Libérons les énergies en Bretagne : Quatre revendications pour le changement et plus de démocratie

IMG2033Alors que l’Alsace va voter dimanche sur son statut de collectivité unique, que les élus basques se mobilisent pour obtenir un département basque, que la Corse appelle à un référendum pour approfondir son statut, la Bretagne joue à la belle endormie alors que le gouvernement Hollande donne l’impression de lâcher ses engagements en termes de droits linguistiques et de décentralisation. Certes, il y a eu quelques frémissements du côté du Conseil régional qui, grâce au travail des élus UDB et Verts, a envoyé à Paris plusieurs demandes concernant la future loi de décentralisation, mais voilà, rien de plus… Dormez , Bretons, on s’occupe de tout , pourrait-on résumer !

Et puis, voilà, ce matin, à Rennes, des représentants de l’ensemble des mouvements politiques bretons démocratiques, UDB, Parti Breton, Mouvement Bretagne et Progrès, Breizhistance, Les Verts mais aussi des organismes comme Kevre Breizh ou Bretagne réunie, 44=Breizh ou Aï’ta, ont tenu conférence de presse commune pour présenter 4 revendications pour la Bretagne (voir ci-dessous) . Enfin, les choses semblent bouger et il faut maintenant voir si cette déclaration va pouvoir se transformer en demande populaire. En attendant, il est plaisant de voir, enfin, des représentants aussi divers que Robert Pedron, Christian Troadec, Yves Pelle, Yannick Bigouin ou Gael Roblin, côte à côte, pour présenter cette déclaration en quatre points. Il semblerait que l’urgence de la situation ait fait taire quelques égos et considérations politiciennes. Félicitons les donc pour cette démarche qui, tout un chacun l’espère, va faire « bouger les lignes » . Il est en effet très grand temps.

manifeste

Texte du manifeste 

Libérons les énergies en Bretagne

Quatre revendications pour le changement et plus de démocratie

Les organisations politiques, syndicales, associatives ci-dessous, conscientes de la dureté de la crise économique et sociale et de ses conséquences pour la population bretonne, tiennent à réaffirmer solennellement et vigoureusement l’urgence de réformes structurelles en Bretagne.

Réformes sur lesquelles le gouvernement a toute latitude aujourd’hui pour agir vite en apportant, sans attendre, des réponses positives et concrètes.

Soucieuses d’agir collectivement dans l’intérêt de la Bretagne et de sa population, les organisations signataires ont élaboré une plate-forme en quatre points dont la mise en œuvre est de nature à redonner plus de sens à la démocratie, à libérer les énergies et à mieux armer la Bretagne pour appréhender l’avenir.

Elles invitent, à l’exception de l’extrême-droite, les élus, les organisations politiques, associatives, économiques, syndicales, culturelles… et l’ensemble des forces vives de Bretagne à s’emparer de cette plateforme commune, à la promouvoir et à se mobiliser pour exiger du gouvernement des réponses positives dans les semaines et les mois qui viennent.

Des élus bretons, dont plusieurs députés et sénateurs, se sont mobilisés ces dernières semaines, en faveur du processus de réunification de la Bretagne ou de la ratification de la Charte européenne des langues minoritaires. Le Conseil régional de Bretagne administrative propose une contribution au débat sur la décentralisation. De toute évidence, ce n’est pas suffisant, il faut amplifier le mouvement.

En conséquence, les organisations signataires appellent les Bretonnes et les Bretons à agir pour obtenir la satisfaction de ces revendications fondamentales préconisées, pour certaines, par l’Europe.

Les organisations signataires demandent instamment au président de la République, François Hollande, au gouvernement et aux élus bretons :

De ratifier la Charte européenne des langues minoritaires, comme l’avait promis le président de la République, François Hollande, dans son engagement de campagne n° 56 et de faire voter une loi cadre donnant enfin un statut et une existence légale aux langues régionales, car ces mesures urgentes sont indispensables à la sauvegarde du breton et du gallo. L’Etat doit laisser toute latitude à la Bretagne pour assurer l’avenir de ses langues en assurant un statut de co-officialité à ces dernières sur l’ensemble du territoire breton.

– De prendre sans attendre les dispositions nécessaires permettant la réunification de la Bretagne. D’engager dans ce cadre nouveau, la création d’une collectivité unique, fusion des départements et de la région. Ce qui est possible en Alsace devrait l’être aussi en Bretagne !

– De permettre et de soutenir la création en Bretagne d’une télévision publique bilingue de plein exercice, sur l’exemple de Via Stella en Corse, s’appuyant sur le potentiel technique et humain existant, émettant sur les cinq départements bretons et proposant au minimum 30 heures de breton par semaine et prenant en compte le gallo . Ce nouveau pôle-média doit aussi intégrer une radio publique, émettant en français, breton et gallo, sur l’ensemble de la Bretagne.

– De donner à la Bretagne, dans le cadre de la future loi de décentralisation, un statut particulier dotant l’institution bretonne d’une assemblée disposant – à l’instar des « grandes régions » européennes (Ecosse, Pays de Galles, Catalogne… qui possèdent un véritable Parlement doté de pouvoirs importants) – de nouvelles compétences, d’un pouvoir législatif et réglementaire ainsi qu’un droit à l’expérimentation dans des domaines différents allant de l’eau, la culture… à la politique linguistique… Ces nouvelles compétences doivent s’accompagner d’un budget et d’une fiscalité adaptés afin de répondre aux défis économiques, sociaux, environnementaux et culturels des années à venir. Si des statuts particuliers sont possibles pour les grandes métropoles de Paris, Lyon et Marseille pourquoi pas pour la Bretagne ?

Les organisations signataires s’engagent à promouvoir de la façon la plus large possible ces revendications auprès des Bretonnes et des Bretons, de leurs représentants et appellent au rassemblement des forces vives de Bretagne : économiques, culturelles, sociales, politiques, syndicales, institutionnelles… pour porter ces revendications et pour faire que l’Etat respecte enfin nos droits démocratiques fondamentaux.

Les premiers signataires :

Ai’ta ! ; EELV (Europe Ecologie les Verts) ; La gauche indépendantiste (Breizhistance – I.S.) ; Kevre Breizh ; MBP (Mouvement Bretagne et Progrès) ; Parti Breton ; UDB (Union Démocratique Bretonne) ; 44 = BZH ; Bretagne Réunie

26 COMMENTS

  1. La belle affaire que voilà, une euro-région! Et que croyez vous que vous aurez? l’autonomie? l’indépendance?
    non, le même maître néolibéral…. mais qui nous parlera en breton pour mieux nous tromper.
    Quelle victoire!

  2. Pour quand le stop des construction multiples dans les communes rurale? Il y a un grand raz le bol dans nos campagnes de voir les mairies accorder des aménagements et des constructions sur des terrains de moins 700m2. Des néoruraux viennent prendre les places des maires précédent, en imposant leurs grandes idées de citadin, Est-ce normal?.Que vont devenir nos villages et paysages typique?

  3. Je salue cette initiative qui va dans le bon sens : réclamations claires et précises, Union Sacrée des courants bretons, égos mis de côté ! La totale ! Ça fait du bien et ça fera du bien à l’engagement breton de chacun ! Un très bon point pour le PB, Europe Ecologie Les Verts, l’UDB, Troadec, Breizhistance et les associations culturelles en soutien (Ai’ta et 44=BZH) ! EN dehors des considérations idéologiques, on sait néanmoins très bien que les jacobins n’y donneront pas suites mais l’Emsav se renforce et c’est positif !

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