Langue bretonne : comment France 3 économise des bouts de ficelle

Les émissions en langue bretonne sur France 3 sont les parents pauvres de la chaîne. Dès qu’il y a un évènement sportif, la direction s’empresse de le faire passer sur la quota des émissions en breton sans prévoir le moindre créneau horaire de remplacement.

Mais désormais quand une salariée à la mauvaise idée de tomber enceinte, la direction comble les trous en faisant des économies de bouts de ficelle. C’est ce qu’on appelle en jargon local, le « remplacement en interne ».

En effet, l’animateur vedette des émissions en langue bretonne de France 3, Goulwenna an Henaff, attend actuellement un heureux évènement. L’équipe d’animateurs étant composée de plusieurs personnes, femmes ou hommes, tout à fait compétentes pour jouer les remplaçants pendant le congé maternité on pouvait s’attendre à ce que la production pioche parmi ces derniers. Deuxième solution : faire appel à un « collaborateur intermittent », c’est à dire extérieur à la chaîne mais intervenant sur quelques émissions. Folle idée ! Pour économiser des bouts de ficelle, la direction de France 3 a décidé de nommer Bernez Rous, grand professionnel de la télévision, mais qui a le désavantage d’être déjà directeur du pôle langue bretonne. Logiquement on aurait pu s’attendre à ce que Bernez Rous soit remplacé à son poste comme dans toute entreprise mais foin ! Bernez Rous sera, durant le congé maternité de Goulwenna an Henaff, au four et au moulin. Chargé de la direction du pôle et animateur en même temps. France 3 crée le cumul des charges à l’heure où François Hollande veut mettre fin au cumul des mandats.

Parce qu’à l’arrivée, l’économie est bien misérable : 14 semaines de congé maternité et autant d’émissions (moins les éventuels évènements sportifs) le tout rémunérées en cachets… d’intermittent du spectacle.  Notons que Goulwenna an Henaff n’est même pas intégrée à la chaîne mais bien intermittente du spectacle et ce depuis toutes ces années !

L’état lutte contre le travail précaire de ces pingres de grands patrons mais bat des records en la matière.

Les manifestants de samedi auront au moins une consolation : Les émissions en langue bretonne ne sont pas seules dans cette logique d’appauvrissement, les émissions en occitan, en catalan, en corse et en alsacien sont dans le même cas ! Les langues dites « régionales » deviennent des variables d’ajustement sur le service public de télévision, heureusement que le gouvernement n’a jamais compté autant de ressortissants bretons en son sein sinon qu’est ce que ce serait…

Rappelons que des manifestations sont prévues ce samedi à Nantes, Rennes et Brest pour réclamer une véritable télévision bretonne.

11 COMMENTS

  1. Bien vu Fabien, on ne peut évidemment que contester la réponse de M. Rault. Il est affligeant de voir que n’importe quel sport peut servir de prétexte à la suppression d’une émission télé (parce qu’internet, ce n’est quand même pas pareil). On apprend que le ski intéresse donc énormément les Bretons! Personnellement je ne suis jamais arrivé à faire un schuss sur le Tuchenn Gador, mais bon!
    Sans aucun doute la télévision n’est pas la seule responsable de la situation de la langue bretonne. Mais il est de son devoir de redoubler d’efforts pour inverser la tendance. Or, c’est loin d’être fait, et c’est bien là le crime. Car la langue bretonne est probablement la première raison qui fait que France 3 Bretagne mérite d’exister. Tout le reste peut être traité par une rédaction parisienne, délocalisée ou non.

  2. Bertrand Rault et Bernez Rouz apportent des arguments intéressants à l’article que 7Seizh a publié sur les contraintes budgétaires dans les émissions de France 3 Bretagne. Par contre certaines affirmations sont pour le moins étonnantes.

    1/ Monsieur Rault affirme : « A ce titre, accordez nous la liberté de décider que Bernez Rouz est le mieux à même d’assurer la conduite de Bali Breizh durant cette période, au regard de la périodicité de l’émission et de son expérience de la présentation.
    N’en déplaise à M.Lecuyer, ce choix répond donc avant tout à un objectif éditorial. »

    > Effectivement Bernez Rouz est quelqu’un de tout à fait compétent et nous l’affirmons dans notre article, cependant nous maintenons l’information comme quoi le choix fait par la direction de France 3 de lui faire assurer l’intérim de Goulwenna An Henaff est avant tout économique. J’en veux pour preuve cette phrase de Annie Gougeon Guitton ci-devant administratrice d’antenne à France 3 qui déclare dans un document en notre possession que le choix de Bernez Rouz est un choix guidé par des exigences économiques. La communication interne à France Trois a des progrès à faire…

    > Bernez Rouz n’est effectivement pas officiellement « directeur du pôle langue bretonne »à France Trois Bretagne, il est « responsable des émissions en breton ». La nuance est subtile. Je m’engage ici à payer une bolée à Bernez Rouz pour l’erreur de vocabulaire.

    > Monsieur Rault affirme que :  « les budgets consacrés par France 3 Bretagne à la langue bretonne (3 millions d’euros,soit 18% du total annuel) se seront pas rognés durant cette période. » Cette affirmation n’engage que lui et je laisse Monsieur Rault expliquer la chose à ses salariés et les syndicats de France 3 qui ne semblent pas convaincus de la chose.

    > Les émissions en « langues régionales » sont bien les variables d’ajustement de France 3. Quand il y a du tennis, de la voile, le marathon de Paris, du ski et que sais je encore, les émissions en breton sont tout bonnement supprimées. Monsieur Rault est-il au courant ?

    > Monsieur Bertrand Rault utilise un vocabulaire et un mépris dans ses propos à notre encontre qu’il laisse pantois. Nous ne sommes plus au temps de l’ORTF toute puissante cher Bébert !

  3. Bonjour,
    Je trouve profondément choquant et désolant qu’un tel article, qui n’a fait l’objet d’aucune vérification et ne se résume qu’à un tissu d’allégations mensongères, puisse être publié par un site qui revendique par ailleurs un positionnement informatif.
    Chacun peut avoir sa liberté d’expression et cette liberté est fondamentale. Mais en matière de travail journalistique, il est importe que les fondamentaux du métier soient respectés, car c’est là le devoir et l’honneur de cette profession.
    En l’espèce, la « tribune libre » que vous publiez est le résultat d’une somme d’élucubrations fantaisistes et d’une construction intellectuelle affligeante, car elle instrumentalise une situation personnelle dont nous pouvons tous nous féliciter : Goulwenna attend un deuxième enfant !
    D’abord, nous nous sommes tous réjouis de cette nouvelle. Ensuite, nous avons organisé les choses pour que la continuité de l’antenne puisse être assurée pendant son congé maternité.
    A ce titre, accordez nous la liberté de décider que Bernez Rouz est le mieux à même d’assurer la conduite de Bali Breizh durant cette période, au regard de la périodicité de l’émission et de son expérience de la présentation.
    N’en déplaise à M.Lecuyer, ce choix répond donc avant tout à un objectif éditorial. Et qu’il se rassure, les budgets consacrés par France 3 Bretagne à la langue bretonne (3 millions d’euros,soit 18% du total annuel) se seront pas rognés durant cette période.
    Bien au contraire, nous préparons la diffusion en mai de Lan Vraz, premier long métrage en langue bretonne, nous préparons une nouvelle formule de Mouchig Dall pour la saison prochaine et parallèlement, nous entamons le tournage d’une fiction de 36 numéros qui servira de support à un programme pédagogique en diffusion à partir de 2014, année durant laquelle nous fêterons les 50 ans de la télévision régionale.
    Les langues régionales ne sont donc pas, comme l’affirme M. Lecuyer, des « variables d’ajustement du service public de télévision ». Mais la télévision régionale ne saurait non plus être tenue seule responsable de la réalité actuelle de l’usage social de la langue et de l’érosion du nombre de ses locuteurs.
    En guise de conclusion, je souhaiterais donc rappeler à M. Lecuyer deux phrases de Beaumarchais :
    1) « les faits sont sacrés, les commentaires sont libres »
    2) « calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose »
    A bon entendeur…
    Bertrand Rault
    Délégué Régional France 3 Bretagne

    • « Les langues régionales de sont donc pas des variables d’ajustement du service public de télévision » ?!

      De qui se moque-t-on ??? La dernière fois que j’ai essayé de regarder Bali Breizh (il y a quinze jours), j’ai fini par jeter l’éponge… L’émission avait été remplacée par l’arrivée du Vendée Globe !

      Aucune nouvelle émission de Mouchig-Dall n’est produite cette année, économies obligent (mais France 3, dans sa grande bonté, rediffuse une saison précédente).

      Sans parler des quelques secondes (à peine !) de l’agenda culturel en langue bretonne, qui suivent le journal de 19h… et encore ai-je sûrement de la chance, car dans l’est de la Bretagne, c’est zéro sur ce créneau, et même pour tous les créneaux en Loire Atlantique.

      Que Bertrand Rault et les autres dirigeants de France 3 arrêtent de nous prendre pour des imbéciles !

  4. Cela ne changera rien pour le téléspectateur du 44 qui est privé des émissions en breton depuis 2002 sans que cela ne dérange beaucoup en B4 ….

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