Henriette Walter : “Il faut aimer le gallo, le parler et le transmettre !”

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walterLinguiste française, professeur émérite de linguistique à l’université de Haute­Bretagne à Rennes, et directrice du laboratoire de phonologie à l’École pratique des hautes études à la Sorbonne, Henriette Walter vient de publier aux éditions Robert Laffont “ Minus, Lapsus et Mordicus”, une passionnante odyssée étymologique. De passage à Rennes, elle nous a accordé une interview éclair sur la question gallèse.

7seizh : Pouvez-­vous revenir en quelques mots sur les origines du gallo?

Henriette Walter : Le gallo est la manifestation du latin tel qu’il a évolué en Haute­Bretagne.

7seizh : Pourquoi peut on parler de langue gallèse ?

HW : Le gallo répond en tous points à la définition d’une langue, telle qu’elle a été définie par le grand linguiste du XXe siècle André Martinet : ” Une langue est un instrument de communication selon lequel l’expérience humaine s’analyse, différemment dans chaque communauté, en unités douées d’un contenu sémantique, les monèmes, et d’une expression phonique; cette expression phonique s’articule à son tour en ubités distinctives et successives, les phonèmes, en nombre déterminé dans chaque langue, dont la nature et les rapports mutuels diffèrent eux aussi d’un langue à l’autre”.

Cela signifie que dialectes et patois sont des langues à part entière.

7seizh : Quelle est la politique langagière de la France depuis la révolution française?

HW : Après avoir été une politique de chasse aux langues régionales, on constate aujourd’hui une politique en faveur de celles-­ci.

7seizh : Quel est le problème actuel de la Bretagne en ce qui concerne le maintien de la langue gallèse ?

HW : Sa proximité géographique avec la Bretagne celtique, où le breton a de tout temps été reconnu comme une marque identitaire séculaire, et qui lui a fait de l’ombre, mais surtout l’omniprésence de la langue française, dont l’évolution a été proche, et qui, depuis des siècles, a fait du tort à toutes les langues régionales

7seizh : Dans quelle mesure, l’apprentissage du gallo est important ?

HW : Pour ne pas perdre une partie de notre patrimoine linguistique

7seizh : Comment pensez-­vous qu’il est possible de donner un avenir à cette langue ?

HW : En l’aimant et en étant fiers de la parler et de la transmettre.

7seizh : A titre personnel, pourquoi avez vous porté un intérêt à cette langue ?

HW : A ma nomination comme professeur de linguistique à l’université de Haute­-Bretagne Rennes 2, j’ai été très contente de pouvoir enfin mieux connaître cette langue que je ne connaissais, alors, que par des manuels de linguistique romane.

 

37 COMMENTS

  1. Toujours pareil

    Pour “sauver” le Gallo, il faut qu’il soit visible. Cela veut dire des media gallophones (radio (cela existe déjà, une télé gallophone, des journaux d’information en gallo, des blogs gallophones, des associations oeuvrant dans l’utilisation du gallo dans la vie de tous les jours (maisons de retraites, chercheurs de mémoires, concours du meilleur gallophone) et cela non plus seulement dans la sphère uniquement culturelle.
    Le jour où le gallo aura quitté la sphère du sympathique patois que l’on parle à l’occasion de veillée culturelle pour être partout, alors on pourra dire qu’il sera sauvé.
    Il y a du boulot!…

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