Fusillades de Toulouse : le suspect appartiendrait à Forsane Alizza dont une antenne active est basée à Nantes

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Mohammed Achamlane, porte-parole de Forsane Alizza.
Mohammed Achamlane, porte-parole de Forsane Alizza.

Le ministre français de l’intérieur a déclaré aujourd’hui  que Mohamed  Merah , le suspect numéro 1 des meurtres de Toulouse et Montauban, appartenait à Forsane Alizza, sans donner plus de précision.

Mohamed Merah est le principal suspect de la série de fusillades qui a eu lieu ces derniers jours à Toulouse et Montauban, dans l’extrême-sud de la France. Ces fusillades ont fait trois morts parmi les militaires de l’armée française, ainsi que de quatre morts dont trois enfants à l’entrée d’une école confessionnelle juive. Mohamed Merah, actuellement encore retranché chez lui, se serait déclaré jihadiste et salafiste, expliquant ses gestes sanglants par sa volonté de « punir » l’armée française pour sa présence en Afghanistan et de venger la mort d’enfants palestiniens.

Mohamed Merah appartiendrait donc à Forzane Alizza, une organisation salafiste basée en Bretagne, et dont Claude Guéant avait d’ailleurs déclaré la dissolution ce 29 février dernier. Son porte-parole, dénommé Mohamed Achamlane, mais qui se fait appeler Abou Hamza, nom de l’oncle paternel du prophète Mohamed, avait déclaré à cette occasion qu’il n’excluait pas la recours à la violence « si l’islamophobie s’intensifiait ».

Pourtant, malgré la dissolution prononcée, Forsane Alizza continue ses activités, notamment dans la région nantaise où elle est basé. Récemment, Mohamed Achamlane a annoncé la création d’un tribunal islamiste dans la cité des Ducs de Bretagne. Toutefois le site internet de l’organisation, qui regroupait des milliers de sympathisants notamment à travers les réseaux sociaux, indique une maintenance depuis cet après-midi.

Le groupe Forzane Alizza, qui signifie « les Cavaliers de la fierté », est connu pour ses actions de prosélytisme en Bretagne, en France et en Belgique, et plus particulièrement dans la région nantaise où il fait de l’agit-prop, colle des affiches,  organise des réunions. Un entrepôt désaffecté de la banlieue nantaise a même accueilli l’année dernière un stage de paint-ball. La vidéo de ce « stage » d’un style particulier a depuis disparu d’internet mais, détail révélateur, on pouvait y entendre un membre du groupe passant devant le Château des Ducs de Bretagne : « Regardez ! Regardez leur drapeau. C’est le château des koufir » (mécréants).

C’est l’affaire Sandrine Moulières, une des trois épouses de Liès Hebbadj, un habitant de Rezé,  qui avait véritablement mis l’organisation islamiste sur le devant de la scène médiatique, en 2010. Cette femme, portant un hijab lui couvrant la tête, et un niqab lui voilant le visage à l’exception des yeux, avait été verbalisée par la police alors qu’elle conduisait la voiture du couple, non loin de l’école où sont scolarisés leurs enfants. En plein débat politico-médiatique sur la voile, ce fait divers avait été largement couvert par les médias.

Mohammed Achamlane, porte-parole de Forsane ALizza, et Liès Hebbadj, épicier rezéen, devant le tribunal de Nantes en 2010.
Mohammed Achamlane, porte-parole de Forsane ALizza, et Liès Hebbadj, épicier rezéen, devant le tribunal de Nantes en 2010.

Plus récemment, d’autres incidents impliquant des femmes voilées, à Saint-Brieuc et surtout à l’entrée du tribunal de Lorient, avait engendré la colère de Mohamed Achamlane, qui avait diffusé sur internet son appel téléphonique à notre confrère du Télégramme ayant couvert l’événement, conversation où l’on pouvait noté la grande violence verbale avec laquelle il s’en prenait au journaliste.

Cependant, aucun fait de violence physique ne semble avoir été imputé à Forzane Alizza. L’enquête de la police anti-terroriste française à l’encontre de Mohamed Merah permettra peut-être s’en savoir plus sur ses liens avec l’organisation nantaise, et notamment s’il a séjourné à Nantes.

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