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Pleubian : la distillerie « Glann ar Mor » cesse son activité à compter du 15 août

Pleubian, mercredi 1 juillet 2015, par un communiqué de presse, la distillerie de whisky « Glann Ar Mor » annonce l’ arrêt de son activité à compter du 15 août 2015.

« LA DISTILLERIE GLANN AR MOR FERME DÉFINITIVEMENT SES PORTES AU 15 AOUT ».

glann ar mor

La distillerie artisanale Glann ar Mor (Celtic Whisky Cie) qui produit les whiskies Kornog et Glann ar Mor va fermer ses portes au 15 août.

Cette cessation d’activité est la conséquence directe de la mise en place par l’INAO depuis le début de l’année de l’Indication Géographique Protégée (IGP) « Whisky Breton ». Cette IGP dont la légitimité, comme son cahier des charges définissant ce que peut ou ne peut pas être un « Whisky Breton », sont contestés par Martine et Jean Donnay. Elle a pour résultat de remettre en cause le modèle économique de leur eentreprise, et notamment le développement qui lui était indispensable.

Débutée en mai 1997, la belle histoire de Celtic Whisky Cie et de sa distillerie de Pleubian dans les Côtes d’Armor connaît ainsi un épilogue aussi triste que surprenant après 18 ans d’efforts et de sacrifices. Ceci, alors que l’activité était en plein essor avec une croissance de 25% sur le dernier exercice clos au 31 mars, grâce à des ventes dont la progression s’accélérait notamment à l’export.

Une IGP qui pourtant s’annonçait bien à l’origine :
En effet, l’aventure de l’IGP avait bien commencé. Les Donnay étaient enthousiastes sur le projet d’une appellation destinée à protéger et valoriser les whiskies produits en Bretagne. Malheureusement, entre les premières réunions tenues en juin 2009 et la mise en place de l’IGP début 2015, le projet a progressivement évolué pour aboutir à une IGP que Glann ar Mor considère comme trop pénalisante pour son activité.

Ses modalités favorisent un produit standardisé correspondant à un modèle économique de type industriel. Le whisky « syndical » breton ça n’est pas pour nous clament Martine et Jean Donnay. Pour exister à côté des industriels les artisans doivent pouvoir exprimer leur différence en allant au bout de la démarche qualitative et en exprimant leur créativité.

Donc, pour un whisky Single Malt on doit s’abstenir d’ajouter du colorant E150a, on ne filtre pas « à froid » en éliminant de précieux congénères aromatiques sous prétexte de rendre le whisky plus limpide, et on ne « réduit » pas avec de l’eau le whisky à 40% comme on le fait pour les « blends » vendus en grandes surfaces. Pourtant, adoptant une attitude pragmatique Glann ar Mor avait accepté des concessions sur ces points, la création de l’IGP supposant que chacune des quatre distilleries fasse des efforts en ce sens.

Une IGP qui a évolué vers des modalités inacceptables pour les artisans :
Mais ce qui est devenu totalement inacceptable, ce sont les modalités finales de l’IGP telles qu’elles ont été entérinées par l’INAO, et ce avec un seul des quatre producteurs bretons.

Par exemple, le whisky de seigle Single Malt qui avait été mis au point après plusieurs années d’efforts par Glann ar Mor était dorénavant hors la loi.

En effet, en n’adhérant pas à l’IGP, ce whisky n’a plus le droit de dire ou même de faire comprendre que son origine est bretonne. Et si la distillerie adhère à l’IGP, alors ce Single Malt qui n’a plus le droit de dire qu’il est un « Single Malt » se retrouve complètement dévalorisé.

Que faire ? Dans un cas comme dans l’autre le modèle économique ne tient plus, ce whisky qui représentait un élément clef du développement était tout simplement condamné à disparaître.
Ceci n’est qu’un exemple des problèmes ayant poussé Glann ar Mor à décider de cesser son activité, mais il est le plus démonstratif et le plus simple à comprendre; d’autres whiskies se retrouvent dans la même situation.

Sans oublier que les modalités finales de l’IGP ont aussi mis hors la loi le petit alambic à plateaux tout en cuivre de la distillerie. Un vrai bijou auquel Glann ar Mor tenait absolument pour produire certains Single Malts, et pour lequel elle avait là aussi aussi accepté des concessions sur d’autres points. Et la qualité de ce que cet alambic peut produire en la matière avait été largment démontrée.

En ne pouvant plus faire référence à l’origine bretonne de ses whiskies les clients de la distillerie continueraient malgré tout à la suivre, mais le handicap en dehors de France serait insurmontable. Les exportateurs classent leurs whiskies par région, : Ecosse, Irlande, Japon… Alors, comment présenter et vendre un whisky sans origine ? A fortiori quand il s’agit d’un produit de terroir avec un caractère et un positionnement prix correspondants.

Le triste bilan de l’IGP « Whisky Breton » :
L’entreprise qui emploie six personnes exporte ses whiskies en Allemagne, en Angleterre, en Suède, au Danemark, en Autriche, au Canada, à Singapour, à Taïwan… Elle reçoit plus de 7000 visiteurs par an. Ses Single Malts Kornog et Glann ar Mor ont été maintes fois récompensés dans les concours et guides spécialisées, avec notamment six « Liquid Gold Awards » (whiskies notés 94 sur 100 ou plus) dans la « Whisky Bible » de Jim Murray, et Jean Donnay qui en détient les secrets s’est vu décerner le titre de « Whisky Distillery Manager of the Year » en 2014.

Les Donnay ne comprennent pas pourquoi ni comment un projet d’appellation, dont ils étaient des supporters inconditionnels à l’origine, a pu ainsi aboutir sur une IGP qui favorise clairement la fabrication d’un whisky standardisé allant dans le sens d’un modèle économique industriel. Et surtout, qui ne laisse plus l’espace de liberté pourtant indispensable aux artisans pour exister à côté des gros producteurs. A ce jour l’IGP « Whisky Breton » a été validée en France, sa validation européenne est en cours à Bruxelles et le résultat en sera connu dans quelques mois.

La distillerie Glann ar Mor, comme ses deux confrères également opposés au projet d’IGP, a envoyé deux courriers à l’INAO début 2012, lui demandant confirmation de la situation résultant du fait que sur les quatre producteurs bretons, trois s’étaient clairement déclarés y être défavorables.
Glann ar Mor attend toujours la réponse de l’INAO….. C’est évidemment trop tard maintenant, mais Martine et Jean Donnay ne comprennent décidément pas. Pourtant, ils aimeraient qu’un jour on leur explique comment se mettent en place les IGP ou les AOC, ce qu’elles apportent de positif, et à qui elles profitent. »

Contact :
Martine ou Jean Donnay
Distillerie Glann ar Mor
2, allée des Embruns
22610 Larmor-Pleubian
FRANCE

Email : martine@celtic-whisky.com
Tel : +33 (0)2 96 16 58 08

 

44 COMMENTS

  1. Ce serait La distillerie Warheingeim qui serait derrière tout ça ?qui fait aussi du chouchenn pleins de colorants, de l’eau de vie, du pommeau, etc…Dommage il faisait du super Whisky et était très sympathique en plus de ne pas être très loin de chez mes parents

  2. Les normes, les lois les règles dont se délectent les élus qui justifient ainsi leurs places finissent par tout détruire et tout paralyser, vive la France !

  3. On continue de tuer l’économie… Les produits d’ici auront le nom ‘breton’, mais participeront activement à la dégénérescence de ce fait aujourd’hui notre succès. Quels recours? Il faut dire merde à toutes ces réglementations stupides!

    • Ca n’a pas à voir qu’avec ça. Je connaît un peu le dossier et il est très complexe et épineux. Après il s’ agit du choix des époux Donnay. Mais il est vrai que c’est dommage

  4. Absurde! Comment un label imposé peut-il forcer des producteurs artisanaux de whisky single malt à leur refuser une distinction « single malt » en de surcroit entrainer une cessation d’activité? C’est ridicule. Décidément, je ne comprends rien au règles du marketing à la française. Ce devrait être au client de décider et d’apprécier!

  5. Que dire sinon notre révolte à standardiser à outrance tous produits alimentaires,plus rien ne peut se faire avec ses spécificités régionales au bonheur des lobbies sans imagination créative sinon financière…quel triste monde …. réagissons….pensons à nos enfants et petits enfants qui vont devenir(j’espère que non) des êtres sans goût sans âme créative……

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