La Bretagne indépendante électriquement, chiche !

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New 7Un point de vue breton : libre parole

Cette semaine :

La Bretagne indépendante électriquement, chiche ! par le Comité des Bonnets Rouges de Lannion

Ceci est un point de vue. Il ouvre la discussion sur un sujet. Il vous est permis d’y répondre, dans le respect et la bienveillance, en argumentant sur vos idées par le biais des commentaires. Tout commentaire ne respectant pas les règles élémentaires du respect de l’autre, ou portant atteinte à autrui sera immédiatement supprimé.

© 2014 Bonnets Rouges Lannion
© 2014 Bonnets Rouges Lannion

La Bretagne doit faire face à un réel problème d’approvisionnement en électricité, à savoir que :

  • Elle ne produit que très peu de sa consommation. En effet, outre la centrale thermique de Cordemais (44), notre électricité vient essentiellement des centrales nucléaires du Val de Loire et de Flamanville;
  • La Bretagne n’est raccordée au réseau d’approvisionnement que par deux «autoroutes électriques» de 400 000 Volts chacune ; mais une seule est en capacité de desservir l’extrémité Ouest du territoire breton. Etant  « en bout de course », cela place la Bretagne face à des risques constants de coupures électriques;
  • La consommation bretonne est en hausse chaque année. Ceci est dû au dynamisme démographique breton mais également à un taux d’équipement des foyers en chauffage électrique qui est très (trop) élevé.
  • Ainsi, dans une organisation centralisée du territoire, la situation péninsulaire de la Bretagne pose un réel problème, car une  panne majeure sur le réseau, et tous les bretons sont plongés dans le noir et le froid.

Mais optons plutôt pour une vision différente :

  • Nous disposons localement d’une vraie variété de source d’énergies : vent, soleil, marées, courants marins, rivières, agriculture, forêts, etc. Soit, un potentiel important d’énergie éolienne, photovoltaïque, solaire thermique, marine, hydraulique, biomasse, méthanisation, etc.
  • Nous pouvons réguler notre consommation  électrique (dans l’habitat, l’industrie, les bureaux, les bâtiments publics, etc.) en mettant au point des aides à la rénovation thermique, en s’appuyant sur les compétences de nos entreprises de construction locales, mais aussi en changeant petit à petit nos habitudes de consommation. A commencer par la substitution de nos systèmes « électrivores », en changeant notre chauffage électrique par une chaudière bois ou un poêle par exemple ; notre ballon électrique d’eau chaude par du chauffage solaire ; etc.
  • Nous pouvons mettre au point des actions citoyennes et des projets à échelle locale, ainsi que faciliter les initiatives pour que les bretons deviennent propriétaires de leurs systèmes de production d’électricité. Par exemple, la coopérative régionale « Enercoop Bretagne », créée en mars 2013, a permis le financement de la construction des moyens de production d’électricité qui sont détenus par les habitants des territoires concernés.
  • Nous pouvons nous tourner vers nos voisins et développer des interconnexions de réseaux, comme le projet de liaison électrique sous-marine reliant la Bretagne à l’Irlande.

Ainsi, ne cédons pas aux chants des « sirènes de l’emploi et de la modernité », déjà entendus lors du projet de centrale nucléaire de Plogoff 1, et qui reviennent aujourd’hui avec le projet de centrale à gaz de Landivisiau qui est vigoureusement combattu par le collectif GASPARE 2, 3.

Ne cédons pas à la solution du « tout nucléaire », alors que la centrale de Brennilis 4, 5, qui se voulait être  « exemplaire » en termes de démantèlement et de retraitement des déchets, est toujours bel et bien toujours là, trônant au milieu des Monts d’Arrée.

Par contre prenons exemple sur le Pays du Méné6, avec sa politique énergétique originale et volontariste qui vise l’autosuffisance à l’horizon 2025. Sa stratégie repose sur  une combinaison judicieuse d’éolien, de méthanisation et de filière bois. De même, la commune de Trémargat (Kreiz-Breizh) mène collectivement des réflexions sur des pratiques agricoles qui mêlent performances économiques et écologiques afin de favoriser une meilleure gestion et valorisation de la ressource en bois et du paysage. Ces deux exemples sont de réels laboratoires d’alternatives énergétiques et de démocratie participative pour notre future indépendance électrique !

Vous êtes impatient d’agir? Contactez l’ « Espace Info-Energie » près de chez vous pour savoir comment réduire vos consommations électriques ; abonnez-vous à un fournisseur d’électricité renouvelable local comme  « Enercoop Bretagne » et pousser votre commune à en faire autant ;participez, via le fond citoyen « Energie Partagée », au financement de nouveaux projets en Bretagne comme celui de La Limouzinière en Loire-Atlantiqueafin que les bretons se réapproprient et gèrent leurs modes de production, par l’émergence sur les 5 départements bretons de projets maîtrisés par les citoyens.

Comité de Bonnets Rouges de Lannion

  1. « Plogoff, des pierres contre des fusils », film documentaire de Nicole et Félix Le Garrec, 1981, 112 min.
  2. Le Collectif GASPARE (Garantir l’Avenir Solidaire Par l’Autonomie Régionale Énergétique) combat le projet de centrale au gaz en Finistère, ou ailleurs ; informe les citoyens ; et propose des alternatives qui permettront une réelle autonomie énergétique de la Bretagne et du Finistère en particulier (http://www.nonalacentrale.fr/).
  3. Centrale à gaz à Landivisiau : le collectif Gaspare répond à Ségolène Royal, Philippe Parisse, 7seizh, 3 février 2015.
  4. Brennilis : Démantèlement-Nucléaire, si on en parlait …, Philippe Parisse, 7seizh, 19 février 2015.
  5. Brennilis : démantèlement coute que coute, Rémi de Kersauson, 7seizh, 19 mars 2015.
  6. Le Mené en Bretagne : vers un territoire à énergie positive, Marc Endeweld, Rue89, 19 février 2012

Complément : Tri’Nerzh, Olivier Daniélo, Objectif Terre, 05 avril 2015

61 Commentaires

  1. Lorsque je parle d’éoliennes je parle d’un plan ” MER”..l’éolien à un meilleur rendement qu’une simple éolienne et sur ke plan environnemental il n’y a pas nuisances visuelles.
    Le projet l’éolien peut et doit se développer sur toutes les côtes nord bretonnes.( voir les études “Sabella”

  2. Nous le pouvons TRÈS largement avec des hydroliennes/éoliennes mais je sens que cela va déranger les jacobins à Paris qui sont capables de nous pondre une loi contre avec un prétexte pourri… comme d’habitude!!!!!

  3. Nous le pouvons TRÈS largement avec des hydroliennes/éoliennes mais je sens que cela va déranger les jacobins qui CONvernent à Paris et qu’ils sont capables de nous pondre une loi contre,avec un prétexte pourri… comme d’habitude!!!!!!

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