SNCF et langue bretonne : à quand la fin du mépris ?

Le collectif Ai’ta ! a rencontré la semaine dernière, à Rennes, Emmannuel Clochet, directeur de l’Agence Centre Ouest de Gares & Connexions, ainsi que Caroline Gallon, directrice déléguée TER Bretagne, afin de leur rappeler ses demandes en matière de prise en compte de la langue bretonne. Le collectif Ai’ta ! a également rencontré Gérard Lahellec, vice-président du Conseil Régional de Bretagne chargé de la mobilité et des transports, afin de faire le point quant à l’action de la Région en la matière. Suite à ces deux rencontres, force est de constater que la SNCF ne tient toujours pas à respecter la langue bretonne et ses locuteurs, comme cela est pourtant le cas dans les transports publics pour d’autres langues minoritaires d’autres régions européennes. Après avoir suspendu ses actions de désobéissance civile dans les gares bretonnes depuis quatre ans, le collectif Ai’ta ! restera très vigilant quant aux suites données à ce dossier et est prêt à relancer une campagne de plus ample importance si la SNCF ne fait pas un geste fort rapidement.

Emmanuel Clochet
Emmanuel Clochet

L’ensemble des gares TGV de Bretagne doit être rénovée dans les mois et les années à venir. Bien qu’elle concède une petite place à la langue bretonne, la proposition actuelle de la SNCF au niveau de la signalétique est inacceptable en l’état. En effet, le projet de la SNCF prévoit de présenter notre langue telle une langue étrangère, en caractères de petite taille et en italique. Outre le fait que cela constituerait une discrimination digne d’une époque que l’on espérait révolue, cela irait à l’encontre du but premier d’une signalétique bilingue : que chacun puisse facilement lire les informations dans la langue de son choix, français ou breton ! Nous comprenons d’autant moins cette mauvaise volonté de la part des dirigeants de la SNCF que le Conseil Régional installe dans les gares TER depuis plusieurs années une signalétique bilingue et paritaire, sans que cela ne pose de problème particulier.

Gérard Lahellec
Gérard Lahellec

Nous demandons donc à la SNCF de revenir sur ce projet et de prendre en compte la langue bretonne dans sa globalité : dans la signalétique bien sûr, mais également au sein des distributeurs de titres, dans les annonces vocales ainsi qu’au niveau des employés (par exemple, mise à disposition d’un badge « Komz a ran brezhoneg » pour les employés brittophones volontaires). Lors de sa rencontre avec Gérard Lahellec, vice-président du Conseil Régional de Bretagne chargé de la mobilité et des transports, le collectif Ai’ta ! a rappelé la nécessité d’une prise en compte globale et respectueuse de la langue bretonne dans les gares et les trains de Bretagne. M. Lahellec a témoigné de sa volonté à poursuivre ce que la Région a d’ores et déjà entrepris et s’est engagé à faire évoluer le dossier positivement auprès de la SNCF avec l’appui des autres élus du Conseil Régional de Bretagne ainsi que les élus locaux concernés. Le collectif Ai’ta ! sera particulièrement vigilant pour les gares dont les travaux ont déjà commencé, à l’instar des gares de Plouaret-Trégor et de Guigamp, où nous réitérons notre demande de voir installer des signalétiques bilingues et paritaires, afin que la SNCF prouve autrement que par des paroles son respect pour notre langue et ses locuteurs.

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