Quelles nouvelles écoles Diwan à la rentrée 2012 ?

Monter une école Diwan est un pari. Nombre d’élèves suffisant, locaux adaptés, le processus est souvent long et demande une solide dose d’opiniâtreté. Pourtant un bon nombre de Bretons font le pas et ici et là se montent des comités pour créer de nouvelles écoles.

Associatives, les écoles Diwan, écoles en immersion en langue bretonne, sont entièrement gérées par les parents d’élèves regroupés en AEP (Association d’Education Populaire). Ces AEP gèrent les locaux, les employés (aide-maternelle, employés de cantine quand il n’y a pas de partenariat avec la cantine communale) et le budget de fonctionnement de l’école. Le salaire des enseignants est, quant à lui, pris en charge par le réseau Diwan puis par l’Education Nationale, après cinq années de fonctionnement (bizarrement en Pays Basque nord, cette période est réduite).

A la rentrée 2012 il existait 41 écoles Diwan dans les 5 départements bretons et à Paris auquelles s’ajoutent 6 collèges et un lycée regroupant en tout un peu plus de 3500 élèves. L’objectif affiché de Diwan est d’ouvrir au minimum 2 écoles par an. Or c’est aujourd’hui 5 projets qui sont en cours : Landivisiau (29), Pornic (44), Plérin (22), Plescop (56) et Fouesnant (29). Mais ces projets sont à des stades de développement bien différents.

Sûr et peut-être

« Il y aura bien une école Diwan à Pornic à la rentrée 2012 !» affirme (en breton) l’éditeur Thierry Jamet, l’un des initiateurs du projet. Ouverture qui ne manquera pas de faire parler dans le département car Pornic est située au sud de la Loire, dans un département de Loire-Atlantique dont la séparation incompréhensible d’avec le reste de la Bretagne est toujours ressentie comme un cruel accident de l’Histoire et une marque d’acharnement et de lâcheté de la part de la classe politique hexagonale. Thierry Jamet fait partie de ces « pédretz » (Pornic est située dans le pays de Retz aux habitants éponymes) ne digérant pas la débretonnisation du Sud-Loire orchestrée de façon officielle par le conseil régional des Pays de la Loire. Et les familles pornicaises semblent suivre le projet avec intérêt: « 20 enfants sont pré-inscrits déjà et pourtant le lieu où sera implantée l’école n’est pas encore connu de la presse. » et donc n’a pas été publié. A l’autre bout de la Bretagne, à Landivisiau, ville natale du poête Xavier Grall, dans le très bretonnant Léon, les bâtiments ne sont toujours pas trouvés « on a une piste » affirme Maryline Maguet, la présidente de l’association de parents d’élèves avant de préciser « Nous avons 9 élèves pour l’instant, assez pour ouvrir ». Selon une source locale, Georges Tigreat le maire UMP de Landivisiau qui compte déjà une filière bilingue dans le privé, n’est pas spécialement pressé d’aider les parents d’élèves dans leur démarche. Même casse-tête à Plérin au pied de Saint-Brieuc « Les locaux, c’est la question majeure pour nous » regrette Kevin Ruellan secrétaire de l’AEP locale. La question était justement posée en conseil municipal au moment où nous publions. Au niveau des effectifs, les chiffres sont enviables « Pour l’instant on aurait en gros 13-14 enfants, une dizaine de familles à la rentrée prochaine» poursuit le jeune père. En tout cas, le breton sera loin d’être étranger dans une ville qui a compté comme habitant l’un des plus grands écrivains en langue bretonne de l’entre-deux guerres : Meven Mordiern.

Selon la direction de Diwan, ces trois écoles représentent les plus gros espoirs d’ouverture pour 2012, « mais bien sûr tout cela dépendra du degré d’avancement des projets » selon Sonia Zaoumi chargée de mission « développement et promotion du réseau » à la centrale de Landerneau. Deux autres projets sont également en gestation : Plescop dans la banlieue de Vannes où la maire autonomiste Nelly Fruchard, qui avait interpellé le président Nicolas Sarkozy lors de sa venue dans le Morbihan en mars 2011, sera certainement un atout et Fouesnant dans le Sud-Finistère. Mais « Pas avant 2013 probablement !» répond la direction de Diwan pour ces deux projets.

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