Pot de départ de Pierre Maille mercredi à Kemper : « Kenavo Pierrot, et bon débarras ! »

Alors que le mandat du Conseil général du Finistère arrive à son terme sans avoir adopté de politique linguistique volontariste en faveur de la langue bretonne, ses élus s’apprêtent à sortir le grand jeu en la matière à l’approche des élections départementales ! En effet, un vote concernant la langue bretonne est prévu lors de la prochaine session du 29 janvier. Ne doutons pas que la cérémonie sera à la hauteur, avec force déclarations de bonnes intentions, et que l’on n’hésitera pas à sortir les violons et les mouchoirs. Les élections approchent, il faut se mettre l’électeur breton dans sa poche.

Cette attitude reflète bien la considération du président Pierre Maille et de son équipe pour notre langue : du folklore bon pour les touristes, des beaux discours à l’approche des élections, ha mat pell zo ! Pour notre part, nous n’oublierons pas les paroles de Pierre Maille début 2013  lorsqu’il avait déclaré que « la langue bretonne n’a plus vocation à être une langue de communication » et qu’une gentille gestion patrimoniale du breton était amplement suffisante. Le mépris affiché du président du Conseil général envers l’ensemble des brittophones, et en particulier ceux qui se battent au quotidien pour que notre langue puisse vivre et être transmise aux générations futures, n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd.

Parce que nous croyons au contraire que notre langue a un avenir et qu’elle doit avoir toute sa place dans la Bretagne d’aujourd’hui et de demain, c’est donc sans regret que nous dirons « kenavo Pierrot » à Pierre Maille, qui ne se représente pas, et nous invitons tous-tes celles et ceux qui le souhaitent à participer à son pot de départ   mercredi soir devant le Conseil général du Finistère à Kemper. A ce titre, nous invitons tous les participants à apporter un cadeau symbolique à Pierre Maille. Citons, en vrac, des botoù-koad (sabots utilisé comme symbole contre la langue bretonne autrefois), des panneaux monolingues, un programme de campagne 2012 du Parti Socialiste… bref, tout un tas de vieilleries inutiles à ce jour, et qu’il les prenne avec lui en partant ! Pour sa part, le collectif Ai’ta! lui réserve un cadeau spécial, en témoignage de notre émotion et de notre reconnaissance.

Outre cette cérémonie pleine d’émotion, ce rassemblement sera l’occasion de rappeler aux élus du Conseil général présent et à venir notre volonté intacte de voir votée et mise en place une politique linguistique ambitieuse et novatrice en faveur de la langue bretonne. En ce sens, nous appelons toutes les personnes, associations, partis politiques et syndicats attachés à la langue bretonne et à son développement à se rassembler devant le siège du Conseil général du Finistère à Quimper (32 Boulevard Dupleix, 29000 Kemper/Quimper) le mercredi 28 janvier à partir de 18h30, et à relayer cet appel.

23 COMMENTS

  1. PM est-il pire pour le breton (dans son action et son franc-parler) que ceux qui s’arrogent le droit de parler au nom de tous les bretons alors qu’ils ne représentent qu’eux-mêmes au travers d’une novlangue rennaise et charabiesque qu’ils n’ont conçue que pour se comprendre entre eux ? on s’étonne d’ailleurs de la faiblesse de l’hommage qu’ils ont rendu à leur maïtre Abanna, doué d’e bardono.

  2. Le droit à sa langue historique fait partie des Droits de l’Homme et du Citoyen.

    Dans le cadre d’une république respectueuse de ces droits fondamentaux, la co-officialité de la langue régionale et de la langue nationale est une solution. On en est pourtant loin puisque la stratégie jacobine (encore) soutenue par les grands partis est d’en faire assez pour maintenir certaines apparences et ne pas se faire taper sur les doigts par les instances internationales, mais le moins possible pour que la langue historique ne survive pas à terme.

    Il y a comme on sait d’autres systèmes possibles. Ainsi, certains de nos voisins qui n’ont rien à nous envier sur le terrain démocratique, comme la Suisse, n’ont pas de langue nationale s’imposant et disqualifiant les autres : leurs quatre langues d’usage sont toutes officielles.

    On ne sera donc pas surpris à la suite de cette rapide mise au point, qu’il n’y ait pas que Maille qui m’aille !

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