Mélenchon, le général blabla

Ainsi, à l’assemblée nationale, lors du vote sur « l’amendement Molac », la fronde anti-réunification de la Bretagne a été menée à coups de discours lénifiant par Marc Dolez, l’ex-dernier député mélenchoniste. Malgré son départ du Parti de Gauche, le groupuscule de Jean-Luc Mélenchon, Marc Dolez garde les mêmes idées et les mêmes réflexes que son ancien mentor. Celui-là même qui vient d’ailleurs de hurler à la « dissolution de la République » suite au pacte d’avenir pour la Bretagne présenté par Jean-Marc Ayrault à Rennes.

Car Jean-Luc Mélenchon est devenu le général blabla. Et son « Parti de Gauche », l’armée d’Alcazar. Beaucoup de cadres, peu de militants. Le Front de Gauche lui aura donné, un temps, une autre surface. Grâce à son OPA sur ce rassemblement de vieux tromblons, il avait réussi à exister au moment de la présidentielle. A exister et à tromper son monde. En 2012, à deux semaines du premier tour, c’était sûr, Mélenchon allait renverser l’armoire, « 15, 20, 25% peut-être ! La surprise annoncée ! » pouvait-on lire dans les médias amis. Au final, ce sera un triste 11%. Même désastre aux élections législatives suivantes. Mélenchon ira défier Marine Le Pen dans le Nord. Toute la presse amie y croit. « Le retour des communistes dans les corons » et le cirque habituel. Le leader minimo ne passera même pas le premier tour. Les prolétaires nordistes se moquent du général blabla comme de leurs première déclaration assedic. Pire, à un bourgeois parisien, ils préfèrent une bourgeoise parisienne. Triste. Mais l’une parle à la classe ouvrière de 2013 et l’autre à celle des Trente glorieuses.

Mélenchon, à l’occasion, avait pourtant poussé la logique jacobine à son paroxysme : vivant à Paris, il est député européen du « Sud-Est » (l’est de l’Occitanie) tout en se présentant à Hénin-Beaumont, dans le Nord Pas-de-Calais. Les électeurs, en plus de ne pas souscrire à ses idées, n’avaient, apparemment, pas apprécié le côté absurde de la situation.

Depuis cet échec, c’est manif et re-manif. Pour exister. Manifs anti-bonnets rouges, manifs à Paris tous les 4 jeudis. Et la « révolution citoyenne » tous les matins. A chaque fois, les chiffres des participants sont sur-gonflés. Jusqu’à sombrer dans le ridicule. De savants calculs pour démontrer l’indémontrable et nier les évidences. Le monde entier se fout de lui. Il continue quand même. Avec la foi du dernier apache. Et puis dans le monde de Mélenchon les gens votent avec ses pieds. Hélas, même si le Front de Gauche manifestait 10 fois par jour, il ne pourrait pas cacher son recul inexorable dans les urnes. En France, il recule devant le Front National. En Bretagne, devant les bonnets rouges. Les manifs syndicales téléguidées par les amis de Mélenchon et le Parti Socialiste n’attirent que les rares convaincus, les manifs bonnets rouges attirent, eux, le peuple breton.

Alors, Mélenchon joue et surjoue le général blabla. Dans la marrade générale. Comme Marchais à la grande époque ! « Lilianne », « les valises » tout ça … Un parfum d’enfance pour les trentas et quadras du Front de Gauche. Un souvenir de la quarantaine flamboyante pour les vieux retraités du PC. Comme la mère Denis et les Pif Gadget. C’était le bon temps…

Le problème de Mélenchon, c’est qu’il est resté bloqué à cette époque. L’avant 81. Les beurs étaient assassinés par des gros cons racistes et il fallait maintenir l’union de la gauche à tout prix. « Pour changer la vie enfin ». Mai 81, Mitterrand allait mettre du bleu au ciel et les « travailleurs immigrés s’intégreraient grâce à la force fraternelle de la classe ouvrière ». En 2013, le réveil est terrible et quelque chose s’est cassé entre la gauche et le peuple. La classe laborieuse n’est plus du tout dans les idéaux merveilleux et le Parti Socialiste a trahi tout ce qui pouvait l’être. Mais Mélenchon et son clan continuent d’appeler de tenir le même discours et à appeler à voter PS au second tour, voir même au premier. « L’Union de la Gauche » toujours. Et puis, tout ce petit monde vit dans une bulle. Plus aucune prise avec la réalité. Ou plutôt, plus aucune envie d’être la courroie de transmission du peuple. Car le peuple « pense mal » désormais. L’électeur prolo, dans le secret de l’isoloir, préfère défendre égoïstement sa maigre gamelle à lui, plutôt que de la partager avec « l’Autre ». Et « l’Autre » en question, tant patiné par Mélenchon, n’en a rien à foutre du Front de Gauche et du communisme impie. Marchais parlait au peuple, Mélenchon parle aux « quartiers ». C’est partageux mais c’est suicidaire. Mathématiquement, le « tournant social » du FN aura achevé le PC et affiliés.

En Bretagne, les bonnets rouges sont un grand mouvement populaire. Toutes les classes sociales. Le Peuple avec un grand P. Et Mélenchon est encore à contre-courant. C’est ça le drame de Mélenchon. Il est totalement en phase avec les absurdités de quelques turlupins bobos et trois-quatre leaders syndicaux, par contre il est à contre-courant de l’immense majorité de la population.

Pourtant, la bulle autour de Mélenchon est solide et ressemble de plus en plus à une cour. Sur les réseaux sociaux, dans les blogs, la garde rapprochée du Parti de Gauche en fait des tonnes dans l’adulation et la méthode Couée. Son gendre, Gabriel Amard, met consciencieusement toutes les photos où il apparaît aux côtés du « Grand Homme » sur son Facebook ou sur son blog. François Delapierre et Alexis Corbière, les lieutenants, rivalisent dans l’idôlatrie dégoulinante. Chaque phrase du monument de la pensée de gauche est qualifiée de bonheur réthorique et ses adversaires de débats radiophoniques ou télévisuels sont tous systématiquement jugés « humiliés par Mélenchon ». Dans les commentaires des aficionados en tout cas. Dans la réalité, Mélenchon joue surtout au général blabla. Comme un rituel, à chaque interview, il annonce une nouvelle manif, qui rassemblera encore un peu moins de monde que la précédente.

Car Mélenchon ne fait plus peur à personne. S’il est invité sur les plateaux télé, c’est qu’il est un bien meilleur client que Pierre Laurent, l’inconnu du PC. Et puis, la loi impose de respecter une certain équité. Alors, puisqu’il n’y a plus rien à espérer, que le iPC galope derrière le PS à chaque élection pour ne pas perdre ses derniers fiefs et que la classe ouvrière file vers Le Pen ou les Bonnets Rouges, Mélenchon se barbouille une posture « défensiste ». « On défend les acquis ! » « On défend la République ! » Plus de conquête, « on défend », comme Fort Alamo.

Malheureusement, en matière de « défense des travailleurs », la mère Pinpin lui a déjà tout siphonné. Elle annonce qu’elle défend « les travailleurs français », lui claironne qu’il défend les « travailleurs tout court ». Or, sur la question de l’intégration, les réalités ne sont plus les mêmes que les Trente Glorieuses. Mais Mélenchon ne veut pas l’entendre, ne peut pas l’entendre. « Le peuple est un con ». Mais Mélenchon ne sait plus ce qu’est un travailleur. Ne parle plus aux travailleurs. Il parle aux permanents syndicaux, aux attachés parlementaires, aux bobos profs de philo, aux étudiants de fac de sociologie.

Il ne reste donc plus à Mélenchon que la « défense de la République » pour exister. Or là aussi, le FN apparaît comme un concurrent imbattable. Aussi patriotards et jacobins l’un que l’autre, le discours du FN fait mouche à Orléans ou Brie Comte-Robert, celui du Front de Gauche entraîne l’indifférence. En Bretagne par contre, les deux dégoûtent. Parce qu’ils se confondent avec le refus de toute avancée institutionnelle, de toute autonomie, que les bretons réclament pourtant à binious et à cris. Le Pen est un danger, Mélenchon, lui, est hors-jeu, hors du temps présent. Bla…bla…bla…bla

Alors puisqu’il n’y a pas de vrais rebelles à gauche et que le mouvement breton n’est pas encore mûr pour les victoires, les électeurs dégoûtés de tout vont aller voter FN. Malgré le discours jacobin écoeurant.

Mélenchon, lui, comme avant chaque élections, va encore pérorer. Annoncer des scores olympiques ! « La gauche citoyenne et patriote » est de retour, « la révolution citoyenne », tout ça.

Et il va se planter encore une fois…

27 COMMENTS

    • Ce site et votre commentaire ? Ce sont la preuve que Mélenchon et son fan club sont vraiment profondément bien dans la merde s’ils s’imaginent que seuls leur plus proche camarade en jacobinie qu’est le FN est le seul à les avoir parfaitement décryptés !!! Et depuis Françoise Morvan, on sait bien qu’il existe quelques cocos ultra-jacobins et anti Bretagne dans les rangs des « défenseurs » de la langue …

  1. Quand on a fini de lire ce texte rempli de mensonges envers Mélenchon , on se demande pourquoi il a été écrit ; en effet soit l’auteur est convaincu de ce qu’il raconte et dans ce cas si Mélenchon est aussi insignifiant à quoi sert de tirer dessus à bonnets rouges. Mais un observateur de la chose politique un peu au courant de l’antimélenchonisme ambiant comprend autre chose confirmé par les mensonges contenus dans le texte. En résumé voici une tentative de décrédibilisation de plus qui prouve que Mélenchon, par son engagement
    politique propose des solutions qui ne plaisent pas aux adeptes de la pensée unique libérale .

  2. Bla bla, bla c’est bien de cela dont il s’agit. Même pas envie de lire jusqu’au terme tellement c’est lourding de donnees mal digérées. Oui il existe bien des bretons nigauds.

  3. « Un triste 11pour cent! »
    Mais c’est énorme quand Marie Georges Buffet faisait 1,9 pour cent.Vous dites n’importe quoi.
    « Des média amis »!!!non mais vous lisez les journaux!
    Vos écrits sont toujours emprunts d’anticommunisme.Je ne sais d’ou vous écrivez mais chez moi dans le Trégor les gens voient ce que les élus communistes font pour la langue et la culture bretonne,nous étions les premiers à le faire d’ailleurs avec Marcel Cachin ou Yann Sohier!
    Vous n’etes pas dans la réalité du terrain en bretagne.

    • Pardon, mais il n’est nul besoin d’être anticommuniste pour être anti-Mélenchon.
      De plus, la comparaison de cet énergumène avec les élus locaux du Trégor prête à sourir. De son côté, Mélenchon a toujours affiché publiquement son mépris pour les « provinciaux », que ce soit en assimilant Diwan à une secte, ou en traitant les normands d’arriérés …

      Quant au commentaire bien senti de vuoso, non mais quelle grosse marrade !
      D’une, si une majorité de la population issue des milieux modestes pouvait ne serait-ce qu’encadrer votre idole, ses scores ne seraient pas aussi bas.
      De deux, c’est à se demander qui en a une, de cuillère dans la bouche. Vous savez combien il touche par mois le champion du prolétariat ? Pas moins de 6 500€. Voilà qui fait réfléchir, non ?

    • Moi qui suis issu d’une branche gaucho-gauchiste (premières réu pcml à 12 ans avec une tante à moi !), je vous trouve bien mal inspiré de défendre ce gros minable qui n’a rien d’un homme de gauche. Il ne FAIT rien, et ne sait que faire des phrases, agiter les bras. De plus, il est ridicule dans le costume de l’homme du peuple, sauf à considérer que l’homme du peuple doit être populiste ! Il est, effectivement, aussi dangeureux que tous les « national-socialistes » qu’ils soient de « gauche » ou de droite, voire pire en ce sens qu’il est un imposteur écouté par des naïfs pour les jolis bruits qu’il émet.

        • Pitoyable torchon, lamentable propagande libérale, pathétique bla bla visant à se rassurer peut-être ? A tenter de manipuler une fraction de l’opinion ? Pour ceux qui n’auraient pas assisté au dernier rassemblement du Front de Gauche, je les invite à visionner les images, ils pourront se faire un avis objectif sur l’ampleur de la mobilisation, par une froide journée presque hivernale. Non, la photo n’est pas truquée : http://www.directmatin.fr/france/2013-12-01/mobilisation-paris-avec-le-front-de-gauche-624784
          Le Front de Gauche, c’est la renaissance du Front populaire, Le Front de Gauche c’est le peuple !
          Le peuple qui s’unit peu à peu face aux mensonges permanents, à l’injustice sociale imposée successivement par des clans politiques corrompus au service d’une micro-minorité d’ultra-privilégiés qui s’accaparent tout et dont l’avidité est sans limite. Assez d’usines fermées, de délocalisations, d’ouvriers jetés à la rue, de salaires minables, de retraites repoussées jusqu’à la mort, de dumping social. Assez d’Europe des technocrates et du capital, de politique assujettie aux diktats ultra-libéraux de Bruxelles/Merkel et consorts, assez du pouvoir écrasant de la finance, banques/actionnaires/spéculateurs, assez de désinformation et de médias vendus pour la majorité aux intérêts des oligarques. Nous ne voulons pas non plus du « grand marché de l’esclavage transatlantique ». La révolte gronde et les temps vont changer.

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