Procès Charlie Grall : le verdict qui ridiculise la justice française

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Dans le cadre de l’affaire du vol des explosifs de Plévin, le journaliste breton Charlie Grall est condamné en appel à deux ans de prison avec sursis au lieu des 6 ans ferme en première instance.

Dans cette affaire, la justice française aura eu l’occasion de se ridiculiser une fois de plus tout en veillant… au finances de l’Etat. En effet, le journaliste a toujours justifié sa présence à un “rendez-vous avec des basques” (qui se sont avérés militants d’ETA) avant le vol d’explosif par son travail de journaliste. Son but était, selon lui, d’obtenir une interview de la direction d’ETA. La chose n’est pas exceptionnelle. Tous les jours, les journalistes entretiennent des relations avec des groupes armés ou clandestins : dissidents irlandais, djihadistes, talibans,  révolutionnaires syriens, kurdes, guérilleros des FARC  etc… les journalistes otages en Afghanistan ou en Irak en ont payé le prix fort. Où est le délit de demander une interview à un groupe armé ? Si c’est effectivement un délit passible de 6 ans ferme, il fallait mettre Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier en préventive dès leur retour d’Afghanistan ! Après tout leur but était, à l’époque, le même : interviewer un groupe armé, en l’occurrence taliban, luttant contre les militaires américains et français.

Alors, finalement l’Etat français n’avait que ça à reprocher à Charlie Grall ? Un rendez-vous derrière un café dans un bistrot de Carhaix ?  Bravo ! Au final, celui-ci est condamné à deux ans de prison avec sursis. De mieux en mieux. Car, soit il était partie prenante dans le vol de plusieurs tonnes d’explosifs et il risquait effectivement d’être condamné à plusieurs années de prison ferme, soit il faisait son travail de journaliste et il était acquitté. Deux ans avec sursis ? C’est une blague ! A quoi cela correspondent ces deux ans avec sursis ? Il n’aurait pas réglé sa bière en partant ?

Deux ans avec sursis, cela correspond à une entourloupe j’en ai bien peur. La justice n’ayant pas voulu mettre la main au portefeuille pour lui dédommager ses semaines de prison “préventive” à la suite de son arrestation en 1999, elle a trouvé une porte de sortie. Car, en cas d’acquittement, Charlie Grall était en droit de réclamer un dédommagement conséquent. Par pingrerie et par peur du ridicule, la justice aura choisi de le condamner à deux années avec sursis, autant dire pratiquement rien, mais l’honneur de l’état et les finances publiques sont saufs. Ridicule.

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