Le monde équestre en Bretagne

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Elevage An Amzer Vrao

En pleine révolte contre le triplement de la TVA sur les activités équestres, force est de constater que  ce secteur et son histoire restent peu connus hors du cercle des initiés. Petite visite chiffrée du monde équestre Breton, de ses particularités et de ses derniers hauts faits.

Le monde équestre Breton, c’est en 2013 :

*60 000 cavaliers, dont un peu moins de 38 000 sont licenciés de la Fédérations Française d’Equitation (ce qui permet entre autres de participer aux compétitions officielles)

*400 centres équestres. Le plus grand est le poney-club de Guilers, fort de 650 adhérents, qui s’est distingué lors des manifestations anti-TVA grâce à ses “poneys rouges”.

*2 000 salariés qui travaillent directement pour les centres équestres.

*De très nombreux chemins de randonnée équestre réputés, particulièrement en Bretagne intérieure.

*Le 3ème sport en nombre de pratiquants, malgré sa faible médiatisation. En moins de dix ans (de 2004 à 2012), le nombre de centres équestres a augmenté de 28% en Bretagne, pendant que celui des cavaliers licenciés progressait de… 48 %. La Bretagne compte aussi deux haras nationaux, à Lamballe et Hennebont.  Créés historiquement pour contrôler l’élevage privé et fournir la France en chevaux militaires, ils sont désormais reconvertis en pôles culturels.

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S’il est bien sélectionné par son éleveur, le cheval Breton de type postier peut devenir une monture agréable en randonnée. Ici, Antic, jument primée loisirs provenant de l’élevage An Amzer Vrao à Bourbriac.

Tournés vers l’agriculture

Si l’on compte assez peu de cavaliers professionnels de haut niveau dans les trois disciplines équestres olympiques (le saut d’obstacles, le dressage et le concours complet) en Bretagne, cela tient en grande partie à l’histoire. Un prestigieux passé où des trains entiers de chevaux Bretons partaient de Landivisiau, l’élevage est donc resté très agricole sans trop se tourner vers le sport. Ce qui explique pourquoi l’on ne compte qu’une seule race équine, le bien nommé cheval Breton, trait de son état.  Lui même possède deux types, le “trait” et le postier, qui est plus léger. Le postier peut être monté sans problèmes s’il a été dressé pour la selle. La majorité des chevaux de race bretonne est toutefois élevée pour la viande.

Lorsqu’on parle de monde équestre, le nom de la Normandie revient souvent dans les conversations. La lutte pour la suprématie en matière d’élevage fut en effet sans merci, au début du siècle dernier, entre la Normandie représentée par son Fleuron, le cheval de trait Percheron, et la Bretagne. Berceau de cavaliers réputés, la Normandie compte aussi trois races de chevaux distinctes : le Cob normand (un trait léger), l’Anglo-normand (un cheval de sport fusionné d’autorité dans la race nationale “Selle français” en 1958) et le Percheron. Auxquelles on peut ajouter le poney du Cotentin, lui aussi fusionné dans une race nationale.

Mais une réputation qui monte en endurance  !

La Bretagne commence à se tailler une solide réputation dans un sport équestre non-olympique, mais présent aux Jeux Équestres Mondiaux : l’endurance. Comme son nom l’indique, l’endurance consiste à boucler le plus rapidement possible un long parcours à cheval (130 km au plus haut niveau) sans épuiser sa monture : les contrôles vétérinaires y sont drastiques !  Le parcours de Castelsagrat, couru en mai dernier (l’un des plus sélectifs), a consacré un couple (on parle en effet de “couple” pour désigner le cavalier et son cheval) purement Breton : Denis Le Guillou et Otimmins Armors. L’élevage d’Armor, situé à Kergornec, a brillé de nombreuses fois dans ce sport. Sans doutes sera t’il présent aux prochains Jeux Équestres Mondiaux, prévus pour l’été 2014 en Normandie.

Pour aller plus loin

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