L’initiation au breton dans les écoles publiques finistériennes est fragilisée (1/3)

L’initiation au breton dans les écoles primaires publiques en Finistère est un dispositif mis en place en 2000, entre le conseil général du département, l’inspection académique et quatre prestataires associatifs qui couvrent le Finistère.

MerventLes quatre présidents, Olivier Duluck, (An Oaled), Pierre-Yves Moal (KLT), Jos Sicard-Cras (Mervent) et Bernard Gestin (Sked), souhaitent que l’initiation au breton dans toutes les écoles finistériennes se poursuive sans coupe budgétaire. L’ajournement par le gouvernement de la ratification de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, et la réforme du rythme scolaire incitent les quatre associations à interpeller les élus pour pérenniser le dispositif. Des propositions d’adaptation pour l’enseignement du breton seront présentées au président du conseil général, Pierre Maille, aux députés et sénateurs finistériens.

Le dispositifAn Oaled
KLT initie dans le pays de Morlaix, Sked aux abords de Brest, An Oaled couvre le Léon et Mervent la Cornouaille. Les intervenants de ces structures sont habilités par une commission pédagogique. Depuis juillet 2012, les associations sont agréées par le ministère de l’Education nationale.

La demande de cours d’initiation au breton, formulée par les établissements scolaires, doit être intégrée au projet de l’école. L’élève doit suivre l’initiation pendant trois années minimum. Les cours d’une durée d’une heure sont dispensés par classe entière dans les trois cycles, à l’exception des élèves de la petite section. Après acceptation de la demande par l’inspection académique, les trente séquences d’une heure par an et par classe seront mises en place par cycle (1, GS ; 2, CP et CE1 ; 3, CE2, CM1 et CM2). Les cours d’initiation à la connaissance et la pratique de la langue bretonnes sont dispensés par des professeurs salariés des quatre structures associatives.

KLTLe financement
Le conseil général du Finistère était le seul financeur de ce dispositif entre 2000 et 2007. « Le budget de cette action départementale était de 500 000 € en 2005 ». L’enveloppe budgétaire constante a amené le conseil général à revoir le financement de son initiative « pour répondre à la forte demande des parents et des écoles. »  À partir de 2007, les communes ont financé à hauteur de 15 %, puis 30 % en 2008 et 50 % en 2009. « L’objectif à moyen terme était de permettre à 18 000 élèves de bénéficier de l’initiation au breton ».

En 2010, le conseil régional de Bretagne a souhaité renforcer et développer le dispositif en s’y associant financièrement. Cette action a permis de diminuer la part financée par les communes, « de 840 € à 570 €, pour une heure d’initiation hebdomadaire par classe et par an. » Le soutien financier devait inciter de nouvelles communes à rejoindre le dispositif et les autres à cofinancer un nombre d’heures plus important. « La répartition du financement était de 50 % pour le conseil général du Finistère, 18,3 % pour le conseil régional de Bretagne et 31,7 % pour la commune ».

Les ressources et un métier spécifiqueSked
Au fil des années, les quatre associations ont développé un important centre de ressources pédagogiques constitué de plus de 1 500 références, dont 25 % sont des créations internes, adaptés à la sensibilisation des enfants au breton. « Les thèmes abordés sont adaptés à chaque tranche d’âge et couvrent un large champ de la vie quotidienne ».

La croissance rapide de l’initiation au breton, entre 2000 et 2007, a contraint les quatre structures à un recrutement rapide et important d’intervenants. Cet effort d’adaptation était demandé par « le conseil général du Finistère et l’inspection académique. » Une politique intensive de formation des salariés sur le plan pédagogique et linguistique a été mise en place. La conception et l’achat d’outils pédagogiques spécifiques étaient nécessaires.

La convention triennale signée en 1999 entre le conseil général du département, l’inspection académique et les quatre associations prestataires (An Oaled, KLT, Mervent et Sked) a fait naître une réflexion sur l’évaluation du dispositif au niveau pédagogique, sociolinguistique, organisationnel et économique. « Trois évaluations ont été menées par les inspecteurs et les conseillers pédagogiques de l’Education nationale en 2004, 2010 et 2012 ». L’enquête sociolinguistique a démontré « l’intérêt exprimé par les enfants, leurs parents et les enseignants » à cette initiation.

La fragilisation du dispositif (2/3)

Les propositions des associations (3/3)

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