Home Le Mag & Co Commando Kieffer : les Bretons du jour J

Commando Kieffer : les Bretons du jour J

Toute la Basse-Normandie s’apprête à fêter le 70e anniversaire du débarquement du 6 juin 1944. La commune de Ouistreham sera au cœur des festivités, centre névralgique des commémorations. Une commune célèbre pour avoir vu débarquer les seuls Français des vagues d’assaut du Jour J : les hommes du Commandant Philippe Kieffer. Pour être précis les commandos français n’ont pas débarqué à Ouistreham mais sur les plages de la commune voisine, celle de Colleville. L’aboutissement d’années d’entraînements intensifs sur les terres britanniques.

debarquement CollevilleL’historien normand Benjamin Massieu a centré ses recherches universitaires sur la création de ce commando dans un ouvrage remarquable paru aux éditions Pierre De Taillac et intitulé Philippe Kieffer, chef des commandos de la France libre. L’occasion de découvrir, au travers d’une anecdote, tout l’intérêt du breton… En effet les commandos français étaient logés chez l’habitant, et à
partir du mois de juillet 1942 leur cantonnement fut fixé au Pays de Galles, à Criccieth. Une intégration à la population qui n’allait pas de soi mais qui fut remarquablement acquise grâce aux nombreux Bretons du groupe, comme l’a écrit Philippe Kieffer lui même : Bien que ce coin des îles britanniques soit un des endroits où les gens sont le plus renfermés, je crois que notre arrivée a fait très bonne impression et les hommes logeant dans des famille du village auront bien vite gagné leur confiance. Les Bretons bretonnant, surtout, avaient la cote, car il s’exprimaient avec assez d’aisance dans la langue galloise, qui, comme le breton, est d’origine celtique.

Une appréciation très juste de la part du créateur des commandos français, engagé volontaire à 40 ans, trilingue ayant vécu la plus grande partie de sa vie à Haïti et peu marqué par la culture de la France métropolitaine.

Pour une histoire détaillée du débarquement du commando Kieffer, lisez la revue Questions d’Histoire.
La couverture

30 COMMENTS

  1. Jusqu’à quand devrons nous appeler « commando français » une unité, dont la grande majorité des membres étaient de nationalité bretonnes.

    Si l’idée est de qualifier un breton de « français » quand le fait est positif, et un breton de « breton » quand le fait est négatif, il ne faut pas s’étonner de certains raccourcis de l’histoire.

    Et puis, est-on vraiment sûr que ces soldats se battaient pour la France (pays refusant aux bretons le droit d’être eux-même)? Plusieurs bretons des FFL ont largement exprimé qu’ils battaient pour la Bretagne et pour libérer l’Europe.

    Est-ce que se battre pour la Bretagne serait coupable, au point de mettre cette notion aux oubliettes?

    • Les Bretons n’étaient pas majoritaires dans cette unité combattante, qui a vu défiler plus d’hommes que les 177 retenus pour le Jour J. Le benjamin du groupe, à peine âgé de 17 ans, venait ainsi de Tunisie. Les commandos français venaient de toute la France, et même d’ailleurs, à l’instar de leur Commandant, Philippe Kieffer, qui résidait en Haïti. Pour le coup Philippe Kieffer était étranger à ces réflexions métropolitaines et n’a pas masqué – dans son rapport – l’intérêt de la langue bretonne. Fait suffisamment rare pour être souligné. Les sentiments qui animaient les commandos leur étaient propres et nous ne pouvons nous les approprier. Ils avaient en commun la volonté de se battre contre l’oppression nazie. Tous ont accepté de porter l’écusson France sur leur épaule, ce qui avait donc un sens pour eux. Il est heureux que des hommes issus de peuples et de cultures différentes soient parvenus à s’allier et à coopérer en ces heures sombres, mettant de côté des querelles partisanes. Votre réflexion a un sens, mais pour ce qui concerne l’ouverture de camps de concentration en France et de mesures d’interdiction administrative de territoire ayant visé des Bretons. Eléments ayant émus les Britanniques, qui ont exigé l’ouverture d’une enquête dirigée par une commission galloise.

      • Sur les plages, les bretons étaient majoritaires dans cette unité et je ne vois pas au nom de quelle logique, ce fait devrait être masqué.

        Nous avons tous en mémoire l’image de Bill Millin sonnant du Pipe, ou l’image de ces autres écossais dans d’autres unités, débarquant en kilt et la claymor à la main (image décalée mais qui restera dans les livres d’histoire). Tout le monde sait que Canadiens, Américains, Anglais, Polonais étaient sur les plages, mais personne ne pensent aux bretons qui doivent disparaître derrière l’appellation de français.

        Porter le drapeau français était une obligation administrative, la France ne reconnaissant pas les bretons, les britanniques ne pouvaient pas constituer des unités bretonnes sans que ce soit un geste politique.

        D’ailleurs, l’un des bretons présent sur cette plage le 6 juin a bien indiqué que la Bretagne était en situation de guerre (rien plus moins) avec la France, suite à la reprise du découpage régional pétainiste. Porter le drapeau français n’avait peut-être pas le sens que vous sembler lui donner.

        Si les peuples de cultures différentes ont su se réunir, c’est bien sur ces plages. L’histoire, garde leur mémoire. Reste que la présence bretonne, masquée par l’appellation française, est loin de l’honneur légitime qui leur est du, et rien ne peut justifier cela.

        Les bretons du Commando ne sont pas les seuls, et de loin, dont l’honneur doit s’effacer derrière la politique uniformisatrice française : Un ami historien m’a évoqué que le Général Koenig attribuait la place de la France comme « pays vainqueur » pour beaucoup à l’effort de guerre des bretons qui aurait impressionné favorablement le Général Eisenhower. Ce fait est à vérifier, mais si cela est exact, cela est révélateur de l’injustice faites aux bretons durant ce conflit.

        PS : Philippe Kieffer est un homme remarquable, probable qu’il ne partageait pas les valeurs de la politique uniformisatrice du pays qu’il défendait.

  2. très beau reportage hier soir sur les commando Kieffer ces personnes partie pour sauver la France aujourd’hui ces personnes doivent se retournée dans leur tombe quand ils voit le fascisme revenir

  3. Ces bretons nos aînés qui ce sont donnés au péril de leur vie pour la France!!!quand on voit le mépris dont la France a pour la Bretagne…pfff je passe mes mots

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