Vieilles Charrues : Non au puçage des festivaliers, “Faut Pas Pousser”

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Carhaix, mercredi 15 juillet 2015, à quelques heures de l’ ouverture du festival des Vieilles Charrues, le Collectif “Faut Pas Pousser” adresse une lettre aux festivaliers et bénévoles pour dénoncer le système de puçage mis en place par les responsables du festival :

 

 Lettre du Collectif Faut Pas Pousser

 “Nous sommes une poignée d’éleveurs et d’éleveuses, soutenus par quelques complices, à lutter depuis quelques années, contre le puçage électronique de nos animaux. Nous refusons dans cette obligation, un modèle de gestion industriel de nos troupeaux, qui nous définit, non plus comme des éleveurs et éleveuses, mais comme des gestionnaires de minerai viande. La puce électronique deviendrait pour les bureaucrates de la traçabilité, la seule garante de la sécurité alimentaire. Nous défendons à l’inverse un attachement à nos fermes, à notre manière d’être au quotidien avec nos animaux, à ce que nous produisons, et au lien que nous entretenons avec les personnes qui achètent ces produits.

C’est hélas, sans grande surprise, que nous apprenions par voie de presse à la mi-juin, le puçage obligatoire par bracelet électronique, des festivaliers et festivalières des Vieilles Charrues. Nous refusons tout simplement d’être encore une fois considérés comme de vulgaires cobayes lors de ce festival, qui représente un enjeu majeur pour les fabricants de puces qui espérent voir l’usage du bracelet avec puce RFID se généraliser à l’ensemble de ce genre d’évènements. Sans surprise, la région est propice à la culture industrielle : l’agriculture industrielle a déjà bien ravagé la campagne à coup de pesticides, courses au rendement et en faisant disparaître les petites fermes. Puis comble de la démesure, on construit actuellement aux portes de Carhaix une immense usine de production de poudre de lait pour la classe moyenne chinoise. Et oui, c’est la fin des quotas laitiers, que la fête commence !

Dans l’article du Télégramme du 5 juin 2015, on découvre que le festival des Vieilles Charrues à Carhaix, vient de décider d’attribuer à chacun des festivaliers et festivalières, un bracelet doté d’une puce RFID (la puce transmet des informations par radio fréquence), qui sera le seul moyen de paiement sur l’ensemble du festival (puce qui sera liée à un compte que l’on pourra créditer en ligne ou sur des bornes durant le festival). On bipera donc d’un simple mouvement de poignet, dès qu’il s’agit de se restaurer ou de boire une bière, le tout « sécurisé, simple et gratuit ». Cela impose donc une nouvelle fois une carte bancaire, l’utilisation d’internet, la fourniture de données personnelles. On pourrait céder à la tentation de nous dire que cela servirait à nous économiser du temps, à réduire les files d’attente de ce gros festival, et à ne plus avoir la crainte qu’après avoir bu un coup de trop, on puisse perdre son portefeuille. Cela correspondrait d’ailleurs bien à l’air du temps, de céder à la dématérialisation, et à faire confiance à l’émission d’ondes de ces puces pour répondre à ces maux. Les Vieilles Charrues viennent, pour nous, de faire le choix de gérer industriellement les flux de festivaliers. C’est bien le festival qui sera le grand gagnant de l’instauration de ce porte-feuille électronique : une masse de données qui pourra être étudiée pour mieux comprendre la consommation sur le site et mieux vendre ses produits, limiter les risques de fraudes, ne plus à avoir à se préoccuper du transport de fond, en somme du fric qui se retrouve beaucoup plus simplement dans leurs poches. Si le festival fait profiter beaucoup d’associations locales de sa renommée (en rémunérant à bas coût les bénévoles provenant des associations), il s’agit surtout de faire rentrer du pognon.

Reste encore la situation de la surveillance, chaque festivalier sera donc potentiellement étudié par le prisme de sa consommation sur le site. On ne peut pas dire si ces données serviront à détecter le potentiel conducteur en état d’ivresse, ou la personne ayant un compte trop bien crédité pour ses revenus. Mais le fonctionnement d’une puce repose sur l’émission d’informations qui pourront être lues par les détenteurs de terminaux adéquats (comme en seront équipés les bars et autres boutiques du festival), comment peut-on être certain que cela servira juste de moyen de paiement ?

Nous avons le sentiment que beaucoup de bénévoles peuvent se sentir pris en otages par cette décision, alors qu’elle survient pas mal de temps après l’engagement de participer à l’organisation du festival.. Il est encore temps de démissionner, ce festival repose sur vous. Les quelques miettes qu’il distribue aux associations suffisent-elles pour cautionner une nouvelle atteinte à notre liberté ?

Aux festivalières et festivaliers, il reste toujours la possibilité de vendre son billet, ou si vous tenez vraiment à voir un concert, il existe bien des moyens de ne pas avoir à consommer sur le site.

 

Le Collectif Faut Pas Pousser, Monts d’Arrée. fautpaspousserlesmonts@riseup.net

Faut Pas Pousser c/o Ancien CAT, Le Bourg, 29190 Saint Rivoal

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