Municipales : Entretien avec Lionel Henry, historien et conseiller municipal sortant à Montreuil le Gast.

Lionel Henry, conseiller municipal sortant sur la liste « Vivre et agir ensemble’  à Montreuil le Gast, commune au nord de Rennes, et conseiller communautaire du Val d’Ille.

Bonjour. Pouvez-vous vous présentez en quelques lignes ?

LH : Je suis professeur d’histoire géo, né en 1970 à Rennes dans une famille modeste d’ouvriers. C’est l’école publique qui m’a permis de sortir d’un chemin tout tracé du fait de ces origines. Cette école publique aujourd’hui mise en cause, comme la plupart des services publics, par une idéologie ultra-libérale…

Militant breton depuis le lycée, j’essaie de défendre le principe de l’autogestion : la cellule communale, comme l’entreprise, est le lieu idéal de la souveraineté populaire, de l’expression démocratique directe. Personnellement, je me situe dans le cadre de la gauche bretonne favorable à une autonomie renforcée, librement choisie et définie par les Bretons eux-mêmes. Candidat aux municipales de 1995 à Rennes (candidat d’ouverture avec les Verts), de 2001 à Montreuil le Gast (liste alternative), j’ai été élu, comme la quasi totalité de la liste DVG ayant chassé une liste DVG proche du PS, dès le premier tour de 2008. Je suis également devenu conseiller communautaire sur le territoire du Val d’Ille. J’ai été l’un des deux membres de la mouvance radicale bretonne à participer à la liste Europe Ecologie Bretagne (Verts+UDB) lors des régionales de 2010.

A côté de ces engagements, j’ai rédigé quelques ouvrages sur la question bretonne : FLB-ARB, L’histoire (2006), Dictionnaire biographique du mouvement breton (fin 2013), participation à Histoire de l’UDB (avec JJ Monnier, 2014),… J’ai également participé à la réalisation du double documentaire vidéo consacré à l’histoire du FLB, diffusé sur France 3 en 2013.

Pouvez-vous présenter succinctement votre commune ?

Montreuil le Gast est une commune située dans le pays de Rennes, à 16 km de la capitale régionale. Bien que proche de Rennes géographiquement, cette commune de 2000 habitants appartient à la communauté de communes du Val d’Ille. Les élus communautaires, autant que les habitants, refusent l’intégration forcée dans Rennes Métropole, défendue par les élus rennais et le préfet. Nous avons bataillé pour rester indépendant, attachés à une forme de gouvernance démocratique et opposés à une métropolisation du territoire breton sur les deux capitales, Rennes et Nantes.

Vous êtes conseiller municipal sortant. Quel bilan tirez-vous de votre expérience ?

Ce mandat m’a permis de participer activement à la vie de la commune et du Val d’Ille, de m’y faire entendre. J’ai assuré la rédaction d’une chronique sur le patrimoine local et l’histoire de la Bretagne (frontières, langues, rois,…). Il s’agissait de donner aux habitants quelques notions d’histoire locale et bretonne. Un ouvrage devrait en être tiré prochaînement.

Pouvez-vous nous présenter les grandes lignes du programme de votre liste en matière économique, sociale, d’aménagement du territoire et écologique ?

La liste défend quelques points forts comme la création de nouveaux équipements au service de la population, l’accueil de nouveaux habitants (mixité sociale), le soutien au lien social et au développement durable et la défense de la vie communautaire face à la métropolisation du territoire. Surtout, l’équipe défend l’idée d’une vie de village refusant de devenir une cité-dortoir. Nous avons mis sur pied une ambitieuse politique en faveur de la jeunesse qui porte ses fruits.

Quel travail a été effectué et sera effectué par l’équipe municipale en place sur la langue bretonne ?

Honnêtement, rien ! C’est la difficulté. Nous sommes en pays gallo et l’idée peut vite germer que nous faisons du colonialisme « bas breton » en Haute-Bretagne. J’ai envisagé un moment de mettre en place des cours d’initiation au breton mais n’ai pas eu le temps d’aller plus loin. Il y a une demande locale. Il y a de nombreux Bretons de « l’Ouest » sur la commune. Il n’est pas rare d’entendre parler breton, y compris en conseil municipal sortant (3 brittophones dont deux adjoints). Il y a sans doute un travail à faire sur la question de la langue, peut être avec la réforme des rythmes scolaires. Sur la même idée, le rassemblement de plusieurs musiciens trads locaux est en passe de déboucher sur la création d’un bagad local.

Quelle est la position de votre liste et la votre sur la réunification ?

J’ai fait voté, à l’unanimité, en 2011, je crois, le voeu de Bretagne Réunie sur la réunification. Avec un maire et un conseil pas très chaud au départ. Notre voeu a même permis de relancer un temps la campagne de voeux de Bretagne Réunie.

La Catalogne a organisé une consultation populaire par vote sur l’indépendance de leur pays. Ce type d’auto-organisation a été repris en Bretagne par 44=BZH lors d’une votation citoyenne sur la réunification de la Bretagne. Quelle est votre position sur ce type de consultation ?

Personnellement, et cela n’engage que moi, le référendum d’initiative locale ou populaire est l’essence même de la démocratie. C’est l’expression directe de la volonté populaire. A mettre en relation avec l’attitude fermée, sectaire d’un Jean-Marc Ayraut qui balaie d’un revers de main une volonté démocratique clairement exprimée et portée par les 2/3 de la population.

Merci beaucoup et bonne fin de campagne !

Extrait reproduit grâce à l’accord de Bretagne-info.com

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