Belle-île en Mer : Bientôt un temple du «ressourcing» ?

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C’est l’Union Belliloise pour l’Environnement et le Développement qui a levé le lièvre : sur la commune de Bangor en Belle-Île en Mer (56), un couple de parisiens souhaite édifier un «Temple de l’Art». L’idée est simple et est expliqué sur le site internet du projet :

«Sur un terrain non-constructible de quelques hectares, dont la partie « falaise » sera « rendue » au « littoral », seront « construites » les CARDINALES de Kerguelen. Ce terrain espère bénéficier des formalités engagées d’élaboration du futur P.L.U. (Plan Local d’Urbanisme) de Bangor et obtenir toutes les autorisations nécessaires pour réaliser le projet CDK.

Il va falloir être patient, le temps humain… n’est pas le temps administratif ! Nous espérons inaugurer les CARDINALES en 2016, Si :

1) Validation du P.L.U. pour notre projet : 2013-20142) Obtention du permis de construire : 20143) Si ni retard, ni recours, le projet sera inauguré : 2015-2016Si vous avez des idées ou des solutions pour accélérer le processus, vos initiatives seront étudiées avec intérêt.»Les statuts de l’association porteuse du projet Cardinales sont, eux, beaucoup plus nébuleux quand à la finalité du dit «Temple» : (…) – Ce lieu de travail, de séminaire, de réflexion, de «ressourcing», d’études, de recherche de sens collectif est destiné à faciliter la production, la promotion ou la diffusion d’idées, de travaux et de solutions sociétales ou artistiques d’intérêt général. – Cette «résidence» d’artistes ou de chercheurs, de scientifiques, d’intellectuels, d’écrivains, de penseurs, de philosophes et de toutes personnes qualifiées, est destinée à favoriser les conditions de travail de ceux qui y seront invités ou acceptés pour venir, yu faire le point, s’isoler, réfléchir, et penser loin des tumultes urbains. – Leur séjour, au calme, aux vents dominants d’ouest, sera comme un retour à la Terre en Mer» et blablabla.Bien entendu, la qualité de membres de l’association soucieuse du bien-être de ses contemporains est soumise au bon-vouloir du comité de direction, histoire sûrement d’éviter qu’un indigène ne vienne troubler par ses balivernes le repos des commensaux en pleine réflexion :Mais le plus intéressant réside dans la composition de l’association. Le président et père spirituel s’appelle : Eric Patrelle ou «Eric Alexandre Patrelle» selon sa biographie sur le site de l’une de ses sociétés : l’association de courtage d’assurance «Assurance et Spectacle». Egalement gérant de Care Consulting, une société de conseil en gestion et patrimoine, celui-ci demeure à Sceaux (92). Les autres membres fondateurs sont au nombre de 6, dont la femme d’«Eric Alexandre». 5 d’entres eux demeurent en région parisienne (75 et 92) sauf, l’indigène François Spiral, «architecte à Sauzon» selon le site mais avant tout gérant des ateliers d’architecture Spiral dans le 14è à Paris et propriétaire d’une SCI à Boulogne-Billancourt (92). Notons également que sa femme déclare résider à Paris et Sauzon.Parmi les fondateurs de cette «résidence d’artistes», on retrouve également Guillaume Cheruy, marqué comme responsable de l’ONG «aidez pour aider». Mais, rassurons nous à ses heures perdues Guillaume Cheruy est également l’un des responsables du pôle associations de Groupama et un expert en marketing du tourisme.Quand à la liste des membres, le pêcheur bellilois aura du mal à retrouver une majorité «d’artistes» ou de «philosophes» conceptualisant aux embruns des «vents d’ouest» parmi eux :Alix BARRAL, médecin ORL, PARIS Frid BJARNASSON, architecte, SCEAUX Guillaume BLOCH, imprimeur, PARIS Denis BOISSON, juriste, SCEAUX Fabian BOUZON, investment banker, NEW YORK Guillaume CAGNIARD, réalisateur et directeur artistique, PARIS Timothee CAGNIARD, chef d’entreprise, PARIS Corinne CLOR, décoratrice hotelière, PARIS Aude COQUATRIX, juriste, NEW YORK Nicole et Guy DECAUDIN, retraités et amateurs de concepts, SCEAUX Andréa DION, infirmière, PARIS Monique DUBOIS, ingénieur retraitée, PARIS – ANNECY Marie-Christine GIRAUD, pédiatre, PARIS Emmanuelle GIRARD-STARCK, gynécologue, CHATENAY-MALABRY Patrick JOUANNY, assureur, PARIS Jean Luc KOLB, urbaniste, LAUSANNE – BANGOR Catherine LAMON, journaliste et auteur, PARIS Bertrand LE BRUN, gynécologue retraité, BAYEUX Mim LE BRUN, psychologue retraitée, BAYEUX Florian LEVY, architecte, PARIS Patrick MANGEZ, chirurgien-dentiste, CLAMART Christine MOISAND, chef d’entreprise, PARIS Fabienne MOUREAU-LEVY, avocate, PARIS Elsa de la MONNERAYE, chargée de communication, PARIS Farida MOUICI, avocate, PARIS Marcel et Annie NIQUIL, retraités, SCEAUX Charlène OUAHAB marketing, NEW YORK Mathilde PATRELLE, manager hôtelier, NEW YORK Olivier PORTEJOIE, notaire LONGJUMEAU Alain PRIVAT, chef d’entreprise, SCEAUX Françoise PRIVAT, assistante dentaire, ANTONY Eric REMUS, assureur, PARIS Béatrice SERGENT, consultante, PARIS Thierry SERGENT, chef d’entreprise, PARIS Isabelle SPIRAL, agent immobilier, PARIS – SAUZON Patrick STARCK, fiscaliste, CHATENAY-MALABRY Francis VERGNOT, dirigeant agence de communication, SCEAUX

«L’union Belliloise pour l’Environnement et le Développement» voit, elle, dans ce Temple de l’Art : «un club bien fermé permettant à des -largement- nantis (mais par forcément artistes) de passer entre amis un séjour agréable et tranquille sur notre île» mais après tout «ces remarques n’auraient pas grande importance, si, précisément, elles ne concernaient pas des arguments qui ne tendent, au bout du compte, qu’à justifier l’urbanisation d’un terrain de 5 hectares avec vue sur la mer».Des jaloux sans doute, insensibles aux nécessités du «ressourcing».

10 Commentaires

  1. légende le mot est trop fort pour les acadiens en effet.c’est une réalité .combien furent ils à rester ? sur une population totale de belle île de combien à l’époque ?

    par contre ça me fait penser à l’amplification qu’on fait des irlandais en bretagne au 17eme siecle depuis la parution d’un livre récent.
    les “breizhous” ont vu 30 000 irlandais mais ils ne lisent pas la phrase jusqu’au bout où il est dit que ces 30 000 c’étai “sur le continent” , en europe !

    il faut comprendre votre grand mere qui a jugé les allemands sur ce qu’elle en a vu à Belle ile et pas sur les nazis, la shoah etc….
    je vous trouve dur dans un sens de preferer un parfait inconnu parceque “ecolo gay bobo parisien” ….???soi disant plus ouvert parceque de toute façon ces “bobos” sont tolerants seulement sivous allez dans leur sens non ?*

    je trouve triste en quelque sorte de se positionner de cette façon plutot que de demander à votre grand mere : en quoi les trouvait tu mieux que les français?
    parceque moi mes grands parents en pleine bretagne centrale ne les ont pas trouvé “sympathiques” les boches !, ils ont droit à un passage de SS à la fin de la guerre avec des jeunes du coin tués . mais les troupes regulieres etaient elles si ignobles avec les gens du cru ? pas forcement.
    mais enfin c’est pas à moi de vous faire la morale 😉

  2. Je suis en grande partie d’accord avec vous Hervé que l’arrivée des acadiens à BI ait été une opération marketing pour le bicentenaire je n’en doute pas mais dire : “L’auteur y souligne le manque de fondement de la légende etc.” une légende ? donc je suis une légende ? 😀 Je vous réponds également que vous avez tout à fait raison sur le fait que mes ancêtres ne sont pas seulement acadiens, évidemment en 200ans vous imaginez bien que les acadiens se sont mélangés aux “bellilois-du-cru” … Bref, je suis d’accord évidemment sur le fait que BI n’est pas une terre acadienne mais bretonne, mon précédent courrier ne parlait pas de ça mais de la xénophobie de certains qui voudraient peut être une “race pure” bretonne… et puis cette haine systématique du “nanti-parisien” … à choisir entre la compagnie d’un bobo-parisien-écolo-gay et ma grand-mère qui me dit “moi les allemands je les trouvais mieux que les français” , mon choix est fait !

  3. A Picaut SG
    le mythe belle ile = acadien est amplifié par les acteurs touristiques de belle ile depuis 1967. (voir texte plus bas)

    Je n e remets pas en question votre ascendance , votre nom en témoigne mais ….votre famille a du se mélanger avec des bretons depuis 1765 non?

    le nom patronymique est souvent un marqueur fort . qui renierait à un parisien typique “le galloudec” d’être un breton s’il en a envie même si son ancetre est monté à paris en 1880 ?
    alors que des Martin du pays gallo monté eux aussi à paris : est ce que la recherche des racines sera aussi forte et aussi visible pour lui ?
    l’auteur Le clézio est affirmé breton par des médias de la sphere “emsav” alors que son ancetre est parti de Bretagne en 1700 , établi à Maurice colonie britannique, j’imagine que de 1700 à 1950 , ils ne sont pas restés entre bretons à Maurice ?
    bref on met l’accent sur l’ascendance paternelle meme si ça s’est passé en 1700 et meme si depuis vous n’avez eu que des allaiances anglo saxonnes par exemple ?

    ———-

    http://academia-celtica.niceboard.com/t1968p15-anthologie-des-expressions-belliloises

    extrait :

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    Sujet: Re: Anthologie des Expressions Belliloises Mar 29 Mar 2011 – 13:53
    Encore une fois je conseille la lecture de Patrick LE BESCO, “Le breton de Belle-Ile-en-Mer”, éd. Emgleo Breiz 2005, et plus particulièrement ce chapitre :

    2. Belle-Ile et les Acadiens : le mythe acadien (p. 17-20).

    L’auteur y souligne le manque de fondement de la légende et sa mise en avant par l’Office de Tourisme local depuis 1967 seulement, bicentenaire de l’arrivée des Acadiens.

    Cette présence acadienne n’est donc pas une tradition profondément ancrée dans la population bellioise : c’est avant tout une opération marketing lancée il y a une quarantaine d’années (identité bretonne = moins bankable ??).

    Enfin et surtout, il met l’accent sur l’ignorance de la population locale au sujet de la pratique de la langue bretonne, aujourd’hui éteinte (quelques semi-locuteurs ayant subsisté jusque vers 1990).

    Cette légende fonctionne : j’ai personnellement entendu des touristes possédant une maison à Belle-Ile assurer que “ce n’est pas vraiment la Bretagne, car les gens sont avant tout de culture acadienne” (sic)…

    Belle-Ile ou le mode d’emploi habituel face aux langues régionales de France : comment balayer une tradition plus que millénaire d’un revers de main !

    En bref la seule influence qui ait réellement pesé sur Belle-Ile, c’est comme partout ailleurs en Bretagne l’influence française, principalement via la marine.

  4. à Pierre Le Lostec : avec de tels arguments xénophobes Sarah Bernhardt (comédienne excentrique bobo-parisienne du XIXème ) n’aurait pas passé une semaine sur notre île et je crois que les bellilois sont plutôt heureux du petit patrimoine qu’elle aura laissé sur la pointe des poulains ! Signé : un jeune bellilois ( descendant d’acadien arrivé à BI en 1765) à qui vous avez donné envie de vomir , BI ne veut pas de vos histoires de bretagne “bretonnante”, BI est fière d’avoir été une terre d’accueil pour les acadiens et BI restera une terre d’accueil pour les gens respectieux de son environnement et qui souhaiteraient l’enrichir encore culturellement !

  5. Il ne faut pas argumenter sur l’extériorité des membres de cette association, par rapport à Belle-Île. Comme pour tout projet de ce type ailleurs (et je sais à quoi je pense !). C’est contre productif, parce que susceptible d’être vécu comme de la xénophobie (peur de l’étranger, de l’individu “extérieur” à son chez soi).
    De même, mieux ne vaut pas non plus s’attaquer à ce genre de projet avec pour tonalité “encore les bobos qui s’infiltrent…” (vous ne le faites d’ailleurs pas). Ce serait du communautarisme à l’envers.
    En revanche, prendre à bras le corps ce problème pour ce qu’il est vraiment – une menace de constructions sur un espace non constructible et en bord de côte – voilà qui est très important. Intéressant et fructueux, dès lors qu’on reste vigilant quant à son environnement.
    Bonne défense donc, du patrimoine commun aux Belle-îlois !
    Ag.

    • Vive le communautarisme, alors ! Nous ne voulons pas des bobos franciliens et tant mieux s’ils dégagent; ils ne sont et ne seront jamais des nôtres. Vous essayez d’endormir les Bretons avec votre bien-pensance bourgeoise pseudo-humaniste. Ca n’est rien d’autre qu’un cache-misère pour faire passer la pillule de la spéculation immobilière que votre discours plein de duplicité. Vous voulez que nous nous concentrions sur l’écologie et vous vous donnez le ridicule de distribuer les bons ou mauvais points en disant “voilà qui est très important”.

      Comment ne pas voir que les Bretons et leur culture sont directement menacés par les accapareurs de côte ? Ils pourrissent la vie locale en laissant des baraques mortes plusieurs mois par an et en amenant leur mode de pensée étranger chez nous. Sous couvert d’humanisme -selon lequel on devrait accueillir vos amis-, vous essayez de nous arnaquer : vous souhaitez qu’ils nous envahissent, voilà la vérité ! Chacun chez soi, ne vous en déplaise. J’espère que le sentiment de rejet vis-à-vis des riches étrangers qui spolient nos terres va s’accentuer pour aboutir à ce qui se passe en Corse. Là-bas, ils ne se laissent pas embobiner par vos discours et prennent le problème à bras-le-corps, sans avoir peur du qu’en-dira-t-on qui voudrait qu’on cache ce qu’on pense vraiment sous l’écologie, pour ne pas choquer vos bons maîtres parisiens.

      Les Bretons, d’abord ! C’est clair ?

      • réaction très dommageable et tristement “bretonnante” à ce qui était une position mesurée et juste: préservation du littoral qu’il soit menacé par les promoteurs immobiliers travestis ou les pêcheurs belle-ilois qui traînent des filets trop larges et ruinent les ressources en poissons de la côte!! bon, il y a encore du chemin pour devenir malin….

  6. Plus c’est gros plus çà …et là ils y vont avec la louche pleine de farine ! L’intention évidente de base de ces gens est de rendre constructible la grosse parcelle du littoral héritée de la famille et empocher alors un gros jackpot.
    Ils ne sont pas les premiers a essayer …gageons que les élus , Bellilois et amis de Belle-île ne se laisseront pas
    berner par le stratagème “culture-mécénat-avocats américains”
    plutôt grossier!

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