Du Pays basque à la Bretagne, la représentation du culte musulman se structure

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A l’occasion de la création de l’Eusko Islamiar Kontseilua, état des lieux sur les associations et personnalités représentatives du culte musulman en Bretagne.

C’est Eitb, la télévision basque, qui l’annonçait en début de semaine. Le conseil islamique du Pays basque – Eusko Islamiar Kontseilua, vient d’être mis en place. Il regroupe plus de 100 000 personnes par le biais d’environ 70 associations.

Dans une interview en basque, son président Ismael Samadi évoque la nécessité que la religion musulmane puisse être acceptée « sans préjudice, ni peur », et indique son intention de travailler sur des dossiers comme « l’enseignement de l’islam aux écoles, des repas adaptés dans les cantines scolaires ou la normalisation de la mise en place de mosquées ». Premier dossier chaud : interpeller le maire de Donostia sur l’absence de lieu de culte dans la capitale de Gipuzkoa.

Et en Bretagne ? L’institution représentative des musulmans sur la région administrative est le conseil régional du culte musulman de Bretagne. Celui-ci, émanation du CFCM, est l’interlocuteur officiel des pouvoirs publics pour l’organisation du culte (questions liées à la construction de lieux de cultes, aux inhumations, l’organisation des prières…) Il est présidé actuellement par Mustafa Arslan, chef d’entreprise de Rennes.

A la fin du mois de janvier, celui-ci donnait une interview fleuve au magazine Unidivers. Parmi les sujets abordés, l’implantation historique des musulmans en Bretagne, l’aide apportée dans le passé par l’église catholique, l’éventail actuel des sensibilités au sein du culte musulman sur la péninsule, l’organisation du culte ou encore les relations avec les non musulmans.

Pour Mustapha Arslan, “On peut affirmer avec certitude que la quasi-totalité des membres composant l’ensemble de la communauté musulmane de Bretagne vit leur foi discrètement, paisiblement, sans tapage, ni ostentation, ni vaines querelles, et dans le respect de leur prochain. […] la laïcité pour eux va de soi.”

Le président du CRCB souligne également l’apport des personnes issues de l’immigration musulmane au « renom de la Bretagne » par le biais de professions à haute qualification intellectuelle : médecine, enseignement, recherche, mais regrette l’absence quasi totale de musulmans dans l’espace politique ou les professions de la presse.

D’autres associations existent, comme le « rassemblement des musulmans de Bretagne » (émanation régionale du rassemblement des musulmans de France). Celui-ci est présidé par Mohamed Iqbal ZAÏDOUNI, enseignant à l’Institut de Recherche sur l’Enseignement de Mathématiques (IREM) à l’Université de Rennes 1, par ailleurs responsable de la formation des imams au sein du rassemblement des musulmans de France, et « Initiateur du Dialogue Islamo-Chrétien avec le Diocèse de Rennes-Saint Malo et Dol de Bretagne. »

A Nantes, Mourad Sandi, professeur en sciences économiques à l’université locale, est l’un des responsables de la mosquée Arrahma. Dans une interview à Ouest-France parue en janvier, il évoquait notamment la forte intégration du lieu de culte dans la vie locale : accueil de classes scolaires, portes ouvertes, solidarité, rencontres interreligieuses…

Des portraits de notables bien éloignés du groupuscule extrémiste Forsane Alizza,  ultra minoritaire mais plus régulièrement en une de la presse.

8 Commentaires

  1. @ Ar Van

    “Tous les bretons (sans exclusive) sont citoyens français, la Bretagne c’est en surplus”

    Oui, les bretons sont citoyens français (pour l’instant), ils sont également citoyens européens, MAIS de nationalité bretonne (même si cela pose un problème à l’Etat Français).

    La Bretagne n’est en rien en surplus (les Tri-Yann se trompaient complètement), la Bretagne, c’est notre pays, un pays colonisé par la France, un pays qui veut reprendre sa place au sein de l’Union-Européen (à égalité avec la France).

    =>Pour en revenir aux Musulmants.
    Ils ont raison de garder le lien avec leurs origines, mais ils ont le devoir de respecter la Bretagne pour ce qu’elle est.

    Les Musulmants sont de facto une minorité religieuse, composé de différentes Minorités Nationales. Si la France refuse de reconnaitre les Minorités (elle “nationalise” et pratique l’assimilation forcée), les bretons ont certainement un avis différent plus en phase avec les Libertés Fondammentales et les Droits de l’Homme.

    Dès que les choses sont claires et que Droits et Devoirs sont définis, toutes les choses vont bien et chacun s’enrichi de l’autre.

    Les bretons sont un peuple accueillant, et il n’est pas impossible que certains de ces musulmants soient un jour “citoyen breton membre d’une minorité de Bretagne avec un statut propre officiellement reconnu” (conforme aux textes sur les droits de l’homme de l’ONU et de l’UE).

  2. La personne dont on parle dans le premier post a une orthographe personnelle et considère que “bzh” est le symbole de Belzébuth. On pourrait au moins s’attendre à ce qu’une personne apprenne la langue avant de vouloir inventer une orthographe, mais en breton, cela ne semble pas nécessaire.
    Je connais des personnes d’origine d’Afrique du Nord qui parlent breton, quant à en faire des musulmans, c’est à eux de le dire.Mais bon, on a déjà intégré plus ou moins une autre grande religion d’origine aussi orientale.

  3. Il y a Houcine Nadjar qui connait tres bien le breton
    par contre Houcine me rejoint dans ma critique de la nov langue “ofis ar brezhoneg” et il utilise une orthographe personnelle.
    pour ceux qui veulent le lire tapez “HOUCINE BREZOUNEC” dans google
    il avait unblog avant “breiz ar ar bed” mais il a disparu semble t il ….

    je viens de decouvrir sa petite video

    • Effectivement, je suis au courant
      J’ai déjà eu l’occasion d’échanger avec lui sur internet
      Cependant autant je peux comprendre (mais pas partager) sa critique sur Ofis ar brezhoneg (OAB), autant je ne comprends pas pourquoi il s’obstine à écrire dans une orthographe personnelle. Cela est inutile et dessert à mon avis la langue bretonne (j’ai vraiment du mal à le lire et cela devient tellement fatiguant que j’ai abandonné). Comme je le signalais précédemment il ne faut pas confondre le système de graphie utilisé pour écrire en breton avec le travail de réappropriation linguiste qu’effectue OAB.
      Attention ma critique ne porte pas sur l’expression orale (il a au moins le mérite de parler breton) mais à quoi bon militer pour une écriture (que lui seul semble connaître) alors qu’on le veuille ou non c’est le perunvan qui s’est imposé. Même les tenants des autres graphies (Universitaire et Interdialectale, à part peut être Emgleo breiz et certains universitaires brestois) s’y sont mis.
      Je ne pense pas que lorsque on écrit en breton en “peurunvan”, on soit nazi à moins d’être parano ou d’avoir des objectifs politiques inavouables…

  4. le kabyle bretonnant peut-être mais ça fait un peu “l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours”.
    oui il ya des gens d’origine maghrebine qui connaissent le breton mais, connaissant plutot bien le “milieu” maghrebin , je peux vous dire que ce n’est pas dans leur “imaginaire”.
    leur appartenance est plutot (je parle pour ts ceux que j’ai pu cotoyer):
    1) leur origine (maroc, algerie, “berberie”)
    2) appartenance française

    je n’ai jamais entendu dans leur bouche une appartenance bretonne, ils voient cette appartenance comme ethnique , pour parler non politiquement correcte “de sang”.
    peut-être n’ont ils pas tort.
    c’est une vision purement française de “nationaliser” tout le monde !

    • A propos de l’ours! et pourtant je ne suis pas des Pyrénées, j’ai retrouvé le reportage!
      Ce reportage parle d’un kabyle parlant le breton couramment et qui changeait de métier pour devenir boulanger : cf lien (http://www.ina.fr/fresques/ouest-en-memoire/fiche-media/Region00510/rafa-un-aljerian-brezhoneger-rafa-algerien-bretonnant.html)
      Je pense que son exemple n’est pas le seul.
      Ma question portait sur l’appartenance bretonne que pourraient avoir certains musulmans en Bretagne. Cette appartenance n’étant pas obligatoirement de sang mais culturelle. C’était une question et non une affirmation.
      bien sur que je ne doute pas que la majorité d’entre eux se définissent d’abord comme français voir pour certains musulmans (tout comme d’ailleurs l’immense majorité des bretons dits de souche) par ce qu’actuellement on nous donne pas le choix. Tous les bretons (sans exclusive) sont citoyens français, la Bretagne c’est en surplus)

      Donc peut être musulman et se considérer comme breton (au sens culturel du terme) ? si oui, existe-t-il des exemples ?
      On pourrait d’ailleurs étendre cette question aux autres religions comme le bouddhisme, l’hindouisme…

  5. Il en existe, j’en connais au moins une… Sur le Kabyle bretonnant, je n’en sais pas plus, mais il ne fait aucun doute que les musulmans de Bretagne ne demandent qu’à être traités comme des Bretons à part entière, à apprendre le breton…

  6. question à 2 lur
    Existe-t-il des musulmans de Bretagne parlant le Breton et/ou se définissant d’abord comme breton et non comme français ? Est-ce du domaine de la chimère ou du rêve ? Je me souviens avoir vu sur FR3 Breizh il a y de cela 20 ans un reportage sur un kabile bretonnant, quand est-il ?

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