Tunisie : la révolution volée

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L’indignation qui a suivi l’assassinat de Chokri Belaid en Tunisie nous a amené à demander leur sentiment à des militants de la gauche tunisienne. Nejiba Bakhtri est professeur, co-fondatrice du parti écologiste « Tunisie Verte » et Hichem Mizouri est militant de gauche, proche du Front Populaire. Etat de la société, relation avec les islamistes et la police, perspectives électorales, ces deux militants laïques livrent un témoignage lucide et sans concession sur la société tunisienne post-révolutionnaire.

Notons que les deux interviews ont été réalisées séparément.

7Seizh : D’où vient cette explosion de colère en Tunisie ?

Nejiba Bakhtri : Chokri Belaid était un avocat, syndicaliste et secrétaire général d’un parti de gauche: le front populaire. Il a été assassiné par la secte des islamistes le 6 février à 8h10 du matin. La situation en Tunisie est catastrophique, l’oppression est totale de la part de la Nahdha, du ministère de l’intérieur, et de leurs milices (une police parallèle comme en Iran et en Arabie Saoudite). Les barbus sont armés et sèment la terreur dans le pays. Cependant l’assassinat de Chokri a provoqué une grande prise de conscience.

Hichem Mizouri : Tout les secteurs de la societé tunisienne ont été rendus furieux par ce meurtre ! Tous les partis politique de nature démocrate, l’UGTT (la grande centrale syndicale tunisienne Nd7) a décidé, le jour de l’enterrement de Belaid, une grève dans tout les secteurs sauf les urgences et les boulangers. Pendant ce temps-là, le président de Nahda Rached Ghannouchi a pris l’avion le jour de son meurtre vers le Royaume-Uni et les trois présidents de notre gouvernement n’ont été pas présents à l’enterrement. Les visage des nahdaouistes sont restés froids !

7Seizh : Comment réagissent les milieux laïcs tunisiens, la gauche tunisienne ?

Nejiba Bakhtri : Nous n’avons pas peur, au contraire, nous positivons et nous ne baisserons jamais les bras.

Hichem Mizouri : Ils sont révoltés ! Ils s’unissent de toutes leurs forces pour abattre la tyranie de Nahda avec l’aide de plusieurs autres partis qui sont démocrates comme Nida Tunis et tout les petits partis de gauche.

7Seizh : Depuis la révolution, y a t’il eu une islamisation de la société tunisienne ?

Hichem Mizouri : Enahda a utilisé la « ligue de protection de la révolution » comme milice qui travaille à ses côtés pour créer des incidents lors de assemblées des autre partis. Enahda utilise aussi les mosquées pour faire de la publicité voir pour déclarer que certaines personnes sont des athées et « qu’il faut les tuer ». Je pense notamment à Chokri Belaid mais aussi à Ahmed Najib Chebbi. Des vidéos le prouvent !

7Seizh : Existe t-il des risques de guerre civile en Tunisie ?

Hichem Mizouri : Nous essayons de ne pas entrer dans cette guerre civile. Nous sommes contre la violence. Notre révolte était trop pacifique. Ce qu’on voit à la télévision, c’est de la manipulation. On essaye de trouver les solutions qui n’aboutissent pas à une guerre.

7Seizh : Subissez-vous des pressions au quotidien de la part de la police ou des islamistes ?

Hichem Mizouri : Nous demandons l’indépendance du ministre de l’intérieur et la défense des partis politiques qui servent uniquement le peuple. Il y a eu des pressions des islamiste contre les artistes et des polititiens de gauche à travers les prières dans les mosquées. Il existe également des appels à tuer certains membres des partis démocrates.

7Seizh : Et dans la rue au quotidien, les choses ont elles changées ? Y a t’il des tenues à l’afghane ? Des femmes en burqa ?

Hichem Mizouri : Non il n’y as pas de choses pareilles dans les rues. Le port de la burqa a été interdite dans les universités ce qui a causé une problème de liberté vestimentaire d’ailleurs. En fait, quelques islamistes voulaient imposer la burqa à l’université mais cela posait des problèmes d’identification des personnes.

7Seizh : Le président tunisien a annoncé la tenue prochaine de nouvelles élections, la gauche va t-elle aller unie ?

Hichem Mizouri : Oui on est tous avec le Front Populaire de Hamma Hammami. Nous comptons même travailler avec des partis libéraux. Je rappelle que le front populaire comprend le parti des travailleurs tunisiens (communiste).

7Seizh : Nejiba, en tant que militante laïque que pensez-vous de l’implantation des salafistes en Europe ? Nous en avons en Bretagne par exemple.

Nejiba Bakhtri : Il faut expulser ces criminels ! Il faut faire signer une pétition contre eux ! Il y a de plus en plus de barbus et de femelles voilées qui veulent changer la société tunisienne (ils ont bien le droit de rêver !), la Nahdha et les salafistes ont des moyens énormes en provenance du Quatar, des saoudiens et du Mossad, ils achètent les plus démunis.

Partout dans le monde, ils sont en train d’enrôler des jeunes et des moins jeunes (le bourrage de crâne), pour les talibaniser, surtout dans les pays arabes (les ordres des sionistes et des américains) et bien sûr du Quatar et des Saoudiens. Ils ne sont que des pions à leur solde !

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