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Un rapport préconise la suppression de l’épreuve de gallo au bac et la réduction du coefficient pour le breton

Le gallo est, depuis 1984, l’une des 11 langues dites régionales que les élèves bretons peuvent passer en matière facultative au baccalauréat. Enseigné dans 8 lycées, 11 collèges et nombres d’écoles primaires de l’académie de Rennes, le gallo a été reconnu par le Conseil Régional de Bretagne administrative (4 départements) comme « langue de Bretagne » aux côtés du breton.

Or, un rapport commandé par l’Education Nationale écrit en décembre 2011, mais rendu public seulement maintenant, préconise sa suppression pure et simple sous prétexte de « simplification et de réduction des coûts ». Cette mesure ne touche pas uniquement le gallo mais également l’alsacien et les langues des pays mosellans (francique, welsch, etc…). Le rapport indique pourtant que chaque année, c’est « entre 50 et 200 lycéens » qui choisissent l’option gallo (comme le breton, le basque ou le catalan).

Selon ce rapport « le choix des langues pouvant faire l’objet d’une épreuve au baccalauréat pourrait être limité : aux 12 langues européennes et aux 4 langues internationales pouvant actuellement être choisies en LV1, LV2, LV3 et en épreuves facultatives ; aux 8 langues régionales (breton, catalan, corse, langue d’Oc, basque, créole, langues mélanésiennes, tahitien) qui peuvent actuellement être choisies en LV2, LV3 et en épreuve facultative. » Donc exit le gallo, les langues de Moselle et même l’alsacien qui compte pourtant « entre 500 et 999 » aficionados chaque année.

Prudents les rédacteurs, dont le rapport préconise également la suppression de nombreuses langues notamment européennes, précisent tout de même que la mesure est « susceptible de provoquer des réactions diplomatiques importantes » faisant référence aux pays appréciant de voir leur langue prise en compte dans les épreuves du bac. Apparemment, les réactions des Bretons gallésants, des Mosellans et des Alsaciens n’inquiètent pas les inspecteurs chargés du présent dossier.

Epargné par cette vague simplificatrice, le breton n’est, quant à lui, pas ménagé par les propositions de réforme de l’évaluation. En effet, selon le rapport il convient de « réduire l’incidence des épreuves facultatives et limiter la compensation entre épreuves » et ce afin « d’améliorer la dimension certificative du diplôme ». En clair, fini les points en plus grâce au breton ! La commission proposant de « modifier la comptabilisation des notes des épreuves facultatives et de les affecter d’un coefficient 1, quelle que soit la discipline ». Précisons qu’aujourd’hui seuls les points au-dessus de 10 sont retenus pour les épreuves facultatives comme le breton ou le gallo.

La mise en place d’une telle réforme entraînerait, à coup sûr, un désintérêt des élèves pour des cours souvent mal situés dans l’emploi du temps et difficiles à suivre tout au long de la scolarité. Les conséquences sont prévisibles : baisse des effectifs, suppressions de postes, etc… . Ces mesures pourront également toucher, à terme, les primaires bilingues ou Diwan. En effet, dans une ville ou un territoire breton ne proposant pas de continuum dans l’enseignement de la langue (primaire, collège, voir lycée) il est plus difficile d’installer une filière en breton.

D’autre part un paragraphe brillant par son opacité avance l’idée de remplacer certaines épreuves écrites par des…. QCM (Questionnaires à Choix Multiples), « plus économiques et adaptés à l’évaluation des connaissances sur un champ très large ». Les rédacteurs ne précisent pas si le breton pourrait être touché par cette « avancée » mais cette solution est clairement envisagée pour toutes les épreuves facultatives.

Gageons que ce rapport sera âprement discuté dans les rues de Quimper, de Metz ou de Strasbourg lors des manifestations du 31 mars prochain.

14 COMMENTS

  1. Petite question au risque de rallumer une querelle linguistique qui de mon point de vue n’a pas lieu d’être
    J’avais lu
    1/ que la progression géographique du gallo à l’encontre du brezhoneg en « basse bretagne » n’était pas comme on le croit un simple « remplacement » d’une langue par une autre.
    2/que la zone que l’on présente comme bretonnante au IXème siècle s’étendant jusqu’à Dol de Bretagne à grosso-modo Pornic n’était pas si bretonnante que cela.
    3/ qu’en fait la zone qui grosso-modo qui commence à l’est de Paimpol à Guérande et va à l’ouest de Dol à Pornic était bilingue, c’est à dire brezhoneg-gallo. La progression du gallo au dépend du breton se serait surtout fait dans cette zone par la substitution d’une zone bilingue en une zone gallophone exclusive (essentiellement à partir du XIII et XVI siècles). En revanche, la zone à l’ouest de Paimpol à Guérande était bretonnante exclusivement et l’ai restée jusqu’à grosso modo le début du XX avant « l’arrivée massive » du français.
    4/ Ce n’est que récemment (courant XVIIIè siècle) que cette zone gallophone aurait « gagné » et se serait déplacée à l’ouest, marginalement dans les côtes d’armor mais surtout en Loire-Atlantique et Morbihan.

    Est ce exact ? Quelqu’un a-t-il plus d’élements d’informations à ce sujet

  2. Da ma soñj zo skridoù amañ na dalv ket ar boant respont dezho… Tud a enep an divyezhegezh pe al liesyezhegezh int setu tout. Arabat kouezhañ ba’n toull ! Gallaoueg ha brezhoneg zo breur ha c’hoar e Breizh !

    Il y a certains écrits ici qui ne vallent pas la peine d’une réponse… Ceux qui les écrivent sont des opposants au bilinguisme (quelqu’il soit) ou au multilinguisme. Le piège est un peu gros (diviser pour régner, vieille méthode qui semble toujours fonctionner) ! La Bretagne d’avant et d’après l’arrivée des bretons à toujours était plurilingue. N’en déplaise à certain tenant de la langue unique, de l’Etat dominateur voir du peuple unique (comme l’on peut l’entendre ces derniers temps)…

  3. Pezh vez lâret ziàr-benn ar gallaoueg zo nul ken ez eo. Ur langaj an hani eo él ar galleg ofisiel pe ar brezhoneg. Da betra skarzhiñ Jakobined c’hall, ma vez graet o labour get Brezhonegerion ‘zo ?
    Pour les gallos, je ne parle pas votre langue, mais je trouve nul à cher les opinions de certains des intervenants. Visiblement il y en a à qui ça ne suffit pas de se coltiner les francophones,non, il leur faut d’autres ennemis, les gallos. Mais où on va comme ça ?
    Aux gallos aussi de s’organiser pour lutter et de définir ce qu’ils veulent, ce’est pas facile d’aider des gens que l’on ne voit pas beaucoup.

  4. Je tiens à rappeller une évidence, toute la Bretagne a parlée breton. Que ce soit, il y a 1000 ou 50 ans!
    La langue des bretons est donc bien le breton.

    Par contre, le gallo a lui aussi sa place dans notre histoire culturelle, et vouloir l’évincer n’est pas une bonne chose, loin de là!

    Un point important est à noter : Aucun débat n’existe en France pour préserver les autres dialectes de la langue d’oil (français mis à part). Ce qui amène à se poser quelques questions!

    A mon sens, une part de la réponse tient à l’attachement des bretons à la linguistique bretonne (peut importe son origine), mais une autre part tient également à la politique de l’état français de diviser artificiellement les bretons pour mieux atteindre la vraie cible… La langue bretonne et l’intégrité de la Bretagne!

    Donc OUI naturellement à la préservation du gallo, MAIS il appartient aux gallèsants d’être conscient que ceux qui défendent leur dialecte roman ne le font pas nécessairement par ouverture d’esprit!

    (D’ailleurs, on le voit bien, la langue bretonne fait face à une réduction du coefficient de notation. Le projet de destruction est donc global.)
    (Il semble que le gallo survivra QUE si le breton survit!)

  5. Vous êtes quand même des tas de salauds à vouloir enterrer le gallo et par la meme occasion nos parents et nos grands parents encore vivants.
    et à rayer de la carte la moitié du territoire breton
    un gallo pas opposé au brezhoneg

    ps : Si le gallo vous fait tant ch… que ça militez pour une Breiz-izel comme Patrick Chauvin.

  6. On est censé pleurer sur le sort du Gallo ? Alors que ceux qui défendent le gallo passent plus de temps à venir détruire ce que font ceux qui agissent pour la langue bretonne !

    Tant mieux, que ce patois français crève et qu’il disparaisse de Bretagne, comme ça on ne devra plus subir ces perpétuelles tentatives de mettre notre langue nationale sur le même plan qu’un patois français que n’importe quel francophone comprend sans trop d’efforts.

    • Entièrement d’accord. Le gallo est un parasite pour tuer la langue bretonne de l’intérieur, ça marche trop bien et c’est triste, les quelques Bretons qui se font complice de cette stratégie devraient avoir honte, mais si ça se trouve ils sont bien trop intelligent pour ne pas voir ce qu’ils font et agissent en toute connaissance de cause.

  7. Même si le gallo n’est pas une langue et est largement utilisé pour limiter l’épanouissement du breton dans les zones ou il etait parlé avant…Il est scandaleux qu’il ne soit plus comptabilisé pour au bac !! C’est une honte !!! Nous vivons vraiment dans un monde capitaliste de merde. En Autriche ou ailleurs, il y a aussi des dialectes mais ils comptent dans l’education….

    • J’avais le même dilemme que vous au départ, la langue bretonne a aujourd’hui deux ennemis, le gallo et l’état français, mais l’état français est clairement identifié, alors que le gallo est bien plus pernicieux car il vient rabaisser la langue bretonne, et il vient nous présenter la Bretagne comme une terre romane avec tout au plus quelques villages où l’on aurait parlé breton.

      Je ne perdrai pas de temps à lutter contre le gallo, mais si je peut l’enterrer sans trop d’effort ça sera avec plaisir, les militants du gallo m’ont trop énervé à parasiter le combat breton pour que j’ai la moindre envie de leur tendre la main.

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