Home Actualité Information Bretagne - 7seizh.info Frondes bretonnes : l’étrange manière de ficher les Bonnets Rouges

Frondes bretonnes : l’étrange manière de ficher les Bonnets Rouges

Copyright : ©2014 Sam Le Flasher / 7seizh.info - Toute reproduction interdite sans l'autorisation de l'auteur.
Copyright : ©2014 Sam Le Flasher / 7seizh.info – Toute reproduction interdite sans l’autorisation de l’auteur.

Samedi dernier, une manifestation de soutien des Bonnets Rouges à l’association de défense de Brocéliande était organisée par le comité local des Bonnets Rouges. Malgré un communiqué paru sur Facebook qui désapprouvait l’action, les Bonnets Rouges étaient parfois venus de loin pour une opération écologique et la défense d’un haut lieu de la mythologie bretonne.

Un rassemblement comme baroud d’honneur

Depuis quelques jours, l’association de défense de Brocéliande avait annoncé que tous les recours contre la construction de cette décharge géante en lisière de forêt, étaient épuisés. Puis elle avait prononcé sa dissolution. Des Bonnets Rouges du secteur avaient malgré tout souhaité attirer l’attention sur cette partie perdue en officialisant leur soutien aux membres de cette association.

Une manifestation bon enfant

stan 11La journée des Bonnets Rouges a donc commencé avec l’opération « pique-nique sur le pont » de Plelan-le-Grand, à quelques dizaines de mètres d’un portique Ecotaxe. Les forces de l’ordre avaient été envoyées en nombre dès le matin pour sécuriser le symbole de la fronde bretonne. Une voie neutralisée de chaque côté entraînant une perturbation de la circulation pour rien puisque les manifestants avaient annoncé que leur objectif était de faire la jonction avec les militants anti-décharge.

stan 10En début d’après-midi, les Bonnets Rouges se sont donc déplacés sur les lieux du chantier pour une protestation symbolique et détendue.

Après le rassemblement devant la future déchetterie de Gael, les participants ont annoncé la dispersion d’une journée de mobilisation vers 16h00. Puis ils ont tranquillement rejoint le parking où  étaient garés leurs véhicules à quelques centaines de mètres du chantier. Les gendarmes de brigades dépêchés sur les lieux pour veiller à la sécurité de tous, ont fait le chemin du retour à pieds aux côtés des manifestants.

Ce joyeux monde chahutait bruyamment, il faisait encore beau en cette fin d’après-midi frileux. Le printemps était là et chacun avait passé un bon après-midi au grand air. Tout le monde était de bonne humeur.

Un inquiétant photographe

Gendarmes en balade à Brocéliande
Gendarmes en balade à Brocéliande

Soudain, au bout de la rue, trois gendarmes en tenue d’intervention apparaissent. Ils restent à distance. A quelques mètres d’eux, un homme cagoulé prend des photos. Il mitraille.

Malgré sa cagoule et pourtant protégé par mes trois gendarmes en tenue d’intervention, il se maintient volontairement hors de tout contact. A l’approche de notre équipe (2 photographes, appareils photo en bandoulière, et un rédacteur, sans bonnet rouge bien sur) il prend la fuite. Nous ne pourrons l’approcher à moins de 50 mètres. Et les trois gendarmes procéderont à un contrôle d’identité mal fagoté pour nous retarder et le laisser atteindre son véhicule garé plus bas.

Au second plan, les photographes des renseignements français à Brec'h
Au second plan, les photographes des renseignements français à Brec’h

Est-ce leur nouvelle manière de percevoir le mouvement de Bonnets Rouges ?
A Brec’h, nous n’avions relevé aucun photographe des forces de l’ordre cagoulé. Les services de renseignement en avaient missionné plusieurs, mais aucun n’était cagoulé. Habillés en civil, ils s’étaient mêlés aux manifestants vraiment sans se cacher. Pourquoi ce changement depuis mi-février ?

Par où/qui commencer ?

A Brocéliande ce samedi, les services de renseignement avaient à nouveau envoyé quelques hommes pour ficher. Il est vrai que la tâche est grande pour établir la carte d’un mouvement populaire tout neuf. Des années qu’il ne se passait plus grand chose en Bretagne. A part la poignée de militants bretons les plus agités -dont beaucoup ont rejoint leur dernière demeure- bien fichés par les forces de l’ordre, il faut dire que le sommier est bien maigre sur ce mouvement d’ampleur. Par où/qui commencer ?

stan 4Alors à chaque manifestation, qu’elle rassemble 10 ou 500 personnes, les personnels de l’Etat enquêtent, photographient, s’inquiètent. Et ils s’inquiètent beaucoup ! Une cellule spéciale Bonnets Rouges a même été créée à Quimper. Pourtant, à l’heure du selfie, il suffit d’aller faire un tour sur Facebook pour trouver, en temps réel, les images des actions en cours et donc des participants.

450Sans doute surpris de voir leurs visages étalés sur les groupes Facebook au lendemain de la manifestation de Brec’h, ils viennent désormais cagoulés. S’il y a encore quelques temps, le manifestant était complexé et craignait l’autorité, aujourd’hui il est devenu lui-même photographe de son photographe. Et si l’avenir était rose, cela n’inquiéterait sans doute personne au temps du selfie.

Mais le port de la cagoule pour cacher les visages des agents du renseignement intérieur laisse entrevoir un perception bien différente de la situation actuelle. Faire débarquer un homme cagoulé à ce moment de dispersion a, bien justement, créer un malaise et une tension, inexistantes jusque là, chez les manifestants. Un sentiment d’inquiétude et d’insécurité s’est alors installé au point que le chef de brigade de gendarmerie présent est lui-même allé en quête d’information.

La cagoule comme ultime provocation

Le photographe des services de renseignement prend la fuite en voiture lors de la charge des Bonnets Rouges. Photo : copyright Cyrille K./7seizh.info. Toute reproduction interdite.
Le photographe des services de renseignement prend la fuite dans une Clio bleue immatriculée dans le Finistèr lors de la charge des Bonnets Rouges à Gael (35). Photo : copyright Cyrille K./7seizh.info. Toute reproduction interdite.

Si on ne peut douter que ces agents de l’Etat ne craignaient pas la dangerosité des joyeux manifestants présents, le port de la cagoule a plutôt été vécu comme l’ultime provocation. D’ailleurs, les Bonnets Rouges ont réagi en chargeant. Une vingtaine d’entre eux ont chargé les 3 militaires et le photographe. L’homme a pris la fuite, les militaires ont protégé sa fuite. Et quand des Bonnets Rouges déterminés ont décidé de prendre leurs voitures pour le poursuivre, là encore la voiture banalisée des militaires et celle des gendarmes de brigades ont bloqué la route laissant s’échapper l’inconnu à l’appareil photo sur les routes de campagne.

Personne ne sait vraiment où ira le mouvement des Bonnets Rouges. Certains disent qu’il est mort. D’autres prévoient une seconde vague très déterminée, plus forte et plus dure. Alors que la crise financière et économique ne cesse de s’aggraver, que le chômage s’accroît, que les inégalités sociales sont visibles par tous, l’Etat français pencherait-il aussi pour ce durcissement de la contestation en Bretagne ?

39 COMMENTS

  1. Il suffit d’avoir un téléphone dans sa poche pour être fiché, alors le photographe cagoulé qui fait sa star, c’est franchement rétrograde…

  2. APPEL A TOUS LES BRETONS, BONNETS ROUGES ou non d’ailleurs à venir à la Grande Manifestation à NAONED/NANTES LE SAMEDI 19 AVRIL PLACE BRETAGNE(et non grand ouest).
    Manif REUNIFICATION de notre chère BRETAGNE. comme dit l’autre « pour en finir avec Pétain » Kenavo. Soutiens du 44 !

Bonjour, laissez ici votre commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

7seizh.info

GRATUIT
VOIR