Interview : William Pasquiet, artiste peintre en exposition à Josselin

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Jusqu’à Noël, la chapelle de la Congrégation, près du château de Josselin, accueille trois expositions d’artistes : Ora, peintre et créatrice de bijoux, Alexandre Delimoges, metteur en scène et auteur jeunesse, et William Pasquiet. Nous avons rencontré William, acteur et peintre né à Angers. Il nous raconte son amour de la Bretagne et son choix de s’y installer au fil d’une interview pleine de sensibilité.

Amélie Tsaag Valren : Pourquoi Josselin en particulier ?

William Pasquiet : Je me sentais à un tournant de ma vie, concernant mon métier d’acteur, en particulier à l’école du one-man-show. J’ai fait le tour de beaucoup de choses, et en venant à Josselin par hasard, j’ai trouvé la ville très belle. Il s’en dégageait quelque chose de mystérieux. D’artistique. Je suis tombé sur une maison à vendre, elle m’est apparue comme une évidence pour me consacrer à une autre passion : la peinture. J’ai été beaucoup aidé par les Josselinais et la mairie. J’ai pu ré-ouvrir une école de théâtre, et retrouver mon métier d’acteur.

J’ai ressenti l’envie de revenir à l’origine de ce que j’ai connu en démarrant dans le métier. Travailler avec des gens qui me communiquent la passion du théâtre, qui me donnent envie de découvrir le monde des auteurs, comédiens, comédiennes… avec ce travail partagé. Il est bon de redonner cela, d’avoir la sensation de partage en donnant des cours ici. Le théâtre est presque un partage spirituel-artistique : il faut redonner aux gens ce que l’on a reçu.

A. T. V. : Et la Bretagne en général ?

W. P. : Pour le paysage et l’atmosphère qui règnent en Bretagne. Moi qui adore l’Ecosse et les pays celtes mystérieux, comme l’Irlande…  On a une chance folle d’être ici, parmi ces paysages invraisemblables. Les lumières sont sublimes, c’est un vrai bonheur pour créer. L’histoire de la Bretagne est riche, ses légendes si séduisantes m’inspirent beaucoup. Les Bretons que j’ai rencontrés sont habités par cela. Ceux qui ont un certain vécu, qui ont passé un grand nombre d’années ici, sont chargés de légendes et celà se ressent. Marc, un Breton très installé, vient régulièrement à mon cours de théâtre.

Beaucoup de gens viennent en Bretagne pour l’atmosphère. En ce qui concerne Josselin, il y a une belle communion entre les josselinais et les gens qui viennent d’ailleurs. Les anglais aussi sont attirés ici.

William Pasquiet - Chapelle de la Congrégation

A. T. V. : Et pourquoi la peinture ?

W. P. : La peinture, c’est l’idée de changer de vie. J’ai commencé par peindre des choses plus douces, comme le Petit Prince ou Pinocchio. Ou des personnages de Walt Disney un peu abîmés. Pendant un an, en peignant tous les jours, j’ai amélioré ma technique et mon univers est devenu beaucoup plus flou. Plus abstrait. Plus fantomatique. Très inspiré par la peinture allemande. Celà m’a beaucoup aidé à me trouver moi-même.

L’atmosphère bretonne m’influence, sans l’ombre d’un doute. Je n’avais qu’une vague idée de ce que représentait la Bretagne, comme ceux qui y viennent en vacances une semaine… Je suis arrivé en janvier 2013, seul. J’ai pu ressentir la dureté de Josselin en plein mois de janvier. Le paysage était très beau, très froid. Brumeux et glacial. Quand le printemps est arrivé, j’ai rencontré des gens, Bretons ou non, et j’ai commencé à me familiariser avec la ville. Je l’ai vue sous un autre angle quand la froideur s’est estompée en laissant place à des paysages de printemps.

Un jour, je suis sorti à 3h du matin près du cimetière. Il y avait une lune fabuleuse et des oiseaux de nuit chantaient. Ce deuxième hiver qui arrive m’a inspiré pour aller vers quelque chose de plus fantomatique dans la peinture. J’ai de la sympathie pour Josselin, l’hiver est inspirant en matière d’art.

A.T.V. Que t’inspirent les mouvements de contestation, comme celui des Bonnets Rouges ?

W. P. : Malheureusement, je ne suis pas beaucoup l’information. Je suis venu ici pour trouver le calme et un certain apaisement. Je suis conscient de ce qui se passe, mais n’ayant pas d’idée précise, je dirai simplement qu’il est intéressant de voir qu’en Bretagne, les gens réagissent à ce qu’on leur impose. Je les trouve courageux. Comme beaucoup, l’idée « quand les gens vont-ils réagir ? » me préoccupe. Je ne me sens pas concerné, je me sens privilégié, il est de bon ton de les soutenir. J’ai entendu beaucoup de Bretons en révolte, j’espère simplement que leurs revendications seront entendues.

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