David Grosclaude fabrique l’actualité pour l’occitan

En directe de Tolosa, concernit per l’afar.

David Grosclaude PSDavid Groclaude fut le rédacteur en chef de La Setmana, après avoir été journaliste de Ràdio País, il est depuis les dernières élections conseiller régional d’Aquitaine ; son élection est liée à une volonté des écologistes de EELV d’avoir un représentant «occitan» dans le Conseil Régional de Gauche. Ce conseil régional d’Aquitaine a à sa tête de gauche, un certain Alain Rousset, vice-president de Association des Régions de France, homme de conviction et très impliqué dans l’agglomération de Bordeaux au côté des socialistes. Alain Rousset a, dés son arrivée du Conseil Régional, débuté une politique pour les associations occitanes d’Aquitaine ; ce fut une chose très nouvelle pour le Conseil Régional d’Aquitaine, dont les majorités de droite avaient jusqu’à présent aidé seulement certaines associations basques, avec un intérêt réel : ils avaient tous une maison au Pays Basque (edr!).
Donc, pour la deuxième législature d’Aquitaine, après de petits pas légers, trop légers, ceux du maire d’Ortès (Bearn), les socialistes avaient bien du besoin en compétences fortes pour développer une réelle politique pour l’occitan. David Grosclaude portait cette compétence politique, car contrairement à ce que les professeurs de gauche des universités expliquent, la politique pour l’occitan, n’est liée qu’à des actes politiques, et ne peut être autrement en France ; le conseiller régional David Groclaude le sait.
Petit à petit, la politique proposée par David Grosclaude, en nom de EELV, e son fidèle partenaire «occitan», le Partit Occitan, a été accepté, et petitement développée ; mais il fallait passer à une étape supplémentaire. La création d’une politique linguistique occitane sur deux régions administratives, en compagnie (bonne?) de l’État semblait le meilleur moyen d’avoir une dignité pour cette politique.
Et puis patatras, on apprend un mercredi après-midi, 26/05/2015, David Grosclaude lance une «cauma de la hami» pour forcer l’État a -enfin- respecter ses engagements. Et oui, l’État ne respecte pas ou jamais ses engagements ; il faudrait avertir les banquiers … qui semblent plus efficaces à ce niveau-là, pour avoir un soutien de l’État !
Que peut-on faire de mieux que d’informer sur ce fait sans précédent dans l’occitanisme moderne ? Une grève de la faim n’est jamais venue à l’idée des occitanistes depuis …. jamais d’ailleurs !
Donc il faut bien noter les raisons importantes qui firent que David Grosclaude se lançât dans cette démarche. Le dernier à avoir à faire une grève de la faim fut un élu d’un parc national de Béarn, député dit français et conseiller régional d’Aquitaine, pour sauver des emplois d’une entreprise de sa vallée ; il se trouve qu’il est d’une couleur politique qui n’est pas celle de David Grosclaude, il siège dans l’opposition à Alain Rousset, et puis, on oublie : qu’il sait qu’il chantât béarnais à l’Assemblée dite Nationale ? Et un hymne bien connu de tous les Occitans, Béarnais compris.

David Grosclaude en cauma de la famLa «grève de la faim» marque ainsi symboliquement un fait nouveau, les élus pensent clairement que l’État n’est pas assez respectable, même quand il signe des engagements, et même s’ils s’en font les relais bienveillants ; ceci n’est pas nouveau, mais la méthode est nouvelle pour l’occitan.
Le regroupement des compétences administratives d’État avec celles des régions (en l’absence de politique fiscale propre pour les régions), afin de soutenir une politique pour l’occitan, une langue qui serait en danger (voire UNESCO) sûrement plus que Palmyre, semblait donc une voie raisonnable en période de pénurie budgétaire. Il semble que pour l’occitan, la pénurie budgétaire soit la règle perpétuelle.
Actuellement l’opération de «cauma de la hami» de David Grosclaude a un grand écho au niveau international, même si au niveau des agences de presse parisienne, il s’agit de faire la sourde oreille, voire d’éliminer (comme Le Parisien) les écrits locaux sur le sujet. C’est un sujet brûlant (même si pacifique), sûrement aussi brûlant que trouver des caches d’armes d’ETA en ville.
Cette grève aura eu un effet immédiat, et sur ce sujet bien particulier, Alain Rousset, via son service de presse, aura envoyé en occitan (si si en occitan) un soutien mesuré (forme, une communiqué bilingue qui est visiblement fait pour une clientèle électorale), communiqué mesuré par une «habituelle patience qu’il faut avoir» pour avoir cette institution d’État-région pour développer une politique ; déjà un an de patience, et il semble que David Grosclaude, l’élu de l’intérieur, du Béarn, ne semble plus en avoir. Les élus socialistes -comme les autres couleurs politiques- ne sont pas au service des citoyens, ni des politiques qu’il faut mener, mais d’une administration qui impose plus qu’elle ne travaille pour le peuple, surtout en fin de course du mandat.
Il faut noter aussi la période de cette grève de la faim, nous sommes en mai 2015, les listes pour les régionales se préparent dans l’ombre, ni la droite ni la gauche ne prévoit d’avoir des élus en charge de l’occitan, ni du basque (vu la dimension de la nouvelle région, la reforme marginalise encore plus ces demandes de politiques linguistiques, et vu leur connaissance maigre du sujet linguistique et culturel de cette nouvelle région, les élus-candidats concernés n’auront plus de souci avec l’occitan). C’est un sujet abandonné, un sujet que même les parachutés candidats en région occitane ne veulent surtout pas voir abordé dans les médias parisiens.
La reforme territoriale socialiste, encore une, aura pour effet d’éloigner les élus des réalités de terrain ; que faut-il de mieux pour assurer aux jacobins une vie perpétuelle pour gérer la délégation de pouvoir qu’est la décentralisation ? (et oublier l’occitan!).
Dans ce système pervers (français donc), la «cauma de la hami» de David Grosclaude arrive quelques jours après la fin de son mandat ; mais comme l’État n’est JAMAIS clair dans cette affaire occitane, il est à craindre que les nouvelles promesses qui seront données, sous le manteau électoral, l’obligent, après la grève de la faim, d’aller à pieds de Bordèu a Peirigüers, manifester contre la reforme des collèges qui détruira petit à petit la maigre politique de soutien que les majorités de gauche bâtirent les dernières années.

Le 6 juin, il y aura une manifestation pour l’occitan dans les collèges d’Aquitaine-Aquitània, Limousin-Lemosin et Midi-Pyrénées-(futura Sud-Occitània) ; elle est portée par des enseignants socialistes qui trouvent un peu fort de café jacobin les idées vieilles qui sortent du chapeau administratif et socialiste de l’Éducation dite Nationale. Elle se déroulera à Peirigüers, je pense que les élus vont s’y précipiter, ils sont en campagne électorale pour être sur les listes de décembre 2015.

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