Au Sel-de-Bretagne, découvrez le sculpteur E.Aulnette en gallo et en breton

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eugène aulnetteLes bretons le savent trop peu, mais la modeste commune du Sel-de-Bretagne (35) compte deux musées. L’un est consacré aux arts et aux traditions populaire et l’autre au au sculpteur Eugène Aulnette . Dans ce dernier, une ballade audio-guidée a été mise en place depuis septembre pour faire découvrir la vie et l’oeuvre d’Eugène Aulnette, enfant du pays.

Baptisée “Passons la lande avec Eugène – Sur les pas d’un enfant du Sel”, cette balade audio est le prolongement du musée qui abrite les œuvres de l’artiste depuis 2007.

Ce parcours scénarisé, inspiré de souvenirs croisés – ceux des proches qui ont connu l’artiste -, met en lumière la vie du sculpteur et les actions qu’il a menées en faveur de son village, le Sel de Bretagne. Durant une heure vingt de déambulation, l’âne de l’artiste, dénommé « Chaton », accompagne et guide virtuellement les visiteurs dans les rues et chemins de la commune, pendant que s’égrènent de multiples témoignages audio, habillés de musiques aux sonorités locales.

L’audio-guide est réalisé en français mais également en gallo et en breton, Eugène Aulnette ayant été un grand défenseur des deux langues bretonnes.

Renseignements :

Musée Eugène Aulnette / 2, rue Nominoë, 35320, Le Sel de Bretagne / Tel. : 02.99.43.14.40

Musée des arts et traditions populaires : 2, rue Anne de Bretagne, 35320, Le Sel de Bretagne / Courriel : amiseugene@gmail.com

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aulnette2La motivation est très simple et coule de source. Depuis l’âge de 17 ans, j’y ai été mêlé de très près. A l’époque, il n’était pas bon de se sentir Breton. On avait presque tout détruit pour ma part, mon maître d’Ecole ne manquait pas de nous dire combien la Bretagne était un pays d’arrièrés, ma mère portait la coiffe et la langue de mon village était le gallo.

Cela a été une prise de conscience, la fréquentation des gens du mouvement Breton, et surtout d’un grand Mystique sculpteur qui a profondément marqué tout le reste de ma vie. Il s’appelle Mikaël Youénou. Ce n’est pas par hasard que je l’ai rencontré vers 1934, et c’est sans doute la raison qui fait que je me trouve ici en ce moment. C’est ce qui explique la raison de mon grand amour de la Bretagne. Déjà la sculpture nous unissait, et le fait de travailler et d’habiter les mêmes lieux faisait que sans m’en apercevoir, nous avions les mêmes affinités.

Lorsque nous allions en France, combien il aimait chanter les chansons de chez nous, à Paris, à Blois, à Genève. Il me sensibilise à Breiz Atao, ensuite à l’Heure Bretonne. Ancien de la Stella Maris de Douarnenez, Mikael est un bel athlète, mais déjà la Mystique a pris le dessus sur l’homme. Avec Anna Youénou, sa sœur, en 1930, c’est la fondation, rue Hoche, du premier Ti Breiz. En 1932, est détruit le monument de la honte dans la niche de la Mairie où la Bretagne était représentée à genoux devant la France.

De par notre métier, nous n’étions pas des politiques, et notre cheminement était plus pacifique tout en ayant les mêmes buts. La guerre arrive et nous disperse, on s’écrit de temps en temps. Il sèmera sans espoir de lendemain, il poursuivra sa tâche sereinement et va finir ses jours à Douarnenez en 1945.

Ainsi je me retrouve dans mon pays natal où les persécutions de 1945, se retournent partout contre tout ce qui est Breton. On m’a prévenu à l’époque que j’allais être emprisonné. Il est clairement défendu de faire de la sculpture Bretonne, et c’est ce qu’on me reproche. Mes camarades feront chacun neuf mois, et il n’y aura jamais de jugement .

Dans mon village, je peux réaliser presque tout ce que Mikaël Youénou n’a pu faire, le rêve Mystique d’une Bretagne fraternelle, ouverte sur le Monde, celle de tous les colonisés qui aspirent à l’harmonie du ciel et de la terre, respect de l’homme, droit à la différence.

Aussi toutes ces choses me font comprendre que j’ai un devoir comme toutes personnes vis à vis des ses frères, faire en sorte que chacun raisonne et fait librement ce qu’il veut. Bien sûr la chose n’est pas facile, mais peu importe le temps. Un jour vient où le rêve se réalise. Aussi c’est grâce à Mikaël que le Sel de Bretagne a un petit Musée, des Rues Bretonnes et une Maison de la Liberté sur le Stade AR MEN. Il faut que les jeunes sachent combien a été difficile le cheminement de la résurrection de notre chère Bretagne, terre des tipis, des Calvaires et des Chapelles. Bretagne, il faut que tu retrouves ton âme, celle de la transcendance, de la communion du ciel et de la terre.

Eugène Aulnette

3 Commentaires

  1. Petite erreur de formulation : ce n’est pas “Dans” ce dernier [musée qu’] une ballade audio-guidée a été mise en place depuis septembre… mais “à partir de celui-ci”, et au fil d’un sentier de 3km qui chemine à-travers le bourg et la campagne périphérique

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