Les mères ont-elles une âme ?

fete des pèresSelon le Ministère de la Justice, 79% des jugements de divorce prononcés en 2003 ont fixé le domicile principal des enfants chez la mère. Un chiffre qui n’a pas beaucoup varié depuis, puisqu’en 2009 ce taux était de 74%… Une discrimination largement admise dans notre société, les pères étant supposés pouvoir facilement supporter la séparation d’avec leurs enfants.

Une légende tenace, dénoncée par l’Eglise catholique, voudrait que le Concile de Macon (585) se soit prononcé sur le fait de savoir si les femmes avaient une âme. Mais si cette question absurde n’a jamais été abordée par les ecclésiastiques, d’autres idées – jugées aujourd’hui farfelues – ont été assénées et partagées au cours des siècles. Des affirmations devant être acceptées par la population comme des vérités.

Ainsi de Platon, qui écrivait que « ce sont les mâles seulement qui sont créés directement par les dieux et à qui l’âme est donnée…ce sont évidemment les seuls hommes qui sont des êtres humains complets » (Timée 90e). Ainsi également des philosophes grecs, qui considéraient que les esclaves étaient des « biens qui respiraient. » Principe repris dans le code noir rédigé par Colbert en 1685, qui précisait que l’esclave était « un bien meuble ». Ainsi de la controverse de Valladolid en 1550, qui devait trancher l’épineuse question de savoir si les indiens avaient une âme. Ainsi du code Napoléon rédigé en 1804, qui indiquait que « la femme et ses entrailles étaient la propriété de l’homme et qu’il en faisait donc ce que bon lui semblait. »

Aujourd’hui, il semble naturel que 74% des pères ne voient leurs enfants qu’un week-end sur deux. A notre époque, il semble acquis qu’un père soit supposé pouvoir supporter ces séparations à répétition, alors même que la majorité des mères dissimulent mal leur émotion et versent leur petite larme quand leur enfant part une semaine en classe de découverte… Alors je dis que les hommes sont des êtres sensibles dotés d’émotions, et qu’ils sont tout autant attachés affectivement à leurs enfants que les femmes. Je dis que les enfants sont des êtres sensibles  doués d’émotions, et qu’ils sont tout autant attachés affectivement à leur père qu’à leur mère. Il serait temps que la majorité des mères retrouve leur âme, et se prononce en faveur de la résidence alternée.

4 COMMENTS

  1. Bien sur c’est plutôt mal écrit… Mais le fond de l’article est plus embarrassant encore. Et l’intérêt des enfants ? Pourquoi ne jamais l’évoquer ? Pour faire passer votre colère : pourquoi ne pas interdire aux femmes d’être enceinte ? Et vous, est-ce que vous aimeriez faire vos valises chaque semaine pour changer de maison, se conformer à de nouvelles règles, côtoyer de nouveaux copains ? J’ai trop souvent assisté à de telles scènes… Et pour anticiper vos remarques : c’est un jeune père qui vous parle !

    • Le titre et le ton de l’article sont bien entendus provocateurs. Je comprends votre réaction, qui semble s’enraciner dans une émotion personnelle. Vous parlez de l’intérêt de l’enfant. Là est le cœur de la question, en effet. Vous aurez compris que je suis père également. Par rapport à mon histoire personnelle, qui n’est que la mienne, mes fils avaient écrit au magistrat. L’un a dit ceci « je ne suis pas trop petit pour écrire. Je ne suis pas trop petit pour savoir ce que j’ai besoin. Et mon papa ne supporte pas de nous voir un week-end sur deux et moi aussi » (8 ans). « Si j’écrit cette lettre c’est pour vous dire que le jour de mon anniversaire j’ai eu le cœur brisé ce qui fit basculer ma vie d’un seul coup. Puis nous nous sommes tous assis contre le mur de la bibliothèque pour pleurer, car être séparé d’un de ses parents c’est… C’est comme mourir. Donc réfléchissez bien : soit vous changez d’avis soit vous me séparé moi et mes frères de notre père et vous ne faite pas votre travail en tant que juge car votre travail c’est de nous rendre plus heureu non ? Et bien vous faites tous le contraire. Je ne suis pas trop petit pour savoir ce que je veux c’est ma vie, pas la vôtre, ni celle de ma mère. Cette lettre vous dis aussis que je sait ce qui est bon pour moi ! (10 ans)
      Mes enfants avaient demandé, ainsi que le droit le permet, d’être entendus par le juge. Ce qui avait été rejeté « compte tenu du jeune âge. » Au nom de l’intérêt des enfants…ils n’ont pas à être entendus. C’est paradoxal mais heureusement pas systématique.
      Vous dîtes qu’il faudrait alors interdire aux femmes d’être enceintes. Il me semble que le désir d’enfant ne doit pas faire oublier que l’enfant aura deux parents, même en cas de séparation. Il n’est pas une propriété. Votre remarque sur le changement induit par les deux maisonnées est classique. C’est cependant le cas lorsque l’enfant va en crèche, parfois fort jeune, à l’école, en centre aéré, etc. Il est alors fait l’apologie du changement de règles, qui aide à se construire et à s’insérer dans la société. Comme le fait d’être bilingue, qui est plus un atout qu’une tare. Et si j’abondais dans votre logique, il serait même opportun que ces enfants soient complètement coupés de leur père. Il est en effet plus perturbant de faire ses valises tous les 15 jours que toutes les semaines. Valises qui se réduisent d’ailleurs au cartable, car les enfants ont leur univers, leurs jouets et leurs vêtements chez les deux parents. Toujours est il que ces enfants sont alors confrontés à nouvelles règles (mais les règles de leur père sont elles si nouvelles, est il si étranger à leur vie ?), à une nouvelle maison, à de nouveaux copains. Par quelle sorte d’étonnant humanisme pour le père lui accorde-t-on un droit d’hébergement si perturbant pour l’enfant…
      C’est un sujet délicat car il suscite de vives émotions. Mais le débat est biaisé car les personnes les plus concernées en sont absentes. Si chaque cas est différent et qu’il n’y a donc pas de vérité absolue, il me semble toutefois que la parole de l’enfant devrait être prioritaire. Une parole recueillie en dehors da présence parentale, forcément inhibitrice ou « orientatrice ».

  2. Il faut développer la garde alternée et refuser que les ex-époux se servent de documents médicaux afin de retirer la garde des enfants à l’un des parents. Que de souffrances que vivent les divorcé(es) de ne pas pouvoir passer Noel en famille, comme avant, à déballer les cadeaux, voir les sourires émerveillés de leurs enfants et éventuellement petits-enfants. Que de gâchis, que d’argent gaspillé en frais et procédures judiciaires lorsque les ex-époux ne s’entendent plus. Que de solitude…….

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