Nantes, après les violences de samedi Mgr Jean-Paul James appelle à la discussion

En pleine campagne pour les élections municipales de mars prochain, les candidats se sont tous pressés sur le pavés nantais fin de prendre position. Ainsi la candidate socialiste, Johanna Rolland première adjointe du maire PS et candidate à Nantes répondait aux nombreux journalistes Cours des cinquante otages dimanche matin sur les événements de la veille. Elle était accompagnée de Patrick Rimbert, l’actuel maire de Nantes, qui annonçait sa décision de porter plainte contre les casseurs. L’annonce avait fait son effet au motif du respect de l’Etat de droit.

C’est dans un style plus apaisé, hors de toute campagne promotionnelle, que Mgr James s’est exprimé hier dans un communiqué de presse. Il manifeste son soutien à « toutes les personnes victimes de tels heurts et dégradations ». « Ces violences ne résolvent rien » dit-il. Il rappelle aussi qu’il « ne saurait être question de confondre les auteurs de ces actes avec ceux et celles qui ont voulu manifester dans le calme ». 
L’évêque de Nantes termine par une position en fin de communiqué « Catholiques, nous savons combien la création et le respect de l’écologie nourrissent notre humanité. Nous savons aussi que les provocations et les indignations ne remplacent pas la réflexion. »

Communiqué de Mgr Jean-Paul James, évêque de Nantes,
à propos des violences perpétrées à Nantes samedi 22 février 2014

Les nantais sont sous le choc. Devant les scènes de guérillas urbaines et les saccages au cœur de leur ville, pendant la manifestation anti-aéroport Notre-Dame-des-Landes, beaucoup sont effarés. Devant le déferlement de violences samedi après-midi, il ne saurait être question de confondre les auteurs de ces actes avec ceux et celles qui ont voulu manifester dans le calme.

Je souhaite exprimer ma profonde sympathie aux commerçants, aux riverains et à toutes les personnes victimes de tels heurts et dégradations. Bien au-delà de la communauté nantaise, des réactions de honte sont exprimées. Faut-il rappeler que nous vivons dans un état de droit ?

Je condamne avec la plus vive fermeté toutes violences et atteintes aux personnes, aux biens publics et privés. Ces violences ne résolvent rien. Bien au contraire, elles ne font qu’accentuer le climat délétère devant le dossier complexe du projet d’aéroport.

Seul un dialogue auquel chaque partie devrait se rallier avec la prise en compte des différents enjeux et le respect du processus démocratique pourront, dans cette affaire, servir le bien commun et sortir de l’impasse. Catholiques, nous savons combien la création et le respect de l’écologie nourrissent notre humanité. Nous savons aussi que les provocations et les indignations ne remplacent pas la réflexion. Notre foi chrétienne nous invite à participer, comme tous les citoyens, aux débats politiques avec une question essentielle : comment édifier une civilisation plus humaine ?

Jean-Paul JAMES,
évêque de Nantes 

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