“Bretagne, les questions qui dérangent” > Une mine et une barre à mine !

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bretagne les questions qui dérangentCe qu’il y a de bien avec ces nouveaux auteurs bretons, c’est qu’ils s’adressent au grand public. Mikael Bodlore-Penlaez, Lionel Henry et Pierre-Emmanuel Marais ont des convictions bien trempées. Bretonnes et nationalistes. Mais, loin de précher dans le désert des convaincus, ceux-ci, livre après livre, s’adressent au peuple breton. Avec les Bonnets Rouges, chacun a pu comprendre que les « idées bretonnes » n’étaient pas l’apanage de quelques zapatas avec un BZH au cul de la voiture. Il y a des tensions souterraines en Bretagne. Identitaires. Politiques. Territoriales. Démocratiques. Economiques. Tout ça se mélange. Se combine. A la moindre crise sociale, le mélange instable explose !

La Bretagne est une bombe à retardement pour la France. J’affirme ! Avant les Bonnets Rouges, énoncer une chose pareille faisait sourire. Maintenant…

Par contre, il y a un énorme travail pédagogique à mener dans la société bretonne. Arriver le Gwenn-ha-du entre les dents et la fourche vengeresse contre « l’état français jacobin, linguicide et ethnocidaire et pour la libération nationale du peuple breton colonisé » c’est l’assurance de passer pour un zozo. Un ouvrier de l’agro-alimentaire déclassé, un paysan ruiné, c’est quelqu’un qui peut vouloir l’indépendance de la Bretagne. Le hurler à qui veut l’entendre. Mais en même temps, il pourra tout aussi bien voter Marine Le Pen, demander « plus d’état » et s’indigner qu’on ne « pense pas plus aux français qui bossent ». La gauche française ne parle plus au peuple (qui « pense mal ») et le méprise. La droite française lui préfère les « décideurs économiques». C’est donc aux militants bretons d’écouter ce que les bretons ont a dire et de donner des éléments de réponse à leurs questions. Mikael Bodlore-Penlaez, Lionel Henry et Pierre-Emmanuel Marais ont pris ce chemin, ce livre est leur bâton de pèlerin. « Le modèle agricole breton est-il viable ? », la réponse en quelques paragraphes simples. Sans charabia. « L’autonomie est elle un doux rêve ?» Même chose. « Les bretons constituent-ils une nation ? ». « La Riviera bretonne, seul modèle touristique ? ». « Le suicide, l’alcoolisme, malédiction bretonne ? ». Autant de discussions qu’on peut soulever à la machine à café ou à la salle de pause et sur lesquelles n’importe qui pourra désormais argumenter. Une mine pour ceux qui ont des lacunes. Une barre à mines, pour ceux qui veulent sortir les arguments définitifs. Laissez le traîner, l’air de rien, sur la table aux revues… Entre l’Auto-Journal et le journal interne de la boîte…

Cerise sur le far, au niveau culturel, on s’aperçoit que les trois auteurs vivent dans une Bretagne réelle et non fantasmée. Pour une fois ! Eh oui, dans ce livre, on parle du breton mais également du GALLO avec deux pages sur la thématique « le gallo est-il du français déformé ?» Vra ben, vra hetant, ma fai !

Noël approche, le bouquin coûte 12 euros, vous savez désormais quoi acheter au cousin qui se pose des questions sur le destin de sa Bretagne.

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