Richard Ferrand (député du Finistère) : « l’engagement de ratifier la charte des langues minoritaires et régionales va être tenu ! »

Richard Ferrand est député PS de la circonscription de Carhaix (29). Adversaire traditionnel de Christian Troadec, le maire de la capitale du Poher, nous lui avons demandé son avis dans l’affaire qui secoue actuellement le centre-ouest Bretagne : l’interdiction des livrets de famille bilingues français-breton pour les familles carhaisiennes par le tribunal de Brest

7Seizh : Quel regard portez-vous sur l’affaire des livrets de famille bilingues français-breton édités par la ville de Carhaix et interdits par le tribunal de Brest ?

Richard Ferrand : Il faut que le parlement se hâte de tenir l’engagement de François Hollande qui est la ratification de la charte des langues minoritaires et régionales.

7Seizh : Vous êtes donc sur une ligne pro-langue bretonne…

Richard Ferrand : Oui si vous voulez, vous pouvez l’appeler comme ça. Mais l’idée est assez simple : on a pris un engagement pour permettre justement aux langues régionales d’exister, d’être transmises et, pour certaines, de survivre, en tout cas d’avoir leur place dans la vie des régions. Donc il faut que ce type de problème, et il en existe d’autres qu’on rencontre mais qui ne sont peut-être pas médiatisés, trouve sa solution par le projet de loi qui portera sur la ratification de cette charte.

7Seizh : Est-ce que, de votre côté, vous seriez justement porteur d’un projet de loi allant en ce sens ?

Richard Ferrand : J’ai déjà interrogé, à la fois le ministère de la culture et Jean-Jacques Urvoas (député du Finistère ND7) qui est président de la commission des lois pour savoir quand est-ce que ce projet allait venir à l’ordre du jour du parlement. Un engagement a été pris et cet engagement fait partie des 60 engagements de François Hollande. Donc forcément on souhaiterait qu’il soit rempli dans les meilleurs délais possibles.

Le président de la commission des lois est très engagé sur ce sujet, la ministre de la culture est saisie, donc les choses vont se faire. Mais c’est toujours le même problème, on a 5 ans pour tenir 60 engagements et au fur et à mesure des évènements, selon les problèmes qui se posent, on se dit que chacun de ces engagements est très urgent. Il y a un calendrier parlementaire qu’il faut essayer d’établir de la manière la plus efficace possible. Mais l’idée c’est que ce type de problème n’ai plus à se renouveler grâce à l’adoption de la charte.

7Seizh : Et vous n’avez pas peur que la charte soit repoussée par le conseil consitutionnel comme ça a déjà été le cas ?

Richard Ferrand : Si c’est nécessaire cela voudrait dire que cet engagement n’avait pas de sens. Mais quand le président de la République a pris cet engagement il était bien conscient des décisions préalables du conseil constitutionnel donc peut-être faudra t-il passer par une modification constitutionnelle mais en tout cas ce qui est sûr c’est que l’engagement est pris de ratifier cette charte. Ensuite, il faut s’en donner les moyens. Parce que le but du jeu, si vous voulez, c’est de ne pas refaire ce qui s’est passé sous Jospin : c’est à dire que d’un côté on a ratifié et de l’autre le conseil constitutionnel a dit non. La question est de voir qu’est ce qu’il faut faire pour rendre incontestable, constitutionnellement parlant, cette ratification.

7Seizh : Peut-être est-ce que les choses seront facilités par la mention concernant les langues régionales qui a été rajoutée dernièrement dans la constitution ?

Richard Ferrand : Je ne sais pas. Mais en tout cas ce qui est sûr c’est qu’il ne faut pas se planter. Il faut veiller, en amont, à la constitutionnalité de l’affaire !

Je trouve que ça ne serait pas une mauvaise idée, d’ailleurs, qu’on fasse comme l’a fait le Président de la République sur le traité [européen] à venir, se poser la question : faut il une modification constitutionnelle ou est-ce qu’une loi organique suffit ? Peut-être faudra t-il mener une investigation de ce type avant de se lancer dans une entreprise risquée. Mais soyez sûr qu’on fera ça avec beaucoup de soin !

7Seizh : Il est vrai qu’il y a désormais un certain nombre de députés en Bretagne, je pense à Paul Molac ou à Jean-Luc Bleuven, qui seront désormais favorables à ce genre de démarches…

Richard Ferrand : Oui bien sûr. Et puis c’est l’un des engagements du Président de la République sur lesquels nous avons été collectivement élus. Or lorsqu’on se situe dans la majorité présidentielle, peu importe notre origine, nous sommes solidaires des 60 propositions. Ca a été clairement dit ! Maintenant la question porte sur le calendrier.

1 COMMENT

  1. ça alors, je n’en reviens pas, il y donc de l’espoir, même chez les jacobins régionaux, on accepterait l’existence officielle de langue dites régionales, formidable !!! Attendons voir, un rejet du conseil constitutionnel aura encore bon dos pour renvoyer tout changement du statut actuel dans un futur lointain… L’espoir fait vivre, si Richard Ferrand était un supporteur de la culture bretonne ça se saurait depuis déjà un temps certain !!!

  2. blabla bla je n’ai pas confiance dans cette personne ayant bien suivi l’actu carhaisienne jusqu’en 2000. ça m’étonnerait que cet homme politique ait changé.il était toujours le jacobin de service face aux enracinés cozan ou troadec ou meme jeudy. aurait il changé ,? je ne crois pas aux changements profonds de ce style.
    Richard Ferrand né à Rodez-Aveyron. ce n’est pas sonlieu de naissance qui me gene profondement c’est son vécu politique pendant toutes ces années – anti langue bretonne – anti militants bretons etc…
    (mais ça narrange pas les choses)

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