EZH FESTIBALIA
Publié le: mar, juil 3rd, 2012

Politiques publiques pour le gallo : et si on devenait efficace ?

Le gallo, la langue romane de Bretagne, souffre depuis trop longtemps d’un manque de vision quand à la politique à mener pour sa sauvegarde et son développement dans la société bretonne. Pourtant, certaines mesures concrètes pourraient être appliquées dans un laps de temps raisonnable et porter leurs fruits rapidement. Ces mesures sont loin de ce que le militant breton sincère rêverait pour sa langue mais elles ont l’avantage de correspondre avec la réalité concrète et d’avoir en perspective des objectifs atteignables.

1/ Une meilleure utilisation des compétences existantes.

L’organisme de formation en langue bretonne Stumdi avait mis en place des stages de formation de 3 mois en gallo. Ces stages étaient, en théorie, une bonne idée mais ils ont été mis en œuvre sans logique directrice et surtout les personnes qui ont été chargées de leur mise en œuvre n’avaient pas les compétences requises.

Car il faut dire les choses telles qu’elles sont réellement : aujourd’hui les personnes compétentes en matière de gallo se comptent sur les doigts de la main. Or combien, parmi ces personnes, sont employées au service de la langue ? Quasiment aucune. Pourquoi est-ce que Patrik Deriano est encore ouvrier d’usine ? Et Régis Auffray professeur de mathématiques ? Et Mickaël Genevée professeur d’économie ? Poser cette question n’est pas du copinage ou je ne sais quoi d’approchant. Ces trois personnes, chacun dans leur domaine, sont des spécialistes confirmées qui de la grammaire et de la langue, qui de la transmission auprès des enfants et aucun n’est employé dans le domaine du gallo. Incompréhensible ! Léna Louarn chargée des langues à la région ferait mieux de rebâtir une véritable formation de gallo sur 6 mois en collaboration avec Stumdi (par exemple) sous l’égide notamment de ces trois personnes au lieu de gaspiller de l’argent dans des entreprises sans avenir pour le gallo.

Nous mentionnons ces trois personnes, dont les talents ne sont pas employées à leur juste place, mais d’autres noms s’imposent. André Bienvenue, par exemple, coule une retraite heureuse d’ancien professeur sans que la Région n’ait l’initiative de lui demander de donner quelques heures de son temps pour jeter un œil sur la formation des néo-gallésants ou la qualité de la langue d’éventuels matériels pédagogiques, par exemple. Heureusement, André Le Co, lui aussi retraité, semble avoir quelques activités en rapport avec la langue. Mais faut il attendre qu’il ne soient plus là pour s’apercevoir de la richesse de leur savoir ???

«The right man in the right place» disent les anglo-saxons. Des personnes compétentes, les seules qui existent pratiquement en matière de gallo, sont délaissées. Il est temps que  la région, puisque l’Etat français est -au mieux- totalement défaillant en la matière, prenne conscience de la chose, cesse d’enfumer le citoyen devant son «bilan» et emploie ces talents au service du gallo !

2/ La mise en place d’une demande en matière d’emplois pour les gallésants.

La formation Stumdi avait mis la charrue avant les bœufs. En effet, il faut d’abord qu’il y ait un marché du travail, une réelle demande, avant de mettre en place une formation de gallo. Au delà des quelques postes d’infirmières ou d’aides soignantes auprès des personnes âgées nécessitant quelques bases en Gallo, le premier secteur de recrutement demeure et demeurera longtemps encore l’éducation. Et c’est bien ce secteur qui doit faire l’objet d’un plan pluriannuel.

Quelques propositions : aujourd’hui les communautés de commune proposent des intervenants gratuits dans les écoles sur toute sorte de sujets : l’intervenant «musique», l’intervenant «déchets», l’intervenant «ludothèque» ou «médiathèque», etc… les organisations ou instances agricoles proposent également des intervenants «agriculture», le conseil général un intervenant «hygiène dentaire», pourquoi ne pas imaginer un intervenant «Gallo» par communauté de communes ?,  S’il y avait juste un intervenant de gallo par communauté de communes pour les écoles de Haute-Bretagne, venant gratuitement et sur demande faire une intervention d’une heure par semaine ce serait déjà une révolution ! Ce n’est pas comme ça que les enfants de Haute-Bretagne parleront le gallo entre eux mais déjà ils auraient connaissance de l’existence du gallo ce qui représenterait un pas en avant considérable.

Il y a une centaine de communautés de communes en Haute-Bretagne, cette mesure représenterait déjà une centaine d’emplois…. et des années de sessions de formation pour Stumdi ou d’autres.

Dihun, la filière catholique en breton, a déjà une intervenante en gallo mais ses interventions sont payantes. Or quand on connait les budgets des APEL/OGEC des écoles de campagne, le choix est souvent vite fait en matière de priorités budgétaires. Pourtant nombres d’écoles, notamment en Morbihan, font des efforts et choisissent des interventions «Gallo», là encore, la région et les communautés de communes pourraient participer à faire baisser les coûts de ces interventions pour inciter les écoles qui hésitent encore.

Et Diwan ? Pour faciliter l’implantation d’écoles en Haute-Bretagne, on peut faire le pari qu’un intervenant «Gallo» dans toutes les écoles du pays gallo pourrait faire monter les effectifs. De surcroît, le fait d’avoir une présence du gallo dans le cursus pourraient couper court aux arguments de certaines mairies qui ressortent à l’envie le leitmotiv «ici on ne parle par breton on parle gallo» pour ne pas payer le forfait scolaire ou trouver des solutions pour les locaux ou le personnel. Certaines expériences sont à tirer de ce qui existe déjà ici et là dans certaines écoles, encore faut-il que la direction de Diwan s’y intéresse…

3/ La présence du gallo dans les médias

Selon la charte culturelle de Bretagne, France 3 et le service public de radio devaient s’ouvrir au gallo. Résultat prêt de 35 ans après : quelques minutes de patoiseries égrillardo-paysannes sur France Bleue Armorique, rien sur France Bleue Loire-Océan et rien sur France 3.

Conserver les comiques, pourquoi pas à partir du moment où ceux-ci ne rentrent pas dans le quota du gallo, mais, de grâce, que l’on produise de vraies émissions en gallo sur le service public conformément aux engagements pris par l’Etat !

De plus, il y a désormais quelques personnes compétentes en la matière notamment grâce à l’expérience accumulée par la radio Plum’FM de Sérent (56) ou les rares émissions en gallo qui ont été produites sur Armor TV par exemple.

4/ Le gallo dans la signalétique publique.

Là aussi le constat est accablant, la région ne fait aucun effort pour l’affichage bilingue des projets qu’elle finance et les départements sont tout aussi indifférents. Le département d’Ille-et-Vilaine qui a pourtant souligné l’importance du gallo dans sa politique culturelle n’a pas été capable de mettre en place une signalétique bilingue gallo-français à l’instar du Morbihan pour le breton. « Grand dizou, p’tit fezou ! »

Tous les nouveaux projets initiés ou aidés par la région et les départements devraient comporter un volet signalétique en Gallo, c’est un minimum.

«Gaspillage d’argent public» diront certains ? Il serait bon de mener une étude pour déterminer l’impact sur le tourisme de la mise en place des signalétiques en langue locale. Bien entendu, une signalétique en breton ou en gallo doit avant tout être mise en place pour les bretons mais il y a fort à parier que ces panneaux bilingues sont une valeur ajoutée pour l’image de la Bretagne axée sur l’authenticité.

Car si on arrêtait de prendre le gallo et le breton pour des éléments de patrimoine à sauver et plus comme des investissements d’avenir autant dans le secteur humain, qu’éducatif ou….économique.

A propos de l'auteur

Fabien Lécuyer

- Actualité politique bretonne et française

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