MSC Flaminia : Robin des Bois dénonce le manque de coopération européenne

L’association Robin des Bois pointe l’immobilisme de l’Union Européenne à propos de la situation du MSC Flaminia, battant pavillon allemand, endommagé samedi 14 juillet par un incendie. Le porte-conteneurs, situé à l’ouest des côtes du Finistère, attend l’autorisation de rallier un port.

MSC Flaminia
MSC Flaminia 2012 © Reederei NSB Niederelbe

« Malgré les dispositions en vigueur sur les « abris refuges », les Etats-Membres de l’Union Européenne, dix ans après l’affaire du Castor et le naufrage de l’Erika, sont incapables de proposer à l’armateur du MSC Flaminia des solutions pour mettre le navire en sécurité, » souligne l’association de protection de l’homme et de l’environnement. L’autorisation permettrait d’expertiser le navire dans un port ou un abri afin de décharger les conteneurs et le fioul lourd contenu dans ses soutes, de pomper et traiter les eaux d’extinction en fond de cales. « C’est profondément navrant ».

Le pétrolier iranien Kharg V, en difficulté le 19 décembre 1989, avait essuyé un refus d’accès aux eaux territoriales marocaines, portugaises, espagnoles, sénégalaises et cap-verdiennes. Le transbordement de sa cargaison, sur un autre pétrolier iranien, s’est effectué le 6 février 1990 en haute mer au large des côtes de la Sierra Leone.

« Les records d’errance en haute mer du Kharg V et du Castor seront-ils battus ? » s’interroge l’association Robin des Bois.

Le 31 décembre 2000, le pétrolier Castor battant pavillon chypriote a été victime d’une fissure sur son pont, en Méditerranée. À la recherche d’un refuge, il a été accueilli le 14 février 2001 au port du Pirée en Grèce, après le refus du Maroc, de l’Espagne, de l’Algérie, de Gibraltar, de la Tunisie et de Malte de le recevoir.

« À l’issue de cette longue séquence de non-assistance à navire en difficulté, le secrétaire général de l’Organisation maritime internationale avait déploré l’absence de coopération internationale, de protocole de gestion et de structure d’accueil pour les navires en difficulté ».

L’association Robin des Bois souhaite « une concertation entre les autorités françaises et anglaises pour réceptionner le MSC Flaminia dans les meilleures conditions possibles, » par rapport la sécurité maritime et la protection de l’environnement. « Il est estimé que 20 à 30 % des conteneurs embarqués font l’objet de fausses déclarations volontaires ou involontaires de contenu ».

« L’indifférence qui entoure la situation du MSC Flamina est un encouragement aux armateurs européens à immatriculer leurs navires au Vanuatu ou en Mongolie, » constate l’association Robin des Bois. « Quand il s’agit d’accueillir des porte-conteneurs de plus en plus grands emportant 18 000 boîtes, les ports européens se livrent à une concurrence impitoyable. Quand il s’agit de recueillir un porte-conteneurs en difficulté, ils sont tous unis pour le rejeter ».

Reederei NSB, l’armateur allemand du MSC Flaminia a détaillé la situation sur zone du navire, jeudi. « Le feu à bord reste sous contrôle, les conditions météorologiques sont stables et les opérations continuent ». Helmut Ponath, le directeur général a considéré « choquant que dans une telle situation, un navire sous pavillon allemand ne reçoive pas de la part d’un pays européen,  l’autorisation de s’arrêter dans un port ». Le porte-conteneurs accuse une gite de 10° due à la quantité d’eau embarquée pour stopper les incendies. Les remorqueurs « Fairmount Expedition, Anglian Sovereign et Carlo Magno, » remorquent et assistent actuellement le MSC Flaminia qui se situe à 200 nautiques (370 km) des côtes du Finistère.

Mercredi, la préfecture maritime de Brest a indiqué : « Il est demandé au MSC Flaminia de rester en dehors des eaux internationales. L’état Français ne s’oppose pas à accueillir le porte-conteneurs. Nous attendons qu’il effectue le bilan complet de sa cargaison ».

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