L’union du mouvement québecois vue par un indépendantiste

Question de confiance

Lundi, 30 juillet 2012 | Écrit par Pierre-Luc Bégin                
 
Le frisé de Sherbrooke (Jean Charest Nd7) qui fait pour l’instant office de premier ministre du Québec a eu beau dire que faire une campagne électorale sur le conflit étudiant serait « grotesque », nous irons bientôt aux urnes. Dans le camp indépendantiste, la lutte fait rage depuis longtemps entre certains militants dans les réseaux sociaux. Il y a maintenant trois partis qui se disputent le vote indépendantiste… Mais à qui devrait aller notre vote?
 
S’il y avait un front uni des partis indépendantistes (ou un scrutin réellement démocratique, i.e. avec une composante de proportionnalité), la question ne se poserait pas. Or il n’y aura pas de front uni des forces indépendantistes, malheureusement (saluons tout de même le pacte de non-agression entre QS (Québec Solidaire -Nd7-) et ON (Option Nationale -Nd7-) dans deux circonscriptions). Dans ce contexte, si l’on décidait de remettre les compteurs à zéro et de donner la chance à tous les coureurs indépendantistes, quelle formation se distinguerait?
En fait, tout dépend des critères d’évaluation retenus. Pour moi, en tant qu’indépendantiste, le critère fondamental à retenir est de se demander quel parti se mettra le plus et le mieux au service de la cause nationale, la cause de l’indépendance de notre pays. C’est la base. Il faut donc se demander qui démontrera le mieux que l’indépendance est sa priorité, sa raison d’être. Qui fera vraiment campagne pour l’indépendance?
En effet, au-delà des programmes de gouvernance plus ou moins progressistes ou nationalistes, je m’attends d’abord d’un parti indépendantiste qu’il mette l’indépendance au cœur de sa campagne, au cœur de sa publicité électorale, au cœur de ses discours, au cœur de ses présences médiatiques et au cœur de ses actions sur le terrain. Si on ne peut lui faire confiance pour ça, pour quoi diantre pourrions-nous donc lui faire confiance?
Cela me rappelle que Pierre Bourgault disait ceci à propos du PQ dans un célèbre discours (pour visionner le discours en entier, cliquer ici) :
« Je pense que nous avons le devoir de ne rien cacher à la population de ce que nous croyons nécessaire et vrai. Combien de fois reculons-nous devant l’exposé de notre programme parce que nous nous disons que tel ou tel article pourrait effrayer les gens! À nous de convaincre les gens que cela est nécessaire et vrai. »
Il disait aussi :
« À quoi nous sert-il d’avoir le meilleur parti si nous n’osons pas, partout à travers le Québec, nous présenter tel que nous sommes, sans toujours cacher des hommes ou des idées dans des garde-robes? Je veux parler de la solidarité que nous devons avoir envers tout le mouvement indépendantiste. Le Parti québécois est le morceau le plus important de ce mouvement, mais nous ne sommes pas les seuls.  Et combien trop de fois nous entendons : hors du parti point de salut! ».
Bourgault avait bien raison. Un vrai parti indépendantiste est solidaire de tout le mouvement indépendantiste et ne cache pas son option fondamentale. Au contraire, il la met de l’avant partout et tout le temps, surtout en période électorale (moment privilégié pour rejoindre les citoyens).
Voilà donc ce qui, d’après moi, devrait guider le choix des indépendantistes pour le prochain scrutin. Le parti qui témoignera le plus de solidarité indépendantiste et qui, surtout, mettra le plus l’indépendance (je répète) au cœur de sa campagne, au cœur de sa publicité électorale, au cœur de ses discours, au cœur de ses présences médiatiques et au cœur de ses actions sur le terrain, celui-là méritera le vote des indépendantistes, car l’essentiel est là. La base est là.
Le plus magnifique, réaliste, progressiste ou moderne ou je-ne-sais-trop-quoi des programmes politiques ne vaut rien si un parti indépendantiste n’est pas d’abord capable de travailler franchement, partout et tout le temps, à la promotion de sa raison d’être. Je ne crois pas que ce soit trop demander!
C’est la raison principale pour laquelle j’appuie Option nationale depuis la fondation de ce nouveau parti, car il se veut résolument indépendantiste et veut mener la bataille de l’indépendance partout et tout le temps. Enfin, avec ON, la détermination indépendantiste renaît chez un parti politique québécois. Ça faisait longtemps qu’on avait vu ça… Mais j’ai aussi conservé ma carte du Parti québécois et je respecte beaucoup la base militante péquiste, comme j’ai beaucoup de respect pour Amir Kadhir et pour les militants de QS.
Le PQ pourra-t-il me surprendre, m’amener à remettre en question mon appui à ON en menant campagne sur le thème de l’indépendance de manière assumée et déterminée? Et chez QS, décidera-t-on enfin de faire de l’indépendance la raison d’être du parti, en menant aussi campagne sur le thème de l’indépendance avec conviction et détermination?
Je ne demande pas mieux que d’être surpris…
Pierre-Luc Bégin
 
Article tiré de la web-revue québecoise : le Québecois avec qui 7Seizh a un accord de partenariat.
Article d’origine : http://www.lequebecois.org/chroniques-de-pierre-luc-begin/question-de-confiance

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