de leur région, et qu’il faut aujourd’hui franchir un pas politique pour déverrouiller les freins institutionnels.

Quant à la manière de mener la campagne, nous sommes encore en train de caler les choses. Les jeunes y auront en tous les cas une place particulière.

 


En 2007, déjà candidat aux législatives, vous aviez obtenu 1.45% des suffrages. Quel est l’intérêt de se présenter en 2012 dans des conditions analogues ? L’UDB ne risque t-elle pas simplement de démontrer son impuissance à peser sur les débats ?

Je ne regarde pas un scrutin en fonction des résultats passés mais en fonction du contexte présent. En 1999, N. Sarkozy obtenait le plus faible score de la droite sous la Veme République, huit ans plus tard il devenait pourtant président. Comme quoi les scores passés ne donnent pas l’avenir…Je crois que les conditions ne sont pas les mêmes. Ce qui s’est passé en Europe en 2011 donne raison aux fédéralistes que nous sommes. Pourquoi ? parce que nous disons déjà depuis longtemps que nous avons besoin d’une Europe politique plus forte, plus cohérente, avec un contrôle politique de la banque centrale et une harmonisation fiscale et sociale progressive. Plus d’Europe donc.

Mais s’il y a plus d’Europe, il faut en contrepartie qu’une part des décisions, relevant du quotidien, des services publics ou des atouts locaux se rapproche des citoyens au niveau pertinent celui de la Région. Car si une part du pouvoir politique s’éloigne, il faut qu’une se rapproche. Plus d’Europe impose plus de région. Or chaque région a des atouts et des enjeux différents, c’est pourquoi il faut en finir avec le normalisme uniforme. On ne peut bien toutes les chausser avec la même pointure.

En 2007, ce type d’analyse avait du mal à passer. Aujourd’hui, lorsque je l’explique autour de moi, elle est mieux comprise. C’est un effet de la crise de l’Euro. C’est aussi lié au fait qu’entre agitation verbale, casse sociale et inaction économique, N. Sarkozy aura réussi malgré lui à démontrer que l’échelle de l’Etat n’est pas l’échelle la plus opérante au XXI° siècle. 

Alors, oui, je crois que le contexte n’est pas le même, et que nous pourrons passer plus de messages cette fois. Les citoyens ont je crois conscience que plus de Bretagne, c’est plus de dynamisme pour leur droits, pour leur culture, pour leurs emplois.

 

Merci à vous.


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