L’initiation au breton dans les écoles publiques finistériennes est fragilisée (3/3)

Les associations prestataires s’appuient sur le modèle de l’enseignement du corse et formulent une adaptation pour le breton.

Les quatre présidents, Olivier Duluck, (An Oaled), Pierre-Yves Moal (KLT), Jos Sicard-Cras (Mervent) et Bernard Gestin (Sked), présenteront leurs propositions auprès des élus du Finistère. Les associations prennent en exemple l’enseignement de la langue corse.

KLTL’enseignement du corse
L’État et la collectivité territoriale de Corse ont signé une convention relative au plan de développement de la langue et de la culture corses, en 2003. « Elle affirme, en autre, l’objectif d’une généralisation du bilinguisme à l’école maternelle et d’un fort développement à l’école élémentaire ». La langue corse est présente à tous les niveaux de l’enseignement comme langue d’enseignement ou comme langue enseignée.

« Au-delà des filières bilingues, la langue corse est une matière enseignée dans le cadre de l’horaire normal des écoles maternelles et élémentaires ». Trois heures d’enseignement hebdomadaire sont inscrites à l’emploi du temps des classes du premier degré.

SkedLe 7 décembre 2010, une proposition de loi sur les langues régionales a été déposée à l’Assemblée nationale : « les articles 6 à 22 posent d’abord le principe d’une obligation, pour les autorités administratives, de fournir une offre suffisante d’enseignement de ces langues et dans ces langues. Le principe consacré est donc celui que l’école garantit un enseignement de la langue régionale ou dans la langue régionale aux enfants des familles intéressées. »

« Pour mettre en œuvre ce principe, l’offre d’enseignement de langue régionale ou en langue régionale devra être progressivement généralisée dans les aires géographiques où elle est en usage, avec comme seule restriction une opposition dûment signalée des parents ».

Les associations étayent leurs arguments par l’article 7 du chapitre 1er : « Dans les territoires concernés, la convention propose un enseignement de langue régionale ou en langue régionale aux enfants. Ceux dont les parents s’y opposent en sont dispensés. L’enseignement de la littérature, de l’histoire-géographie, de l’économie régionale est intégré dans les programmes officiels aux différents niveaux scolaires. »

An OaledUne adaptation pour le breton
À l’instar de l’enseignement du corse, les quatre structures souhaitent que « l’enseignement du breton soit généralisé à l’ensemble des classes du premier degré (hors filières bilingues) et intégré à l’horaire scolaire. » Elles considèrent que cette généralisation doit s’intégrer à une politique linguistique plus large « dont l’objectif prioritaire est le développement de l’enseignement bilingue. » Elles estiment que « l’initiation est un outil de politique linguistique qui vient compléter l’enseignement bilingue, il n’y a pas concurrence entre les deux démarches mais  complémentarité ».

Les quatre associations ont élaboré des propositions afin que la généralisation de l’initiation puisse être mise en œuvre dans le cadre du dispositif de l’initiation au breton dans lesMervent écoles primaires publiques du Finistère.

« – À raison d’une heure par semaine, l’initiation au breton est intégrée à l’horaire scolaire.

– Elle concerne l’ensemble des écoles primaires, publiques et privées.

– Elle est généralisée progressivement à l’ensemble des niveaux du cycle 3 en commençant la première année, par la classe de CE2, puis en fonction des moyens en personnels formés, à l’ensemble des niveaux du cycle 3.

– Le contenu de l’initiation est défini par l’Éducation nationale et la région Bretagne, en ce qui concerne les objectifs de maîtrise linguistique à atteindre en fin de cycle 3.

– La qualité de l’enseignement du breton dans le cadre de l’initiation est un des éléments de l’évaluation par le corps d’inspection.

– Les classes des autres cycles qui bénéficient de l’initiation au breton dans le dispositif actuel continuent à en bénéficier, dans les mêmes conditions qu’auparavant.

– L’initiation au breton est assurée par des professeurs des écoles ayant le DCL breton niveau 4 minimum. Si les compétences suffisantes n’existent pas au sein de l’école ou si des raisons d’organisation pédagogique posent souci en interne, l’enseignement du breton est assuré par des enseignants extérieurs dûment qualifiés. Dans ce cas, la direction départementale de l’Éducation nationale met en place une convention de partenariat avec des prestataires associatifs agréés.

– Le financement de l’initiation est assuré par l’État. »

Le dispositif d’initiation au breton (1/3)

La fragilisation du dispositif (2/3)

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