Bonnets Rouges : l’énergie du désespoir !

Hier dans toute la Bretagne, des Bonnets Rouges se sont mobilisés pour manifester leur mécontentement.

Depuis août 2013, ils ont lutté contre l’Ecotaxe et pour l’emploi en Bretagne. En 10 mois, malgré de gros rassemblements et une mobilisation permanente, aucune de leurs revendications n’a été entendues. Et si l’Ecotaxe semble être abandonnée dans sa forme initiale, les parlementaires français ont réaffirmé leur volonté de mettre en place ce système qui tend à rendre payant l’usage des routes mais sous une forme différente. Bref, des taxes au dumping social, de plus de démocratie et de décisions en Bretagne à la réunification du territoire historique, rien n’a été obtenu par les Bonnets Rouges malgré des mois de lutte.

Hier, le printemps breton annoncé est arrivé. Un printemps timide.

Mais c’est le désespoir de la Bretagne qui s’était déplacé. Des salariés en sursis à bout de nerf, des patrons croulant sous les charges et les dédales administratifs, des agriculteurs pour lesquels les politiques agricoles communes ont été imprévoyantes, et ceux qui n’ont plus rien d’autre que la violence pour dire qu’ils existent encore, pour dire qu’ils veulent, eux-aussi, vivre. Un désespoir qu’une société française, telle une société parallèle, n’entend pas, ne comprend pas puisqu’elle peine simplement à imaginer qu’il puisse exister autre chose que son propre fonctionnement.

Le monde réel pour beaucoup, ce n’est pas la vie au rythme des congés à l’étranger et de la prochaine voiture neuve. Ce n’est pas l’abondance dans  le réfrigérateur ou l’achat compulsif du coup de coeur à la mode. Ce n’est pas, non plus, le restaurant, des bières au café entre amis chaque week-end où le spectacle branché à ne pas rater. Non, le quotidien du monde réel, de celui qui travaille pour vivre, c’est autre chose. C’est une vie précaire ou survivre s’érige en art. Un art incompréhensible aux parisiens, aux habitants des grandes agglomérations, une réalité insoupçonnée du commun du nouveau monde. Et le fossé, chaque jour grandit avec une Bretagne qui se paupérise à vitesse grand V.

Retour en image sur une journée de mobilisation.
Dans l’énergie du désespoir !

 

Crédit photo : Copyright Gael Cloarec

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28 COMMENTS

  1. Le problème de ce mouvement est justement qu’il est localisé pour l’essentiel en basse-bretagne et ne cherche pas à s’étendre en dehors alors que les problèmes majeurs sont communs à la plupart des français. A mon sens C. Troadec, aux élections Européennes aurait dû tenir meeting partout dans la circonscription car les petits patrons d’Angers en ont aussi assez des taxes. Le mouvement des Bonnets rouges dispose d’un capital sympathie et son extension à l’ensemble de la France permettrait de faire bouger les choses. Certains diront que bonnets rouges = bzh, etc. Sauf que les revendications bretonnes au sein du mouvement des bonnets rouges sont au final celles qui ont le moins d’importance pour les gens en Bretagne même.

  2. Effectivement cela est triste car beaucoup des « bonnets rouges » étaient de bonne foi persuadés que la France dans sa grandeur éternelle allait les écouter. Egalement beaucoup d’entre eux étaient convaincus que les Breizhou et autres olibrius nationalistes bretons ne pouvaient qu’avoir tort face à la nation française, nation la plus belle du monde. Puisque tous les bienpensants autorisés de la république le disent!
    Mais petit à petit ils découvrent que ce que disaient les nationalistes bretons n’étaient pas si stupides que cela, que finalement face à un état autiste qui pourra pas se modifier car cela est dans ses gênes, la seule solution est et sera le retour à une Bretagne libérée du corset français. Ou alors mourir comme des chiens galeux
    Vivre ou mourir, tels seront les enjeux de la Bretagne dans l’avenir proche.
    Peut être que le slogan des années soixante va-t-il se réaliser : « Breton, prend toi en main maintenant! »

  3. Tôt ou tard, il y aura un effet boomerang.
    On ne peut pas continuer à subir des institutions vieilles de l’après-guerre, paralysantes, dont la fin est inéluctable, surtout qu’il n’y a aucune amélioration en vue dans le quotidien de la plupart d’entre nous.

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