Des coupures d’électricité révélatrices de la faiblesse d’une Bretagne dans la France

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Europe Occidentale en éveilTandis que toutes les villes des cinq départements bretons et au-delà ont été touchées par des coupures d’électricité en cette fin de mois de juin, début juillet, les élus ont joué la montre en tentant de diminuer ces incidents avant d’être certain de pouvoir dénoncer d’une seule voix l’insoumission des Bretons à la politique nucléaire française. Dans les quotidiens, chaque rédaction locale évoquait d’abord des interruptions de distribution liées à des phénomènes de surchauffe de transformateurs secondaires. Rapidement, les langues se déliaient sur les réseaux sociaux et on apprenait que de Nantes à Brest, des centaines de milliers de personnes étaient plongées dans le noir dans la nuit de mardi à mercredi. Au matin du 1er juillet, les médias ont bien évoqué un problème collectif dont les raisons restent floues.

La canicule ?

On a connu pire et aucune conséquence de ce genre.

Le réseau de distribution breton ?

Il fallait s’y attendre, l’occasion était trop alléchante pour appuyer sur deux axes de propagande mensongère :

  • la Bretagne dépend du nucléaire français et en paie les conséquences ;
  • « plus d’électricité en Bretagne et Pays-de-la-Loire », cette fameuse région imaginée par les Etats-majors nazis, qui a fait l’objet d’un décret de Pétain que l’on « fête » ces jours-ci, somme toute appliqué à une date récente par les partis au pouvoir.

Les raisons de ces coupures de distribution électrique sont en osmose avec les capacités surnaturelles d’un Etat qui parvient à détourner les nuages radioactifs des vieilles centrales de l’Est…

 

Des conséquences dramatiques sur l’économie et la vie quotidienne

 

Les seuls éléments réels quant à ces coupures sont leurs conséquences. Des hôpitaux ont risqué la rupture en alimentation électrogène. Imaginez un seul instant la vie de plusieurs dizaines de personnes, en soins automatiques, suspendue à la réserve de carburant des groupes électrogènes des cliniques et hôpitaux. Et les gens médicalisés à domicile, sous respiration artificielle électrique ?

Mardi soir, des Nantais témoignaient à travers les réseaux sociaux de malaises dans les ascenseurs bloqués ; d’autres évoquaient des vols et des bagarres dans l’obscurité de rues et parkings souterrains… On ressent tout d’un coup la faiblesse du monde occidental sans sa technologie et sa dépendance à un système centralisé.

Ce matin, les rayons frais et surgelés de grandes enseignes commerciales étaient vidés. La rupture de la chaîne du froid oblige à la destruction de tonnes de denrées alimentaires. Des animaux par milliers ont été sacrifiés pour finir directement à la poubelle. Des quantités inimaginables de produits issus de l’agriculture seront mis aux ordures alors que 800 millions de personnes ont le ventre vide dans le monde.

Nos entreprises, toutes catégories confondues, ont été paralysées dans leur activité pendant de longues heures. Certaines devront jeter une partie de leur production. Les TPE-PME bretonnes avaient-elles besoin de cela ?

Cette dépendance du lobby étatique nucléaire français à un coût exorbitant.

 

La Bretagne ne produirait que 8 % de son énergie ?

 

Ces coupures d’électricité ramènent sur le tapis ce cliché solide, diffusé par les hautes sphères de l’Etat, et récurrent dans la bouche de tous les autres tenants du lobby nucléaire français : la Bretagne serait victime de son refus du nucléaire et ne peut subvenir à ses besoins énergétiques.

En 2011, l’ex-PS Eric Besson, devenu ministre UMP en charge de l’énergie, était en Bretagne pour convertir les Bretons au nucléaire. En plein hiver rigoureux, il agitait le spectre de la coupure électrique générale en précisant que le cas échéant, les Bretons seraient responsables de n’avoir pas réagi avant. Selon son gouvernement, et c’est encore l’argument de l’actuel gouvernance PS, “la Bretagne ne produit pas plus de 8 % de son énergie”.

 

Ce discours est soit hypocrite, soit ignorant quand il s’agit de 40 % de l’énergie nécessaire produite à partir des 5 départements bretons. Au-delà de la simple négation de la réalité historique, culturelle, naturelle, économique bretonne, ces allégations font fi des décisions de l’assemblée régionale de développer un partenariat logique concernant la production énergétique entre la région administrative et ce département de la péninsule bretonne.

Cette attitude affiche aussi un mépris envers le souhait moult fois exprimé par les Bretons de produire les énergies de leur choix, à partir des marées, du vent, du soleil… Le gouvernement de France a constamment fait barrage aux choix énergétiques propres. D’ailleurs, pour ce faire, l’Etat n’agit pas seulement sur le robinet des finances mais n’hésite pas à mettre en place des moratoires pour imposer son diktat énergétique. On se souviendra du moratoire sur le photovoltaïque en 2010.

Et puis, ce gouvernement franco-parisien a beau jeu de pointer du doigt une Bretagne qui ne demande qu’à prendre ses affaires en main. A titre de comparaison, l’Ile-de-France produit seulement 2 % de son énergie ! Par contre, cette région pompe tout l’hexagone et les Dom-Tom en richesses humaines, financières et en moyens. Nous finançons 8 millions d’habitants (12,5 % de la population) qui réquisitionnent plus de la moitié des budgets. Par conséquent, aucun ministre ne parle à ce sujet de “Pacte énergétique”… Il n’y a qu’à se servir au profit d’une minorité.

 

Plus que jamais, il faut le répéter, notre chance… l’indépendance !

 

Bertrand Deléon.

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