François de Rugy : “Pour l’avenir de notre territoire, prenez la parole !”

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Il explique son point de vue et propose que chacun-e puisse s’exprimer sur sa préférence entre les différentes options envisageables pour notre territoire : réunification de la Bretagne, fusion Bretagne/Pays-de-la-Loire, statut quo… À vous de vous exprimer !

Dans sa déclaration de politique générale, le nouveau Premier ministre Manuel Valls a annoncé qu’il enclenchait – enfin ! – la réforme de l’organisation territoriale de notre pays. Cette réforme est essentielle pour l’avenir de notre pays, et pour l’avenir de chacun d’entre-nous. Cette réforme, on en parlait depuis des années. Aucune majorité n’avait eu jusqu’ici le courage de la mettre en œuvre.

Et pourtant, cette réforme est indispensable : parce que notre organisation politico-administrative est devenue tellement complexe que plus grand monde ne comprend qui fait quoi, des communes, des agglomérations ou des métropoles, des départements, des régions. Parce que la décentralisation – qui est une bonne chose – est affaiblie par la dispersion des responsabilités. Il faut sortir du vieux principe d’Ancien Régime, selon lequel l’Etat divise pour mieux régner.

Depuis 2007, je me suis beaucoup intéressé à la question : j’avais « planché » devant le comité Balladur, mis en place par Nicolas Sarkozy, et qui n’avait débouché, faute de volonté politique de la majorité d’alors, sur rien ou presque. J’avais pris part aux débats l’an dernier lors de la création des métropoles de Paris, Lyon et Marseille. Et aujourd’hui, au nom de mon groupe politique, je travaille sur la réforme annoncée.

Cette réforme va dans le bon sens.

La réforme annonce une nouvelle répartition des compétences entre les collectivités. C’est plus de clarté. C’est une action au plus proche des citoyens par le renforcement de l’échelon intercommunal, ce qui permettra de réduire l’émiettement des 36 600 communes de France. Ce sera aussi moins de doublons. Et moins de doublons, c’est moins de dépenses et plus d’efficacité pour l’action publique.

La réforme prévoit à l’horizon 2020 la suppression des conseils départementaux. Ce sera une tranche de moins dans le millefeuille administratif français. Ce sera une réduction du nombre d’élus. Ce sera le renforcement des deux échelons les plus pertinents pour rendre l’action publique locale plus efficace : les intercommunalités et les régions.

La réforme territoriale passe par un redécoupage des régions. Il y a en effet en France des régions trop petites pour mener de vrais projets de développement et pour assurer une solidarité territoriale. Il y a des revendications anciennes de redecoupage comme la réunification de la Bretagne ou de la Normandie. Le Président de la République et le Premier ministre ont placé la barre haut, en se fixant l’objectif de diviser par deux le nombre de régions (22 actuellement).

Et c’est sur cette question du redécoupage régional que le bât blesse. D’une part parce que la carte territoriale dessinée à l’Elysée est le fruit de compromis illisibles et  incompréhensibles. D’autre part, parce que cette carte fait parfois fi des volontés exprimées par les populations (comme en Bretagne) et parce qu’elle ne répond pas aux objectifs de cohérence que le gouvernement s’était fixé.

C’est sans doute pour notre territoire que le décalage entre les intentions et les propositions présidentielles est le plus fort. La question des limites régionales est posée pour nous depuis la création artificielle des Pays de la Loire : drôle de nom pour une région où la Loire ne coule que dans deux départements sur cinq ! Dans le même temps, et depuis plus de 50 ans, la revendication de la réunification de la Bretagne est portée par des milliers de citoyen-ne-s. Malgré cela, au terme d’une négociation à laquelle personne ne comprend rien, la proposition présidentielle est de conserver les deux régions actuelles à l’identique. Contre l’avis des maires de Nantes et Rennes. Contre l’avis du président du département de Loire-Atlantique. Contre l’avis de nombreux parlementaires, de droite comme de gauche.

Cette absurdité, je ne parviens pas à m’y résoudre – et je sais que je ne suis pas le seul, c’est un sentiment qui transcende les frontières des partis politiques.

La réforme territoriale doit être la réforme des territoires, dans laquelle les territoires et les citoyens se reconnaîtront. Le Premier ministre a indiqué que la carte présentée pouvait évoluer : j’ai la conviction que pour ce qui concerne notre territoire, elle doit évoluer.

À mon sens, le statu quo n’est pas acceptable. Il nous empêcherait de relever les défis d’aujourd’hui en termes d’économie, d’emplois, d’écologie ou d’enseignement supérieur par exemple. Deux options d’évolution sont possibles :

–          La réunification de la Bretagne à cinq départements, renouant ainsi avec une cohérence et une histoire niées depuis plus de 50 ans, tandis que les autres départements de la région choisiraient chacun la région dans laquelle ils envisagent le mieux leur avenir (c’est la solution qui a – depuis toujours – ma préférence),

–          La fusion de la Bretagne et des Pays de la Loire en une seule région qui deviendrait une des plus peuplées de France après l’Ile de France et Rhône-Alpes : outre que l’identité bretonne s’en trouverait diluée, la cohésion sera-t-elle suffisamment forte de Brest au Mans, de Saint-Brieuc à Angers ou de Quimper à la Roche sur Yon ? A chacun d’en décider.

C’est entre ces deux options que devrait à mon sens se dessiner l’avenir de nos territoires.

Aujourd’hui, les régions Bretagne et Pays de Loire dépensent beaucoup en communication : n’auraient-elles pas pu, dès l’annonce du Premier ministre le 8 avril dernier, organiser une vaste consultation des citoyen-ne-s sur les choix préférentiels de redecoupage régional ?

Ce débat vous concerne : saisissez-vous en ! Je vous propose de répondre ici à une question simple, qui est essentielle pour notre avenir commun. Le résultat sera d’autant plus significatif que vous serez nombreux à participer.

Quoi que vous choisissiez, en répondant, vous adresserez un message au gouvernement et au Parlement qui examinera la réforme territoriale dès cet été. Ce message, c’est celui de citoyens qui veulent que leur voix soit entendue. Le message de citoyens qui veulent que l’avenir de leur territoire ne soit pas déterminé par des arbitrages opaques, dans lesquels le poids des notables, des intérêts de parti ou des équilibres électoraux primeraient.

Vous avez la parole : prenez-la !

 

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44 Commentaires

  1. Ne pas non plus perdre de vue que si le gouvernement actuel envisage par la suite la disparition des conseils généraux, il maintient quand même les préfectures dans chaque département !!! Ce qui revient ni plus ni moins à une recentralisation insidieuse !
    Ou bien on supprime les départements DANS LEUR INTEGRALITE (conseils généraux ET préfectures), ou bien on les maintient en l’état !

  2. Le risque n’est pas la non-réunification mais la fusion des deux régions et donc la dissolution de l’entité Bretagne dans un insipide grantouésse et la la mafia républicaine à des cartes majeures à jouer c’est à dire un vote des conseillers régionaux socio-traitres inféodés à la clique dirigeante actuelle qui au non de la discipline de parti voteront la disparition de ce pourquoi ils ont été élus et celle qu’ils représentent càd la région Bretagne.

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