Agroalimentaire breton : la catastrophe qui vient ?

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L’usine Doux de Pleucadeuc (56) faisait partie des sites “sauvés” mais fortement impactés lors de la crise qui avait suivi la faillite du volailler en juin 2012. Depuis, les salariés que nous avions interrogés redoutaient un “effet retard” concernant l’avenir du site de Pleucadeuc. Aujourd’hui, le groupe Doux annonce son intention de “céder l’usine” qui constituait le dernier bastion du “pôle frais” jadis florissant du groupe breton. Saisi, le tribunal de Quimper se prononcera ce vendredi 22 février sur la demande de poursuite de la période d’observation du groupe volailler. Notons que cette volonté de désengagement intervient alors que la volaille est considérée comme une “viande d’avenir” par de nombreux observateurs de la  filière.

Mais Doux n’est pas la seule entreprise d’agroalimentaire en Bretagne à connaître des difficultés. Ainsi GAD SAS implanté à Josselin (56), Saint-Nazaire (44) et  Lampaul-Guimiliau (29) vient de solliciter une procédure de redressement judiciaire auprès du tribunal de commerce de Brest. Spécialisé dans l’abattage et la transformation de viande de porc, GAD annonce que “les résultats ne sont pas au rendez-vous” malgré des investissements importants. Le dossier de demande de redressement judiciaire devrait être déposé après le comité central d’entreprise du 21 février prochain.

Enfin, à Guerlesquin (29) c’est Tilly-Sabco, spécialiste du poulet, qui connaît une période très difficile. Au centre des débats, les fameuses “restitutions à l’export” octroyées par Bruxelles. Daniel Sauvaget, PDG de Tilly-Sabco et détenteur de 100% du capital, demande un effort aux instances européennes afin de pouvoir concurrencer les entreprises étrangères notamment brésiliennes bien implantées sur ce marché.

De son côté, la CFDT dénonce ” le manque d’anticipation des industriels de la filière volaille. (…) rien n’a été fait par les employeurs des entreprises Doux et Tilly SABCO qui portent l’entière responsabilité de la situation actuelle. A cela s’ajoute le manque de coordination dans la filière, ce qui met en danger l’équilibre globale de la filière volaille et l’avenir des salariés.”

Le syndicat plaidant par ailleurs pour “un maintien provisoire des restitutions conditionné à des critères sociaux. Une part significative des sommes allouées aux entreprises bénéficiant des restitutions doit être utilisée pour la formation des salariés afin de sécuriser leur avenir professionnel. Tout autre soutien public à ces entreprises et à la filière doit être conditionné à un plan stratégique de filière négocié comprenant des mesures directement liées à l’accompagnement des salariés.”

Si ces entreprises ferment, d’aucuns redoutent une réaction en chaîne chez les éleveurs et les sous-traitants. “On est pas loin d’une catastrophe sociale en puissance en Bretagne” prédisait ainsi en substance Jean-Pierre Rouet, secrétaire de l’Union Départementale CGT agroalimentaire dans le Morbihan hier mardi sur les ondes de nos confrères de Radio Saint-Anne. Rappelons que le secteur agricole (production + agroalimentaire) représente 38% du PIB de la Bretagne (administrative).

Interview de Jean-Pierre Rouet sur Radio Sainte-Anne (merci à RCF pour nous permettre l’utilisation de cette interview) : [audio:http://7seizh.info/wp-content/uploads/2013/02/jprouet.mp3]

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