Langue bretonne – Procès des deux indépendantistes barbouilleurs : ambiance et verdict

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Rassemblement de soutien

Aujourd’hui 16 août se déroulait à Rennes le procès de Yoann Colas et Corentin Lemonnier, accusés d’avoir barbouillés un panneau de signalisation routière dans la région de Rennes en mars dernier et refusé pour le second de se soumettre à un prélèvement ADN, ambiance :

En milieu d’après-midi une cinquantaine de personnes se sont réunies devant la cité judiciaire de Rennes pour soutenir les deux inculpés. A cette heure on dénombre déjà quelques policiers qui ont installés des barrières à l’entrée de la cité afin de pouvoir filtrer les manifestants le moment venu (alors que l’accès au palais de justice est normalement libre…). Il faudra attendre la fin d’après-midi, et que toutes les autres affaires soient jugées pour que nous puissions entrer dans la salle d’audience, et que démarre le procès de Yoann et Corentin, mais c’est aussi ici le procès de la langue bretonne dans l’administration et la justice.

En effet les deux prévenus lors de leur interpellation ont désirés s’exprimer uniquement en breton, et avaient annoncés qu’ils feraient de même à leur procès. Chose dite chose faite, ils ne prononceront pas un mot de français. Cependant coup de théâtre (ou pas) le tribunal refuse la présence d’un interprète, et la présidente, Martine Lebrun, rappelle au prévenus qu’ils bénéficient du droit de s’exprimer en français, mais qu’ils bénéficient également du droit de se taire s’ils ne désirent pas parler dans la langue de la « République »… La salle s’échauffe doucement.

Les deux inculpés avec les journalistes

La cour ne leur donnera donc pas la parole puisqu’ils ne s’exprimeront pas en français ! On notera que la juge ne sera pas dérangée qu’un inculpé passé peu avant pour une autre affaire et ne comprenant pas bien le français ai eu le droit à un interprète, mais les militants bretons maîtrisant trop bien le français selon la cour, n’ont pas le droit à ce privilège.

Me Lorvellec prendra le relais, puisque la justice française ne veut entendre du breton. S’en suit un « débat » entre le procureur et la défense sur la légalité et la légitimité de pratiquer la langue de son choix dans un tribunal français. Le procureur ira jusqu’à comparer les barbouilleurs de SAB (Stourm ar brezhoneg) à des maitres chanteurs, qui font chanter les collectivités pour qu’elles apposent une signalisation bilingue… Il ira plus loin dans la provocation en proposant de mettre en place pourquoi pas une signalisation bilingue en alsacien, puisque apparemment il y aurait une forte diaspora alsacienne en Bretagne… Indignation et moqueries dans la salle.  Après un bref échange sur la question des prélèvements d’ADN, la cour se retire pour délibérer.

Finalement le verdict est lâché, les réquisitions du procureur sont respectées à la virgule, Corentin Lemonnier 1500€ d’amende, Yoann Colas 1000€. Malgré une très bonne prestation de Me Lorvellec, la justice française condamne lourdement deux militants pour leur engagement citoyen, mais aussi la langue bretonne. Les inculpés feront probablement appel de cette décision.

6 Commentaires

  1. Je ne comprends pas le commentaire de Mikael et lui conseille d’aller faire un tour au Pays-Basque ou en Catalogne. La situation de la langue basque et du catalan n’a rien à voir avec celle du breton et on ne peut malheureusement que l’envier. La différence est que ces deux peuples ont réussi à créer un rapport de force politique favorable avec le gouvernement Espagnol, sur la base de coalitions nationalistes.

    La simple lecture de Ouest-France du 17/08 en pages I&V de vendredi dernier est édifiante et montre le niveau de colonisation de la Bretagne et celui du rapport de force politique de l’Emsav. Deux articles se côtoient : L’un sur le couple Chirac en villégiature à Dinard. L’autre concernant les fortes amendes infligées aux militants bretons avec la réplique de la présidente du tribunal pour refuser un interprète brittophone « Non, vos bêtises ont déjà couté plus de 1000 euros aux contribuables bretons … » .

    On ne s’étonnera pas du fait que, dans les différentes affaires qui le concernent Jacques Chirac, en tant que bon serviteur de la république française, ait pu trouver plus de mansuétude auprès de la justice contrôlée par cette même république que les jeunes militants bretons. Mais combien en comparaison ce personnage a-t-il coûté et coûte-t-il encore au contribuable breton ?

    Il est impossible d’imaginer un tel article dans un quotidien basque ou catalan, au demeurant rédigé dans la langue nationale et non en castillan.

  2. La France ressemble de plus en plus à l’Espagne. Le gouvernement central et ses petits valets locaux se radicalisent au risque de faire naître chez les Bretons, les Basques, les Catalans ou les Corses une telle frustration qu’il y aurait un point de non retour. Au moins, soyons positifs. En mettant au grand jour, l’abrutissement du discours pseudo-“républicain” (c’est à dire en lisant entre les lignes franchouillard anti-breton), les Bretons sont en mesure de voir que leur peuple est traité comme s’il n’existait pas.

  3. il est inadmissible qu’un état soit disant démocratique interdit à des personnes de parler leur langue maternelle. il faut quand même savoir qu’a une certaine époque et avec l’aide d’instituteurs le français etait imposé de force et lors de la récréation si un breton parlait en breton il avait droit à la badine

  4. Une belle brochette de cons, une fois de plus. Pardonnez mon emportement, mais je n’en peux vraiment plus de cette justice et de ce gouvernement français… Je soutiens pleinement Corentin et Yoann ! Exiger d’eux qu’ils parlent français ou qu’ils se taisent, c’est tout bonnement honteux… Chacun a le droit de se défendre, peu importe sa langue, gast ! Alors, liberté égalité fraternité ? Ma revr !

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