Vote FN en Bretagne : et si on se disait enfin la vérité ?

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Le vote Front National (ou plutôt le vote «Marine Le Pen» ce qui est un peu différent) est encore en Bretagne très inférieur à la moyenne hexagonale, mais jusqu’à quand ? Car élection après élection celui-ci grimpe constamment. Il serait aujourd’hui temps d’analyser enfin froidement la situation et de couper court à certaines illusions…

13,1 % dans les cinq départements, de gros scores (plus de 30%) dans certaines communes rurales, Marine Le Pen fait, comme le souligne «Le Monde», une percée remarquée en Bretagne. Jusqu’alors, les Bretons et, plus encore, les militants bretons vantaient la faible implantation du vote frontiste dans la péninsule. Les raisons annoncées à ce refus de l’extrême-droite sont répétées à l’envie et ont même fait l’objet de thèses sociologiques : l’influence du catholicisme social, le poids du «centrisme» affiché des trois quotidiens publiés en Bretagne, la modération des barons locaux, le haut niveau d’étude, «l’esprit voyageur» des bretons, «leur ouverture au monde» et je ne sais quoi d’autre…

Bon….

Alors effectivement, certaines de ces raisons se tiennent, mais maintenant il est temps d’arrêter de se leurrer. Malgré «l’ouverture au monde» bénie de nos compatriotes, la digue ne va pas tenir longtemps. En fait, il est possible d’avancer d’autres explications, non politiquement correctes, pour justifier cette réticence au vote Le Pen. Et, avant tout chose, il est temps de tirer la sonnette d’alarme pour éviter de se réveiller un matin avec une terrible gueule de bois.

– Le faible niveau d’industrialisation de la Bretagne.

C’est un fait, dans les anciennes régions industrielles de l’Est et du Nord laissées en déshérence, le vote FN est très important. La Bretagne n’a pratiquement pas d’industrie lourde et donc à moins été touchée par la fameuse désindustrialisation qui fait tant parler depuis que la classe politique française s’est rendue compte que l’Hexagone ne pouvait pas vivre que du tertiaire.

Par contre, le plus gros employeur privé de Bretagne s’appelle PSA, c’est à dire l’immense usine de la Janaie prêt de Rennes. Or PSA fermera cette usine. Non pas demain ni peut-être après-demain mais les syndicats locaux ne se font pas d’illusion, la Janaie fermera un jour. 9500 salariés, des milliers d’emplois en sous-traitance. On imagine le résultat. De la même manière, quel est l’avenir d’Airbus et des «chantiers» de Saint-Nazaire (en «restructuration» tous les deux) qui font vivre toute la région nantaise ? Et la DCN à Lorient et Brest ? Si ces derniers remparts industriels sautent il y a fort à parier qu’il ne restera pas grand chose de «l’ouverture au monde» des bretons.

– Le faible taux d’immigration extra-européenne en Bretagne.

J’aimerais pouvoir rêver et me dire que les bretons sont insensibles par nature aux sirènes de la haine et de la xénophobie. La vérité est malheureusement moins prosaïque. L’immigration extra-européenne en Bretagne est assez faible au regard d’autres régions de l’Hexagone et l’intégration des populations africaines, turques ou maghrébines s’est, en général, bien passée jusqu’alors. Mais quid des endroits où il y a une «mixité de population» puisqu’il faut bien l’appeler ainsi ? Trignac, banlieue ouvrière de Saint-Nazaire où chaque année les gens du voyage s’installent pendant les mois d’été, moment de fortes tensions au niveau local : Marine Le Pen réunie 18,59% des suffrages. Lanester : 15,92%, Inguignel (56), où il y a, depuis peu, une «mixité de population» avec le déplacement de population de la région lorientaise : 20,24 %, etc… Alors, effectivement, il est fort agréable de penser que la Bretagne est «plus ouverte» que les autres mais si le taux d’immigration monte et atteint les niveaux de la région parisienne, du nord, de l’est ou de la frange méditerranéenne, en sera t’il toujours de même ? La plupart des communes «à mixité de population» sont encore fortement maillés par les organisations de gauche notamment par le parti communiste. Dans les anciens bastions rouges du nord et de l’est, le transfert a été quasiment direct en quelques années entre PCF/CGT et FN, la Bretagne subira t’elle la même terrible logique dans les années à venir ?

– L’absence de «points de fixation» frontistes.

Corollaire du précédent chapitre, la Bretagne a, pour l’instant, évitée le couplage : «banlieue en déclassement social/forte population immigrée». En Bretagne, il y a des quartiers affichant cette configuration, mais a de très rares exceptions, il n’y a pas de villes entières pouvant constituer de futurs fiefs frontistes (phénomène «Vitrolles» -Banlieue de Marseille- à une époque, phénomène «Hénin-Beaumont» -banlieue de Lens- aujourd’hui). Ceci implique que le vote FN qui peut être fort important dans certains quartiers en déclassement social est «noyé» dans le vote global de la métropole.

Autre chance pour la Bretagne : notre pays ne compte pas, non plus, de villes où le phénomène explosif : déclassement social + immigration est couplé avec une gestion quasi-mafieuse de la mairie. Là encore, les phénomènes «Vitrolles» ou «Hénin-Beaumont» ont prospéré sur des municipalités à la gestion alliant clientélisme, copinage et détournements divers. En Bretagne, il n’existe pas encore de situation connue de ce genre où le FN pourrait se construire un fief.

– En Bretagne, la pauvreté est avant tout rurale.

Même si la seule ville gérée par le FN à longtemps été Saint-Gilles dans le Gard, les municipalités FN sont avant tout des phénomènes urbains ou péri-urbains. Il est, en effet, très difficile pour un candidat FN d’arriver en tête dans une élection municipale en milieu rural. Ce constat n’empêche pas Marine Le Pen de faire des scores très élevés dans les communes (rurales) les plus pauvres de Bretagne : Selon l’INSEE, la commune bretonne où le revenu moyen est le plus faible est Maël-Pestivien (22). Score de Marine Le Pen ce 22 avril : 24,46 % (2me place). Brignac (56) (9ème commune), Marine le Pen : 17,27 %; Loquefret (2è ville la plus pauvre du Finistère) : Marine Le Pen : 16,80%; Loc-Eguiner-Saint-Thégonnec (4ème du Finistère) : Marine Le Pen : 16,35 %.

En Morbihan, des communes du Pourlet, autour de grosses entreprises ayant fait récemment faillite votent aussi largement Le Pen : Pleugriffet : 27,5%, Persquen : 20,10%, etc….

En Loire-Atlantique, le constat est encore plus inquiétant : Soulvache (commune la plus pauvre de Loire-Atlantique) : Marine Le Pen : 26,36%, Sion-les-Mines (2ème commune) Marine Le Pen : 19,71 %, Petit-Auverné (3è) : Marine Le Pen : 21,74%, etc…

Dans les communes pauvres traditionnellement «rouges», notamment dans le centre, centre-Ouest Bretagne, l’implantation communiste «contient» le vote Le Pen, mais ailleurs il y a une corrélation évidente entre pauvreté et vote Marine Le Pen. La seule chance pour ces communes de ne pas avoir d’ici 10 ans de municipalités FN c’est qu’il n’y a pas ou peu d’implantation de militants frontistes capables de «prendre» une mairie. Mais pour combien de temps encore ?

– L’appareil Front National : incompétent en Bretagne

Si le Front National a réussi de telles implantations dans le Nord et le Sud de la France c’est aussi parce qu’il comptait un appareil politique performant et de fortes personnalités locales : Steeve Briois à Hénin-Beaumont, Le Chevallier à Toulon, Mégret à Vitrolles, Jacques Bompart à Orange, etc…. Ailleurs, le vote FN est, avant tout, un vote Jean-Marie Le Pen puis Marine Le Pen, le FN présenterait un âne à une élection, les gens voteraient quand même pour lui.

En Bretagne, ce n’est pas Jean-Paul Félix, Cédric Abdilla, Brigitte Neveux ou Gauthier Bouchet et ses combats de Pokémon qui peuvent représenter une menace quelconque pour les barons locaux du PS ou de l’UMP. Le vote FN est donc resté, pour l’instant, un vote dit de «scrutins nationaux». Si une recomposition de la Droite entraîne l’émergence d’une nouvelle génération frontiste plus sérieuse, les scrutins locaux pourront ils encore résister au vote Front National ?

22 Commentaires

  1. Vous m’obligez à prendre la plume le premier mai !

    Vous êtes dans l’erreur totale. D’abord sur la nature du vote FN en 2012. Mais beaucoup plus gênant, sur la réalité du territoire breton. En fait, vous ne semblez pas réellement connaître la Bretagne…

    Le score de Marine Le Pen en 2012 est équivalent à celui réalisé en 2002 par Le Pen plus Mégret en 2002 (13,2% des inscrits en 2002, 13,9% en 2012). Il n’y a pas de progression du FN en 10 ans, alors qu’on subit un crise économique sans équivalent depuis un siècle. Le FN, qui réalise approximativement les mêmes scores depuis 25 ans, ne progresse pas. C’est un échec du FN auquel on vient d’assister. Pire pour le FN : le vote FN s’est tassé dans les villes industrielles du nord-est, où il est en baisse de 2 à 5 points presque partout. A tel point que Marine Le Pen – qui est une femme intelligente – a dû aller chercher de nouveaux électeurs dans les zones du rural profond (style nord-est du Morbihan), là où ne vivent que des personnes âgées, aucun immigré et où il n’y a pas de réel problème d’insécurité (à Ploërmel, la seule insécurité, ce sont les jeunes qui boivent des bières et font du bruit avec leur mobylette).

    La baisse du FN dans les ex-bassins industriels du nord-est est très nettement ressortie le soir des élections, où les sondeurs ont annoncé à 20 heures un FN à 20%. Les départements ruraux du nord-est avaient envoyé en premier des résultats en progression. Les sondeurs, qui ont fait leurs projections sur les scores précédents du FN dans les bassins industriels en crise, ont surestimé le résultat du FN. Son résultat n’a cessé de baisser au cours de la soirée, au fur et à mesure de l’annonce des résultats des villes et des bassins industriels. Les sondeurs sont retournés à leurs études et de nombreux articles ont été publiés depuis une semaine, qui indiquent que le FN n’est pas en progression.

    Là où votre article est le plus dans l’erreur, c’est sur votre histoire de Bretagne non industrialisée. C’est un mythe. Le taux d’emploi industriel dans les unités de plus de 200 salariés est identique au reste de la France. En plus, vous passez sous silence les villes bretonnes hyper-industrielles comme Brest ou Saint-Nazaire. A Brest, il y a une présence immigrée importante, un chômage élevé, de l’industrie lourde et Marine Le Pen fait 8,9% des inscrits. Dans le même type de ville de l’est de la France, elle aurait fait 25%. Comment l’expliquez-vous ?

    Personnellement, j’habite à Saint-Brieuc, qui était une ville orientée à 100% sur l’emploi industriel jusqu’aux années 1980. Acieries, confection, appareillage électrique, agro-alimentaire, etc… De grosses structures. Chaffoteaux-et-Maury employait 2500 personnes il y a 30 ans et c’est fermé aujourd’hui. Manoir Industrie employait près de 1000 et 300 aujourd’hui. Le Mont-Carmel et ses 400 ouvrières est fermé. Le Joint Français emploie toujours 600 personnes, Stalaven 800, la brosserie plus d’un millier, etc… Le caractère industriel a laissé de nombreuses traces dans le paysage, avec des cités HLM un peu partout (dont une ZRU de plus 5000 habitants). Il y a aussi une assez forte présence immigrée, comme dans toute agglomération industrielle.
    Résultat de Marine Le Pen : 8,1% des inscrits à St-Brieuc, 10,6% sur la commune ouvrière voisine de Ploufragan. Je vous signale que Marine Le Pen n’a fait que 9,2% des inscrits à Fougères, ville industrielle touchée par la crise.

    Votre texte est incohérent. Vous parlez de l’absence d’industrialisation de la Bretagne et du faible nombre d’immigrés, qui protégerait la Bretagne du vote FN. Vous parlez ensuite d’une désindustrialisation à venir en Bretagne et aussi d’une possible augmentation du nombre d’immigrés « extra-européens ». Je serais curieux de vous voir expliquer comment des étrangers pourraient venir chercher un emploi industriel dans un endroit ne comptant pas d’usines, ceci dans une période où ces usines inexistantes ferment !

    Le vote FN présente une forte composante de repli sur soi et de racisme. Il a peu à voir avec la situation de l’emploi, de l’insécurité ou des question d’immigration. En ce sens, ce est très proche du vote nazi des années 1930 : un vote égoïste de petit-bourgeois et de personnes âgées épargnées par la crise, qui veulent passer au travers des gouttes. Quand on lit les interview de certains électeurs du centre-est breton sur leur vote FN, on est sidéré. Ce sont principalement agriculteurs retraités gavés de subventions durant 40 ans et qui critiquent aujourd’hui les allocations-logement des jeunes ménages dans la galère. Ils se fichent pas mal de la présence d’immigrés ou de la situation de l’emploi. Leurs communes rurales ont perdu la moitié de leur population en 30 ans. Vous resteriez vivre parmi des voisins pareils, vous ?

    • Pierre R => “A Brest, il y a une présence immigrée importante, un chômage élevé, de l’industrie lourde et Marine Le Pen fait 8,9% des inscrits.”

      Attention aux “chiffres moyens” pour une ville entière, ça cache les différences entres quartiers, la vote Marine Le Pen semble sensible aux catégories sociaux : :

      Les quartiers populaires donnent les chiffres bien aux alentours les chiffres nationaux =>:
      CL St-Exupery 16,31 %
      Ec Quéliverzan 15,83% et 16,72 %
      Ec Petit-Paris 16.28
      Ec Dukas 17,46%
      Mairie Bellevue 20.04 %
      Ec Quizac 17,32 %
      Ec Desnos 17,33

      • Dans les quartiers populaires, le premier vote, c’est l’abstention. Donc, il faut calculer par rapport aux inscrits pour avoir le poids réel d’un courant politique (dont le FN) dans la population en âge de voter. Les suffrages exprimés sont peu représentatifs.

        Faites les calculs sur Brest avec les votes Le Pen / inscrits et vous verrez que vous êtes au niveau ou en-dessous du vote FN moyen (13,95% des inscrits sur la France), Alors que ces quartiers concentrent des éléments qui devraient pousser les gens à voter FN (insécurité, chômage, incivilités, désocialisation, immigration. etc…).

        Il faut abandonner l’idée que ce sont les plus pauvres et les chômeurs qui votent FN. Ce sont avant tout les gens protégés qui ont peur de “descendre”, c’est-à-dire les classes moyennes inférieures et les retraités. Le vote FN est en plus fortement teinté de xénophobie et de racisme. C’est un vote de rejet du plus pauvre que soi, c’est-à-dire de l’immigré. Exactement comme le petit-blanc pauvre des USA qui se voit socialement différent du noir pauvre et qui vote à l’extrême-droite.

        Cela qui contredit complètement l’analyse de Fabien Lecuyer, qui écrit que les conditions d’une montée importante du FN pourraient exister en Bretagne. C’est globalement faux, à part dans quelques commune du littoral, peuplées de retraités. Parce que la Bretagne – mais aussi plus généralement le nord-ouest de la France – est différente des autres régions. Les inégalités sociales et les écarts de revenus y sont généralement moins marqués. Socialement, la Bretagne est aussi beaucoup plus « normée », si vous voyez ce que je veux dire. Il y a des comportements acceptés et d’autres rejetés. Les Bretons sont assez intolérants, d’ailleurs, pour les gens sortant du chemin. Les thématiques de peur FN y trouvent peu d’écho, à part dans la population âgée des zones rurales en perdition, qui pense souvent que les gens du village voisin sont déjà des étrangers…

        Ce vote est sans rapport avec la situation sociale réelle des votants. C’est un vote de fantasme et de peur. C’est ce qui ressort de cette élection. L’électorat FN, c’est avant tout des retraités des classes moyennes, les habitants de zones rurales désertifiées depuis des décennies, des petits patrons du commerce et de l’artisanat qui triment peut-être mais gagnent correctement leur vie, des ouvriers ou employés de petites villes avec des contrats stables, des militaires, etc…

        Le niveau de chômage et la crise ne sont d’aucun effet sur le vote FN. A Marseille, par exemple, dans le quartier le plus pauvre (3ème arrondissement) le FN fait 13,1% des inscrits, dans le quartier le plus riche (8ème arrondissement) il fait 12,9% des inscrits. Dans le même temps, dans les quartiers de classes moyennes (par exemple les 10ème et 11ème arrondissements), il fait respectivement 20,9% et 21,5% des inscrits. C’est bien un vote de rejet. Mais des plus pauvres que soi par les gens des classes moyennes.

        • mon analyse c’est que dans les beaux quartiers ils ne se rendent pas compte de ce qu’il se passe, ou alors ils préfèrent voter sarko (qui tient maintenant le même discours que le FN).
          et dans les quartiers les plus pauvres, il ne reste tout simplement qu’une petite minorité de blancs, les autres ayant fui la délinquance et le vandalisme (voitures brûlées par exemple), d’où le faible score du FN.

  2. Point faible de l’analyse : il n’y a aucune corrélation entre la présence d’immigrés dans une commune et le fort taux de vote FN. C’est valable partout. En Seine St Denis, le vote FN est faible. A Soulvache ou Radénac, il est fort !
    Autre point à nuancer : la corrélation ouvriers = vote FN. Dans ce cas, pourquoi est-ce que ce sont les communes rurales qui ont voté le plus FN et pas les quelques bastions industriels bretons ?
    Enfin, autre critique : le “transfert direct PCF / FN”. La sociologie électorale, quand elle n’est pas employée à la seule fin de réactiver le mythe de la “classe laborieuse, classe dangereuse”, montre que le transfert UMP/FN et même PS/FN est bien plus important que le transfert PC/FN, qu’on montre pourtant du doigt ! Dans leur majorité, les ouvriers votent encore à gauche ou s’abstiennent. Ce qui n’est pas le cas de bien d’autres catégories socioprofessionnelles dont on ne parle jamais (notamment les artisans, commerçants et chefs d’entreprise).

  3. Analyse intéressante mais qui élude le poids du mythe collabo d’une Bretagne vert-de-gris, ce mythe a marqué les consciences bretonnes qui n’ont eu de cesse de ne pas se laisser troubler par des réflexes populistes. Il est vrai qu’aujourd’hui, et heureusement, les injures Bretagne-collabo ont presque disparu.

  4. Intéressant ton papier Fabien. Je rajouterai un élément politiquement incorrect (on vérifiera par bureaux de vote), mais pourtant bien réel: le FN séduit aussi certaines populations immigrées implantées en France depuis une ou deux générations. Leur logique: “s’il y a trop d’immigrés, nous perdrons notre travail”. La lutte des places… Le salariat divisé, c’est la jungle dont parlait Jean Ferrat. Les cantonales Lorient Nord et le Blosne étaient un premier avertissement.

    • Evidemment, il y a des nationalistes de droite en Bretagne aussi. Même si électoralement les “fachos” semblent minables en Bretagne, les Bretons sont sur-représentés dans l’extrème-droite française. Le parti Occident fondé par Goasguen et Madelin le confirme. Ce sont deux bretons -François Brigneau et Jean-Marie Le Pen- qui ont fondé le Front National. Le chef de file des antisémites francophones -Hervé Ryssen- est d’ascendance bretonne, sans oublier son accolyte de Breiz Atao. Sans parler non plus de Dieudonné (eh oui !) l’antisioniste, ni du chef des prêtres intégristes Guillaume de Tanoüarn, le chroniqueur de Radio Courtoisie Henry de Lesquen, et le fondateur de l’encyclopédie “facho” “metapedia” Le Dibreder…

      D’ailleurs, une erreur est de considérer l’absence ou non de “fachos” à la seule aune des résultats du Front National en Bretagne alors que la “fachosphère bretonne” (pour reprendre les mots de Fañch Broudic) se divise entre extrème-droite française (FN, MNR…) et extrème-droite bretonne (Adsav!, Jeune Bretagne…) ; les premiers font 10 % des voix en moyenne et les seconds 5% et ne peuvent pas se blairer : au final, il ya entre 15 et 20 % de “fachos” en Bretagne.

      Je suis persuadé qu’un jour, la Bretagne redeviendra la pointe du combat réactionnaire comme au temps des Chouans…

      • Avant de parler de “Chouans réactionnaires” il faudrait, cher monsieur, apprendre à lire l’histoire avec des yeux objectifs, pas avec ceux de l’état jacobin. Robespierre (entre autres) était une belle ordure qui a inspiré bien des salauds de la triste histoire du monde.Je vous renvoi à la lecture du bouquin de Pierre Péan “Une blessure française” et de quelques autres qui battent (enfin) en brêche l’intégrisme républicain. C’est bien le jacobinisme exacerbé qui nous conduit vers les pires excès nationalistes, avec sa fierté déplacée. Il n’y a ni plus ni moins de fachos en BZH qu’ailleurs en hexagone. Je précise que je ne suis ni royaliste, ni catholique. Je suis breton, européen, républicain et démocrate. Bien à vous.

        • Qui a dit le contraire ? La réaction est toujours contre la République jacobine -anti-minorités et laïcardes-: c’est une bonne chose !

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