Décentralisation, langues régionales, réunification, TV régionale…Christian Guyonvarc’h décrète la mobilisation générale !

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Guyonvarc'h« Vous êtes convaincu-e de la nécessité d’une vraie régionalisation et d’un statut de protection et de promotion des langues régionales? Alors, préparez-vous à devoir battre le pavé dans quelques semaines », vient de publier le rapporteur général du budget à la Région Bretagne et éminent responsable de l’UDB, Christian Guyonvarc’h. Pour avoir dans ces mêmes colonnes souvent titillé l’UDB, on dira qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire… et que cet appel même s’il arrive un peu tardivement, le mal étant semble-t-il déjà fait, a le mérite d’exister.

« Tous les signaux envoyés par Paris sont négatifs », affirme le militant de l’UDB, parti pourtant associé au PS dans la gestion de la Région et de quelques villes de Bretagne.  « Le projet de loi Lebranchu sur la “décentralisation” et la réforme de l’action publique? Il consacre les métropoles en leur accordant un statut sur-mesure (Lyon Métropole devient une collectivité territoriale à statut particulier) et en leur permettant de mener leur propre politique économique, leur propre politique en matière d’innovation et leur propre politique en matière d’enseignement supérieur sans avoir de comptes à rendre aux autres territoires de leur région. Bref, c’est la consécration d’une vision libérale fondée sur la mise en compétition des territoires, là où il faudrait au contraire développer les complémentarités et les coopérations. »

Pour ce qui concerne le projet de loi Peillon sur l’école Christian Guyonvarc’h n’est pas plus optimiste.  « Il fait l’impasse dit-il sur les langues régionales ou minoritaires. Et quand les députés votent quelques amendements pour les y faire entrer timidement (article 27 bis), le Gouvernement fait savoir qu’il s’y opposera! »  Pour ce qui concerne la ratification de la charte européenne du Conseil de l’Europe sur les langues régionales ou minoritaires? « François Hollande renie un de ses engagements en faisant passer aujourd’hui en Conseil des ministres un projet de révision de la Constitution qui fait l’impasse sur cette ratification » constate avec amertume le rapporteur du budget  de la région Bretagne.

« Le pôle jacobin du PS est aux manettes et entend dicter sa loi. Hollande et Ayrault s’isolent dans leur tour d’ivoire », écrit-il encore. « Le 21 mars le Conseil régional de Bretagne devrait adopter sa contribution sur la décentralisation en vue du débat parlementaire sur le projet de loi Lebranchu qui s’ouvrira à partir de la fin mai, au Sénat d’abord, puis à l’Assemblée nationale. Cette contribution régionale, en l’état actuel des choses, devrait avoir un contenu plutôt positif, en mettant en avant des revendications comme le droit à la différenciation territoriale et des transferts de compétences (culture, politique linguistique, foncier, eau…).  Mais l’on voit bien que ce ne sera pas suffisant pour obliger le pôle jacobin du PS à tenir compte de l’expression des territoires. Seule une forte mobilisation populaire dans les rues, en Bretagne mais aussi dans les autres territoires concernés par la régionalisation et les langues régionales, voire à Paris, fera comprendre à l’Elysée, à Matignon et aux hiérarques du PS qu’ils auront beaucoup à perdre en s’enfermant dans leur volonté de passer en force. Il n’y a malheureusement pas d’autre moyen de se faire entendre », affirme Christian Guonvarc’h qui conclut sans pour autant s’interroger sur la stratégie de l’UDB :

« Rendez-vous donc dans les rues de Bretagne et d’ailleurs d’ici quelques semaines! ».Bien inspiré, Christian Guyonvarc’h aurait pu rajouter que la situation est trop grave pour ne pas taire nos divisions…

17 Commentaires

  1. Il faut éviter les pléonasmes : “les jacobins du PS”.
    Le PS est un parti français, siégeant de surcroît à Paris, il défend des intérêts français à l’encontre des nôtres. Il n’y a ni de quoi être surpris par son attitude, ni d’en faire une thèse.
    Le mieux à faire est de ne plus favoriser ces partis, idem pour les formations qui s’y ventousent à chaque élection pour avoir quelques sièges, en restant bien évidemment muets après avoir obtenu des élus inféodés au PS ou autres partis.

  2. Ah, taper sur le PS et les méchants collabos de l’UDB, ça défoule toujours semble-t-il. Tant mieux… Mais on aimerait que les donneurs de leçon de tous poils s’intéressent un peu à l’histoire et se souviennent d’où vient le conseil régional élu au suffrage universel, qui l’a porté, notamment à travers des alliances… c’est sûr que quand on ne met pas les mains dans le cambouis, on ne risque pas de faire des erreurs! L’UDB n’a pas à rougir de son bilan dans les conseil municipaux et au conseil régional. Pour progresser, il faut savoir quand taper du poing sur la table et quand être constructif. Mais rester chez soi à baver devant un gwenn-ha-du ne fait avancer aucune cause.

    • Pour voir si l’UDB est vraiment pro-Bretagne, c’ est simple il suffit pour elle qu’elle s’affiche clairement contre le PS pour les prochaines elections municipales et regionales en clamant haut et fort que face à la posture jacobine du PSF en tant que parti gouvernant, elle ne se considere plus comme alliée. Et au niveau locale l’UDB espere prendre toutes les voix de Gauche et chasser de Bretagne tout parti jacobin et politiques inféodés au système actuel.
      Chiche ! L ‘ UDB en aura t elle le courage ?

  3. ba restons calmes, ces vélléités de “mobilisation générales” seront bien vite oubliées avec l’approche des municipales ou l’UDB ira en rang serré sur les listes du PS….

  4. Je ne suis pas allé voté aux dernières présidentielles, ni aux législatives qui ont suivi, malgré l’appel pressant de l’UDB à soutenir Hollande et le PS. A lire l’article de Charlie Grall, on peut se dire que soit l’UDB est nul en politique, soit ce parti prend les Bretons pour des cons. J’aurais plutôt tendance à opter pour cette deuxième hypothèse, mais qui sait …

  5. quand l’UDB annonce avant le 1er tour d’élections qu’elle appellera à voter PS au second tour avant toutes négociations… j’appelle ca un parti “godillot”.
    Honte à l’UDB.

  6. Nous avons le plus beau parti jacobin au pouvoir depuis des décennies. Comment des Bretons engagés dans le combat pour nos libertés peuvent-ils encore cautionner ce parti socialiste. Un geste fort comme le refus de tous les élus bretons de soutenir les socialistes dans les municipalités, départements ou région pourra les rendre crédibles. Nous pourrons alors compter les vrais Bretons qui ont pour soucis premier la BRETAGNE et ses citoyens. Trop de Bretons sont sensibles au miroir aux alouettes des socialistes. Les journalistes, presque tous de gauches sont aussi responsables. Les médias sont complices d’un état qui a oublié ce que voulait dire démocratie. L’UDB sert de caution bretonne à ce parti jacobin, mais est impuissant. Le jour où toutes les forces Bretonnes se réuniront sous le Gwenn ha Du, et dépasseront leurs luttes stériles, Paris tremblera.

  7. Charlie Grall aime bien “titiller” l’UDB. Il voudra bien au moins lui reconnaître de ne pas se comporter en parti-godillot. Quand ça ne va pas – et ça ne va pas! – on le dit. Quant à reprocher à l’UDB ses alliances, ce n’est pas très crédible quand on est soi-même le principal conseiller d’un élu breton qui s’est présenté aux dernières législatives dans la circonscription de Carhaix avec la photo de François Hollande à ses côtés, dans un bel exercice de provocation. De deux choses l’une: soit il s’agissait d’un positionnement purement tactique pour surfer sur la bonne vague médiatique en collant au principal candidat opposant à Sarkozy, soit il s’agissait d’un engagement politique réel au côté du candidat socialiste à la présidentielle et dans ce cas on peut, comme écrit Charlie Grall, “s’interroger sur la stratégie”. A chacun ses “incohérences”…

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