Route du Rhum : dernières longueurs

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header prince de bretagneAlors que Loïck Peyron a franchi en vainqueur la ligne d’arrivée de la 10e édition de La Route du Rhum – Destination Guadeloupe, ce matin à 5h08 (heure de Paris), battant ainsi de 2 heures 10 minutes et 34 secondes le temps de référence de l’épreuve réalisé en 2006 par Lionel Lemonchois , la bagarre continue au sein de la flotte des Ultimes. Le skipper du Maxi80 Prince de Bretagne, qui a retrouvé un vent beaucoup plus régulier depuis ce matin, est, pour sa part, à la bagarre pour la quatrième place avec Sidney Gavignet. Actuellement, seuls 34 petits milles séparent les deux hommes. Il faut donc se concentrer sur ses réglages pour avancer au plus vite, mais aussi et surtout placer les derniers empannages au bon endroit car le dénouement est proche. Il est, en effet, prévu entre 6 et 9 heures demain matin (heure française)
Vainqueur en 2006 dans la catégorie des trimarans ORMA puis en 2010 dans celle des Mutli50, Lionel Lemonchois nourrissait forcément de grandes ambitions chez les Ultimes, dans cette 10e édition de la Route du Rhum. Pas étonnant, en conséquence, qu’il ait tenté des coups à chaque fois qu’il en a eu l’occasion et que lorsqu’il s’est retrouvé en troisième position – une place pas franchement pour le satisfaire -, il a essayé un décalage au nord par rapport à ses adversaires. C’était malheureusement sans compter sur la formation d’une dépression tropicale au sud des Açores qui lui a miné le terrain sur la route des Antilles, anéantissant ses chances de monter sur le podium. « Des grains, prémices de cette dépression tropicale, se sont formés juste derrière Lionel et l’ont rattrapé. Voilà ce qui a parasité l’alizé autour de lui », a expliqué l’un des membres de l’équipe du navigateur normand qui a retrouvé du vent plus régulier depuis ce matin, après avoir galéré pendant près de 48 heures. « La situation s’est améliorée pour Lionel entre 8 et 9 heures, ce qui lui permet d’afficher des vitesses identiques à celles des autres mais aussi et surtout d’avoir une stratégie, ce qui était quasiment impossible ces deux derniers jours, la faute aux conditions très aléatoires dans sa zone de navigation ».

Un tour de la Guadeloupe à suspense ?

Le trimaran rouge et gris progresse, en effet, à plus de 22 nœuds de moyenne, ce lundi, et la bonne nouvelle c’est que depuis peu, il est légèrement plus rapide que Sidney Gavignet, le skipper de Musandam – Omansail avec lequel il est désormais à la bagarre pour la quatrième place. Cet après-midi, 30 milles les séparent au pointage. L’écart est relativement faible d’autant que l’un et l’autre abordent de façon radicalement différente la Guadeloupe. « Lionel arrive par le nord et est maintenant sur la lay-line, ce qui signifie qu’il n’aura plus d’empannage à faire. De son côté, Sidney déboule par le sud et va devoir effectuer un contre-bord en plaçant ses empannages au bon endroit. Cela étant, il est très difficile de savoir qui de l’un ou de l’autre va finalement prendre l’avantage d’ici à la Tête à l’Anglais puisque tout va dépendre des fluctuations qu’il va y avoir entre leurs positions respectives actuelles et la Guadeloupe. Ce qui est certain, c’est que chacun va se battre pour aller le plus vite possible et prendre l’avantage avant d’entamer le tour de l’île », a ajouté l’ingénieur, rappelant toutefois que les dévents de la côte ouest de l’île papillon peuvent réserver bien des surprises et chambouler l’ordre établi.

La belle victoire de Loïck Peyron
« On verra bien comment ça va se passer. On le sait par expérience, dans les derniers 50 milles du parcours, tous les scénarii sont possibles », a rappelé de son côté Lionel Lemonchois qui a, par ailleurs, salué la victoire de Loïck Peyron. « Il était le super favori au départ. Sa première place n’est pas vraiment une surprise. Les records sont faits pour être battus. Celui-ci est tombé plus vite que ce que l’on pressentait puisqu’il n’aura finalement tenu qu’une seule édition. Cela est la preuve que les bateaux et les hommes progressent mais aussi que Loïck a enchainé tous les passages à niveaux sans encombre, ce qui n’a pas été le cas des autres. Que se soit Yann Guichard, moi ou les autres, nous nous sommes faits enfermés régulièrement pendant que lui a réalisé un dernier bord tout droit de quasiment 900 milles. Les courses au large sont ainsi faites. Il faut que tout s’enchaîne parfaitement et pour lui, cela a été le cas du début à la fin. C’est une victoire bien méritée. Bravo à lui et à son équipe ».

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