Bowling : une comédie sociale mod Karaez

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Carhaix, ses Monts d’Arrée, ses Vieilles Charrues… et son hôpital. Depuis mercredi est sorti “Bowling”, une comédie sociale réalisée par Marie-Castille Mention-Schaar, avec Catherine Frot, Mathilde Seigner et Firmine Richard. L’histoire est celle de 4 femmes que réunit la passion du bowling, sur fond de lutte pour le maintien de la maternité de l’hôpital de Carhaix. Une histoire inspirée de faits réels puisque Carhaix a été le lieu de luttes mémorables pour garder sa maternité face au bon vouloir des autorités publiques. Ces événements de 2008 sont restées dans nos mémoires de Bretons.

Marie-Castille Mention-Schaar n’a pas froid aux yeux. Déjà elle se lance dans une comédie sociale, un genre en friche dans le cinéma français par ailleurs connu pour produire des navets en quantité industrielle, et ce depuis 40 ans maintenant. Mais en plus, c’est une histoire bretonne. Or il est toujours périlleux de faire un film qui met en scène des Bretons. Ils sont complexes, insaisissables, déconcertant parfois, et affublés d’une foule de clichés derrière lesquels il est souvent difficile d’entrevoir les couleurs de leur vérité. Alors les mettre en scène dans un film… Malgré tout, la réalisatrice s’en sort avec une comédie plaisante, et si elle ne vous fera pas rire aux éclats, elle vous donnera à coup sûr le sourire.

Certes, le trait est parfois forcé chez ces habitants du centre-ouest Bretagne sympathiques, entiers, généreux et chauvins, et aussi chez cette parisienne jouée par Catherine Frot. Mais mine de rien,  Marie-Castille Mention-Schaar touche souvent juste sur nos vertus et nos travers. C’est aussi un hommage sincère à ces gens qui ont résisté avec tout leur kalon (coeur et courage en breton) face à la logique étatique française, là où beaucoup, ailleurs, sont passifs et indifférents. Et puis on parle un peu breton dans cette histoire, ça fait toujours plaisir et c’est suffisamment rare pour être souligné.

Au fait, la presse française tire à boulet rouge sur le film, depuis hier. Trop populaire, trop terre-à-terre, trop sincère. Ouest-France parle d’une “mièvrerie sucrée et laborieuse.” Raison de plus pour y aller.

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