Le tunnel de Kerino à Vannes doit être financé par l’Etat

C’est une pomme de discorde ces dernières années, le tunnel de Kerino. L’opportunité d’avoir entamer ces gros travaux et son financement sont au centre des débats.

Le tunnel vu par Vannes 2014, conception Air Toon (c)
Le tunnel vu par Vannes 2014, conception Air Toon (c)

A raison de 17 000 véhicules qui empruntent l’actuel pont au quotidien, cet endroit est le lien incontestable entre l’Est et l’Ouest de la ville. En 1986, lors de sa construction les Vannetais disaient déjà que la solution d’un modeste pont ouvrable, partagé avec le trafic des bateaux de plaisances (7500 entrées et sorties par an), serait rapidement caduque. Le développement des quartiers résidentiels en Séné à l’Est de Vannes, l’accès au Parc d’Innovation de Bretagne Sud et la création très tardive d’un campus sur les hauteurs de Tohannic ont confirmé cette prévision.

 

Une solution incontestable

Ce n’est pas la solution d’un tunnel qui est contestable mais son coût et le manque d’anticipation des élus depuis les années 80. Le problème soulevé est à lui seul un témoignage criant du manque d’aménagement du territoire et de concertation dans la communauté d’agglomération. Les élus ne pensent Vannes qu’au moment des élections.

Plus globalement, il apparaît qu’en Bretagne l’indécision et le manque de courage politique est responsable de bricolages incessants : un peu partout, on construit une route minimaliste, puis une seconde de délestage, puis on envisage de nouveaux travaux comprenant des voies provisoires de délestages… Bilan des opérations : un coût pharamineux sur plusieurs années et une large destruction irrémédiable de l’environnement.

Pour ce qui concerne, l’aménagement du secteur de Kerino, la situation devient rocambolesque puisque le projet ne pense pas la destruction de l’actuel pont. Serait-ce la nostalgie du bidouillage passé pour embêter un peu plus les Vannetais et vider leur porte-monnaie ?

 

Le coût des opérations : les Vannetais vont rembourser pendant 28 ans

Evalué à 76 millions d’euros, la ville de Vannes devra rembourser pendant 28 ans cet ouvrage, avec un loyer moyen annuel de 2,72 millions d’euros. Sont inclus dans le coût, la construction du tunnel, deux parkings et des opérations de dragage du fond du port. La totalité de ces opérations, dont l’entretien de l’ouvrage et l’ménagement des espaces verts, est confiée à la société de BTP Vinci. La privatisation du domaine public vannetais s’est considérablement accélérée ces dernières années, jusqu’aux offices de HLM (voir : http://vannes2014.eu/fr/?p=659 ).

 

Et si nous avions le traitement de faveur réservé aux Parisiens ?

L’aménagement du territoire est en France encore décidé à Paris et pour Paris. Le budget y est véritablement réquisitionné. Depuis 1982, Paris redistribuait des miettes aux « Régions » ; or, le projet de « Grand Paris » se caractérise désormais par un véritable hold-up sur ces minuscules budgets décentralisés. Ainsi, au niveau départemental, nous avons observé un gel des dotations pendant plusieurs années, c’est désormais une baisse de 6 %.

Pourtant, nous sommes en Bretagne très ponctionnés alors pourquoi financer la centralisation, notre tombeau ? La ligne LGV pour rapprocher Rennes – Nantes de Paris en est le comble du comble : financée en grande partie par les Bretons pour un projet en dehors de Bretagne… Le tout pour accélérer le départ des actifs hors de Bretagne…

 

Un financement non vannetais est un dû !

Vannes 2014 s’engage à tout mettre en œuvre pour que la municipalité participe à la création d’un collectif de défense des intérêts bretons. La fiscalité doit être levée et distribuée en Bretagne. Des budgets dignes de l’Ecosse, du Pays de Galles ou encore de la Catalogne permettraient à des dotations aux municipalités et communautés d’agglomération de financer clairement nos infrastructures.

Ce changement ne se fera qu’en reléguant les représentants locaux des partis responsables de notre endettement aux oubliettes : à Vannes, ce sont l’UMP, les deux PS (l’officiel et celui passé au centre), les très centralistes et souverainistes FN et Front de Gauche.

Tant que la voie de l’émancipation n’est pas choisie par l’électorat, il n’y a aucun raison que notre contribution à l’Etat soit brûlée dans un aménagement du territoire à notre détriment. Ainsi, le tunnel de Kerino doit être un investissement principal de l’Etat, au nom de l’équilibre et de l’équité dans l’aménagement du territoire.

 

Pour Vannes 2014,

Bertrand Deléon.

2 COMMENTS

  1. Le tout automobile individuel, confirme par ce tunnel est une ineptie. La voiture a besoin d’espaces que la ville ne peut lui accorder. Donc il faut partager l’espace publique par les transports collectifs routiers, le convoiturage avec des parkings dedies en centre ville et gratuits, et l’utilisation massive du velo par une ville apaisée, zone 30, et des stationnements velos securises. Vous avez du chemin mais c’est la seule solution. Amsterdam vise 40 % des deplacements en velo, Strasbourg en fait 8%, ce ne sont pas des villes ringardes. A vous de copier, il y a des compétences en France.

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