Faire son coming-out et dire “Oui à l’indépendance de la Bretagne” : c’est Yes Breizh

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“Une fois que tu connais ton pays, après tu peux voyager, tu peux quitter ton pays, tu peux décider d’aller vivre ailleurs, tu fais comme tu veux mais au moins t’es libre. Mais pour être libre il faut pouvoir faire ça et pour pouvoir faire ça, il faut tout réorganiser. Il ne faut pas avoir peur de le faire, c’est surtout ça.

Ne pas avoir peur de le faire, c’est le problème aujourd’hui. C’est toujours cette peur entretenue par ceux qui ne veulent pas de notre liberté. On a fait disparaître des états d’esprit, on fait disparaître les esprits. Quand tu penses qu’utopiste est devenu une insulte… quand même…”

Yes Breizh logo“Je pense que chacun de nous devrait avoir une conscience politique beaucoup plus développée et qu’il faudrait la réintroduire dans la pratique du quotidien. Parler de tout et que tout le monde comprenne bien quels sont les intérêts de tout. Et donc que ça ne s’incarne pas forcément par un mec, deux mecs, trois mecs mais tout le monde, que tout le monde aie ses convictions politiques. La république c’est la chose publique et aujourd’hui, elle n’est plus publique, elle n’est plus associative, c’est tout ça qu’il faut redéfinir. Un combat d’arrière garde ? On nous fait peur pour mieux nous asservir, et nous faire fermer notre gueule, c’est de la propagande. Tout le monde doit se réapproprier la chose publique.” 

Jean-Yves Lafesse, décembre 2011.

En décembre 2011, l’humoriste Jean-Yves Lafesse lançait un cri d’alarme et redonnait une place aux utopistes et à la chose publique au cours d’un entretien sur 7seizh. Plus fort encore, il affirmait “Je suis indépendantiste”.  Patrick Le Lay le revendiquait depuis longtemps d’une manière publique. Jean-Yves Lafesse n’était certes pas le premier mais il ne fut pas le dernier. Ces derniers mois, d’autres ont fait leur coming-out. En 2012, Gilles Martin-Chauffier déclarait “La Bretagne redeviendra indépendante et plus récemment c’est Régis Le Sommier qui affirmait  « si un vrai parti indépendantiste breton se créé, j’adhère »

Pour l’indépendance, faire son coming-out ?

Selon Régis Le Sommier en janvier dernier« On ne peut plus dire que l’indépendance de la Bretagne c’est idiot. C’est quelque chose qu’on entendait il y a encore deux ou trois ans ». “Oui, je suis indépendantiste j’estime que la Bretagne a toutes les armes pour redevenir indépendante” affirmait, quelques semaines avant, Gilles Martin-Chauffier.

Bienvenue au club, Messieurs ! Faire ainsi son coming-out, est-ce une posture courageuse, rejoindre le clan des utopistes ?  Pas si sur que ça. Jean-Yves Lafesse raillait une société où “être utopiste” était devenu une insulte. Il apparaît aujourd’hui comme lucide plutôt que rêveur. Ainsi, depuis quelques semaines une pétition se présentant commeune opération pédagogique qui a pour but de libérer la parole et la pensée sur la question de l’indépendance de la Bretagne” est en ligne. Nous avons souhaité rencontrer ceux et celles qui invitent les Bretons à faire, eux-aussi, leur coming-out. A noter que même si tous ceux qui les connaissent savent ce qu’ils pensent, les membres du collectif n’ont pas souhaité se mettre plus en avant dans l’opération pédagogique «pour ne pas brouiller le message véhiculé». D’une même voix, ils ont souhaité que le message passe “L’essentiel, ce n’est pas nous, c’est l’indépendance !”

 

Le but de la campagne Yes Breizh est avant tout pédagogique dans une logique de coming out

7seizh: Pouvez-vous nous présenter le projet Yes Breizh ?


Logo-Yes-BreizhMik, Jack, Alexs, Mael :
 . Il s’agit d’un projet apolitique qui a pour objectif de parler de l’indépendance de la Bretagne de manière décomplexée. Demain, les Catalans ou les Écossais, auront à se prononcer par référendum sur l’indépendance. On estime qu’en Bretagne la question peut être posée de manière aussi ouverte. Le but de la campagne est avant tout pédagogique dans une logique de coming-out.

 

Yes Breizh permet de mettre en avant la vision d’une Bretagne ouverte à l’internationale et ancrée au local.

7seizh : Pourquoi ce nom « Yes Breizh » mêlant anglais et breton ?

Jack :  Tout d’abord, cela fait écho à la campagne qui est actuellement organisée en Écosse (Yes Scotland). En mêlant deux termes anglais et breton, cela permet de fédérer les Bretons de Bretagne et de la diaspora. Et surtout de mettre en avant la vision d’une Bretagne ouverte à l’internationale et ancrée au local.

7seizh:  Pourquoi une campagne sur l’indépendance ?

Alexs : L’indépendance est un souhait que partagent beaucoup de Bretons. Il ne s’agit pas d’un doux rêve et le sondage qu’a réalisé le magazine Bretons récemment le prouve largement. Il révélait que 18 % des Bretons y sont favorables. Mais l’indépendance est un but ultime. Il faudra certainement se résoudre à travailler pour que la Bretagne réacquiert plus de liberté en premier lieu, même au sein de l’État français.

7seizh:  Quel est le but de cette pétition en ligne ?

Mik : L’objectif, comme nous l’avons expliqué, est de sensibiliser les Bretons. C’est eux que l’on doit convaincre. Les élus, surtout à Paris, sont obsédés par le pouvoir, et rarement par les idées qu’ils disent défendre. Vous comprendrez aisément que déposer cette pétition à Paris serait un acte d’asservissement total auquel nous ne voulons nous résoudre  Nous ne nous agenouillerons pas devant ceux qui font des promesses non tenues, ceux qui détournent leurs propres lois ou ceux qui laissent la Bretagne vivoter. Certains élus en Bretagne sont peut-être mûrs pour comprendre que le système français est gangrené. Mais lorsqu’on mange dans la main de son maître, on ne lui crache pas dessus…

En Bretagne, les sondages des années 1980 montraient que 3 % de la population était pour l’indépendance. En 2012 ils sont 18 %. En 2020, pourquoi pas 50 %.

7seizh :  Pensez vous l’indépendance de la Bretagne réaliste ?

Yes Breizh_affiche

Mik : Oui, sans conteste. Le sentiment indépendantiste était presque mort en Écosse il y a de cela quelques dizaines d’années. Aujourd’hui plus de 50 % des Écossais souhaitent que leur vrai pays redevienne souverain. En Bretagne, les sondages des années 1980 montraient que 3 % de la population était pour l’indépendance. En 2012 ils sont 18 %. En 2020, pourquoi pas 50 %. Du moment où une population souhaite prendre son destin en main et ne pas être artificiellement assistée, les chances qu’elle milite en masse pour l’indépendance sont bonnes.

7seizh :  Vos projets ?

Mael : Des actions pédagogique bien sur ! Avec l’arrivée de la première série d’autocollants et des tee-shirts bilingues « Yes Breizh ! Osons l’indépendance ! » en mai. Objectif : une présence et une affirmation décomplexée partout !

Et vous ? Ferez-vous votre coming-out ?
La pétition pour l’indépendance de la Bretagne.

 

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