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Bonnets Rouges : trop pressé camarade !

-TRIBUNE LIBRE-

Camarade Bonnet rouge, je te sens bien pressé.

Les rassemblements de samedi étaient un échec ? Oui bien sûr ! Parce que toutes les manifs sont quelque part des échecs en 2014. Si les manifs mesuraient, en temps réel, l’état de l’opinion, le Front de Gauche serait au pouvoir, la « manif pour tous » aurait fait capoter le « mariage pour tous » et l’UMP ou le FN, peu habitués à manifester, feraient 2% à chaque élection.

Les « premières manifs », suite à une montée de fièvre, sont parfois des succès. Pour les Bonnets Rouges, celle de Quimper en a été l’illustration. Mais celles-ci sont avant tout des catharsis publics. Il y a une émotion de masse, les gens se rassemblent pour se rassurer, se dire « que ça ne peut plus durer », se rassurer dans l’effet de foule.

Malheureusement passé ce moment d’émotion, il est très dur de faire perdurer un mouvement, de trimballer les gens ici et là, surtout au prix actuel du gasoil !

En 2014, les manifestations répétées sont, à peu prêt, aussi inopérantes que les meetings électoraux à l’ancienne. Les gens se déplacent une fois, deux à la rigueur, rarement trois.

Qu’on le veuille ou non, le juge de paix c’est les urnes. Un mouvement breton inspiré des 12 propositions des Bonnets Rouges qui ferait un bon score aux régionales de 2015 constituerait une révolution et une vraie menace pour François Hollande et l’ensemble de la classe politique française.

Malheureusement ce bon score, à brève échéance, serait…. un miracle.

Pourquoi ? Le paysage politique hexagonal de la Vè république est totalement figé. En l’absence de scrutins à la proportionnelle, les électeurs votent « utiles », c’est à dire UMP ou PS. Quand on veut faire un bras d’honneur au pouvoir en place, on vote FN, parfois Verts et, fût un temps, Besancenot, Arlette Laguiller. Maintenant, les Verts sont assimilés au PS, le MPA et LO sont retournés aux 2% et le FN a pris tout le champ du vote protestataire.

Les dernières élections européennes ont pourtant montré que Christian Troadec pouvait aussi incarner un certain vote protestataire. Depuis que les mouvements bretons, ancêtres des Bonnets Rouges actuels, se présentent aux élections, c’est la première fois, je dis bien la première fois, qu’un scrutin est un tel succès dans certains coins de Bretagne. Même limité à un secteur breton (en gros, le Centre Ouest Bretagne avec quelques isolats à l’est), même ponctuel, ce score de la liste Troadec/Parti Breton/Breizh Europa est une victoire inédite. Victoire qui affole le Parti Socialiste et l’UMP, sachons le.

Car, le PS et l’UMP  « tournent » de façon automatique à la tête des exécutifs locaux bretons ou français. Si le PS ou l’UMP perd à telle élection, il est sûr de récupérer son siège au prochain tour. Cela s’appelle « l’Alternance ». L’arrivée d’un troisième larron (le FN) dans le tourniquet affole largement l’UMPS. Mais si, en Bretagne, comme ce qui se passe en Corse, les autonomistes/indépendantistes s’invitent, en plus, au bal, c’est la fin du système. Car « l’Alternance » est un système qui permet à l’UMP et au PS de survivre électoralement et… financièrement.

Par contre, vu que les habitudes de la majorité des électeurs changent à la vitesse de la tectonique des plaques, il faudra, en gros, attendre 20 ou 30 ans pour « ancrer » un « vote breton » à partir d’un succès ponctuel. Oui 20 ou 30 ans, à moins que la situation économique et sociale ne se dégrade plus rapidement que prévu.

Rappel, le Front National a végété pendant 11 ans avant de connaître le « coup de tonnerre de Dreux » en 83 et 40 ans avant de percer aux élections locales. Les nationalistes corses ont végété pendant des décennies avant d’arriver à la mairie de Bastia, etc…

Les bonnets rouges ont semé pour la Bretagne, ils récolteront dans 30 ans. La lutte c’est dur camarade et changer les habitudes de vote c’est long, très long. Regarde, toi, camarade Bonnets Rouges. Tu as voté pour l’UMP, le PS, le Front de Gauche ou je ne sais qui pendant combien de temps avant de comprendre ?

37 COMMENTS

  1. Pas besoin de s’affoler. L’idée bretonne avance.
    Et elle est bien amenée par la plupart des acteurs de la défense de la Bretagne.
    Nous irons lentement vers une décentralisation à la carte, selon les régions, puis vers de l’autonomie puis vers l’indépendance.
    Breton exilé, je sens ce projet monter et je sens l’inquiétude qu’il suscite chez les Français.
    autant dire qu’il affole carrément les états-majors PG/PCF/PS/UDI/UMP/FN, car eux ont une vraie trouille des Bretons et de la Bretagne. Ils savent quelle peut être notre froide détermination.
    Ils savent que les Bretons n’ont pas oublié d’où ils viennent et qu’ils ont les pieds bien ancrés dans leur territoire, des racines bien profondes.
    Alors ils ont la trouille. Bien d’autres auront des marges d’autonomie bien avant nous.
    Mais point besoin pour les Bretons d’actions plus spectaculaires que ça. Il suffit que nous élevions la voix, il suffit que nous fassions nombre. Plus notre mouvement sera massif et froid, plus ils auront peur. Car ils n’auront aucune prise.

  2. C’est très clair, on ne sent pas les bretons prendre le maquis, donc ce sera les urnes, et ce sera plus long, mais peut-être plus durable …

  3. Ce qui se passe chez nous ou chez nos voisins, est également riche d’enseignements dont on pourrait tirer profit, comme la création de cette association à Genève à l’Automne 2012 :
    http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/insecurite-avocat-menace-greve-impots/story/12574789
    Même si les raisons ne sont pas les mêmes, l’idée mériterait d’être creusée : il y a aussi des avocats sensibles à la cause bretonne ! Et puis, historiquement parlant, la révolte des Bonnets Rouges de 1675 a été déclenchée par une hausse de taxes, dont le fameux « papier timbré »…

  4. tiens ce matin j’ai vu une nouvelle version moins rude de mon slogan préféré, barbouillé près de la roche-bernard, mais j’ai jamais d’appareil photo quand il faut ; c’était  » Bretons, si voter UMPS-FG-FN ça fait mal au cul, alors votez plutôt breton ! » c’est gentil, hein, ça passe mieux pour les vieux que l’autre que j’avais vu avant les élec et qu’était graveleux, mais direct.

    • Un escalier, ça s’est toujours monté marche par marche.
      La première, la vraie urgence 2014, indispensable pour la survie du nom même de « Bretagne », c’est une région Bretagne à 5; et ça, beaucoup de bas-bretons qui ne le défendaient pas jusqu’au 2 novembre à Quimper, commencent seulement à se rendre compte du danger qui menace l’existence même de leur nation, jusqu’à son nom, si ce n’est pas réalisé cette année.
      Cette condition est indispensable et prérequise à la résolution de chacune des 10 autres doléances majeures des Bonedoù Ruz.
      Que chacun s’incruste de cette évidence, Malizen Doue !
      Signé : un Brestois qui a dû venir à Nantes il y a 50 ans pour rester travailler en Bretagne… qui constate qu’il en est toujours de même… et qui connaît mieux que quiconque les « a priori » néfastes d’un Finistérien sur les 4 autres départements qu’il juge « moins bretons que lui », mais sans lesquels le sien est voué à devenir une réserve indienne au fond d’un « grantoueste »…

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