Alsace : A.B.C.M. Zweisprachigkeit soutient le OUI au référendum du 7 avril 2013

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La création de l’association A.B.C.M. Zweisprachigkeit est une initiative régionale proposant depuis 1991 un enseignement de la langue, de l’histoire et de la culture dites régionales en classe maternelle et élémentaire et qui est également à l’origine de l’enseignement bilingue paritaire français-allemand dans notre région.
La pédagogie employée dans les écoles A.B.C.M. Zweisprachigkeit est celle de l’immersion basée sur l’acquisition naturelle de la langue seconde. L’enfant s’approprie la langue seconde selon la même méthode que celle qui intervient pour la langue première par mimétisme et reproduction. Cette pédagogie met notamment en oeuvre les principes de précocité, dès l’âge de 3 ans, d’intensité, de continuité avec un maître de référence pour l’allemand et le non recours à la traduction, le tout dans le but d’atteindre une parité de compétence linguistique.
L’enseignement dans la langue régionale est assurée à la fois sous sa forme standard, l’allemand, et sous sa forme dialectale, le francique et l’alémanique, et réserve une place privilégiée à l’histoire et à la culture de notre région. De plus, cet enseignement bilingue familiarise les enfants avec deux cultures, leur permet de s’ouvrir à l’autre et de construire le vivre ensemble, comme elle les prépare au plurilinguisme et à intégrer les espaces économiques et les bassins d’emploi environnants, à vivre dans un monde désormais globalisé.
Entre 1945 et 1990, aucune politique nationale d’enseignement n’a permis de prendre en compte notre spécificité linguistique et de sauvegarder notre langue régionale. Les statistiques sont sévères à cet égard-là. Il reste à l’heure actuelle à peine quelques centaines d’enfants en bas âge à avoir eu accès aux dialectes sur une population de 1800000 habitants. L’histoire et la culture régionales constituent les grandes inconnues, tant leur place est indigente à l’école, comme dans les médias publics. Le dénigrement de la langue régionale en milieu scolaire a conduit à sa non-transmission dans les relais traditionnels, telles les sphères sociale et familiale. L’identité se construit par la transmission des langues, des cultures et de l’histoire et est essentiellement l’affaire de la collectivité, c’est-à-dire du pouvoir. Et comme ce pouvoir est en France, par essence, central et que le centre, Paris, ne sait pas ou ne veut pas faire, on se trouve dans la situation évoquée précédemment.L’association A.B.C.M. Zweisprachigkeit a pu s’implanter en 1991 et se développer grâce à l’engagement des collectivités territoriales et aux spécificités de notre droit local.

Il n’est pas trop tard ! A condition de changer les façons de faire actuelles ! Pour cela, il devrait revenir aux collectivités territoriales de traiter ce dossier et d’obtenir les délégations nécessaires, notamment dans le domaine de l’éducation. Elle devrait surtout se doter d’un projet de politique linguistique et culturelle régionale, d’une charte, qui permette, non seulement la réappropriation de terrains perdus, mais surtout de construire un avenir bilingue à l’Alsace et à sa
jeunesse, afin qu’elles puissent s’épanouir au travers d’une identité alsacienne riche de toutes ses composantes, affirmée et reconnue, et de vivre à 360° dans l’espace qui est le leur.


Notre dessein pour l’Alsace est d’en faire une région véritablement bilingue peuplée d’Alsaciennes et d’Alsaciens plurilingues[1]. Aussi, lorsque le projet politique annoncé au sujet du Conseil d’Alsace à naître de la fusion des deux Départements et de la Région prend en compte une grande partie de notre approche, nous ne pouvons qu’y souscrire. Il ne s’agit pas pour nous de donner un chèque en blanc, mais d’accorder notre confiance, tout en espérant être associé à l’élaboration de la politique linguistique et culturelle qui sera à mettre en application par après. Ecrivons ensemble une nouvelle page de l’histoire institutionnelle française et alsacienne. Un espoir existe ! Nous appelons à voter OUI au référendum du 7 avril 2013 et surtout à oeuvrer, ensemble au sein du futur Conseil d’Alsace, pour construire une identité alsacienne ouverte et plurielle, pour l’union dans la diversité française. Mir welle ware, war mir sin !

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