La parole est libre: “Le petit guide du nationaliste breton/3”

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langue bretagneSandrig ouvre une chronique à paraître en plusieurs parties. Il entend s’exprimer sur le nationalisme breton et ses possibilités. « La parole est libre » lui donne la possibilité de s’exprimer.
Libre vous êtes d’échanger vos idées, de débattre et d’avancer sur le sujet par le biais des commentaires. Avertissement : tout commentaire insultant, diffamatoire, appelant à la violence où non respectueux des règles courantes du respect de l’autre ne seront pas validés.

Partie 3: se faire l’Hexagone
Ami breton!
Après avoir passé quelque temps “à l’étranger”, tu as sûrement ressenti comme un manque, une nostalgie. Pas forcément de la Bretagne, mais peut-être juste de la mer, des monts d’Arrée, de Brocéliande, ou bien de ta ville! Tu as eu envie de retrouver l’air que tu connais bien. Tu es prêt pour la troisième étape de ton initiation: bienvenue!

Te voilà donc reparti d’où tu viens. Profite un peu de l’été, ou bien des fêtes, ne te prive pas! Retrouve tes amis, ta famille, fais-toi plaisir! Tu te sens sûrement plus chez toi désormais que tu as connu le manque. Mais attention! Si tu veux aller au bout de ton initiation, il ne faut pas en rester là. Quand tu sentiras que tu commences à te poser, il te faudra repartir. Ce sera plus dur cette fois-ci. Cette étape t’amènera à découvrir l’Hexagone.

Comment ça? me dis-tu, comme si je ne connaissais pas la France! Justement, il est temps pour toi de connaître en profondeur ce pays que tu connais par coeur depuis tout petit. Ce territoire que tu vois tous les jours à la météo!

Ici aussi, un petit voyage en touriste n’est pas suffisant. Il te faudra poser le pied à terre au moins quelques mois, pour étudier, travailler, ou squatter chez des connaissances. Et pas n’importe où: privilégie d’abord les régions dites “à forte identité”.

Tente toutes les expériences: manger du Bibeleskaes dans une Winstub à Souffelweyersheim, des fricadelles dans une baraque à frites de Wazemmes, trinquer au patxaran à Ainhoa, partir en randonnée à La Clusaz, ou dans le maquis en Corse… Toi qui parles peut-être l’anglais, l’allemand ou l’espagnol (quelques souvenirs d’école?), rentre en contact avec ceux qui parlent alsacien, cherche les derniers flamingants de ce côté-ci de la frontière, passionne-toi pour l’occitan! Tu créeras des liens d’amitié avec plein de personnes, qui t’en apprendront plus sur “leur coin” que tu ne pourras raconter sur le tien. Ca te fera peut-être bizarre de penser que tu comprends le corse, mais que tu ne sais pas dire plus que “kenavo” et “yec’hed mat”. Ou bien ça t’énervera quand on te dira “hé, le Breton, dis-nous quelque chose dans ta langue!”. Au mieux, tu pourras leur préparer des crêpes… à la poêle.

Après avoir fait le tour de la “périphérie”, il sera important pour toi d’aller au centre des choses également. Tous tes nouveaux amis te sembleront bien différents de toi, mais tu sentiras quand même encore un lien de proximité avec eux: la France, c’est la diversité, n’est-ce pas!

Alors plonge-toi à ce moment dans ce no man’s land auquel tu ne penses jamais, et que tes amis ne t’ont sans doute pas mentionné non plus. Passe par cette diagonale du vide, qui va de Niort à Amiens, en passant par Orléans, Tours, mais aussi Nevers, Moulins… Pas Paris bien sûr, mais tout ce qu’il y a autour! La vraie France, quoi. Alors oui, du patrimoine, tu en verras, des cathédrales, des châteaux, des noms célèbres qu’on peut lire dans les romans de Dumas et de Balzac. Tout ce que tu as toujours appris à l’école, c’est là. Reste un peu dans ces contrées rarement attirantes pour le marin que tu es. Pas de voie express, pas forcément de TGV. Pas la mer, pas la montagne. Rien que des plaines avec des tournesols, du vin parfois… Des cafés qui n’ont pas évolué depuis Louis de Funès. Oui, tu le connais bien ce pays! Et pourtant, ce n’est pas le tien, non? Essaie de comprendre la personnalité des terres où tu te trouves… en vain, il n’y a rien de spécial en fait. Juste, peut-être, des gens qui n’ont, curieusement, pas spécialement envie d’émigrer. Et toi, pourquoi tu es parti, au juste?
Arrivé à ce point, tu as dû commencer à saisir. Le déclic est sûrement proche. Tu as connu d’autres terres, tu as peut-être envie de connaître la tienne. Alors retour au bercail, et tu es prêt pour les étapes suivantes!

Ken bremaik!

L’équipe du guide

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