Décryptage du plan pour l’élevage : Trois milliards sans véritables solutions

Logo_confédération_paysanneDe nouvelles mesures ont été annoncées hier par Manuel Valls, sur commande de Xavier Beulin, patron de multinationale agro-alimentaire. Les milliers de paysans venus manifester à Paris n’ont d’ailleurs pas été dupes de ce tour de passe-passe qui ne sauvera que ce système qui les broie, pas eux. Décryptage.

  • La « modernisation », sorte d’incantation permanente déconnectée des réalités, représente un tiers de ce plan : investir à tout prix, quels que soient les risques de surendettement et les conséquences sur l’emploi agricole et agro-alimentaire.
  • On notera que cette partie du plan a été confiée à Pierre Pringuet, membre du Conseil d’administration du groupe Avril (ex-Sofiprotéol), et ancien président du comité Sully (cercle de promotion de l’industrie agro-alimentaire) dont il a transmis les manettes à Xavier Beulin en janvier.
  • L’appel à des « prix rémunérateurs » n’est encore qu’une accumulation de vœux pieux sans mesure concrète qui permette réellement de faire remonter les prix.
  • Allègements et baisses de charges ne sont que des mesures d’urgence dont il faut espérer qu’elles ne remettent pas en cause les mécanismes essentiels de solidarité sociale.
  • Les mesures de désendettement sont utiles pour les trésoreries mais ne résolvent rien tant que le système et les pouvoirs publics encouragent encore à l’investissement comme c’est le cas ici. Il ne s’agit que de désendetter pour réendetter !
  • Sans aller jusqu’au moratoire demandé, la simplification des normes environnementales est tout de même à l’ordre du jour. Même si la règlementation n’est pas toujours bien faite, il ne faudrait tout de même pas perdre de vue que la nature est le socle de travail des paysans et doit être préservée pour les générations à venir !

Il n’y a donc rien ici pour redonner un avenir aux paysans. Pour sortir les éleveurs de la crise, la balle est désormais entre les mains des ministres de l’Agriculture de l’Union européenne qui se réunissent lundi. Le relèvement des prix d’intervention est indispensable et pourrait être obtenu mais il doit s’accompagner de mesures de régulation, qui n’ont pas été évoquées hier…

La Confédération paysanne manifestera avec la Coordination européenne Via Campesina et aux côtés de l’European Milk Board devant le Conseil européen lundi à 11h. 

4 COMMENTS

  1. Du gâchis. L’élevage intensif est une industrie condamnée. Par ailleurs elle est la grande responsable du réchauffement climatique et va donc en prendre plein la gueule quand la majorité des consommateurs bouder ont la viande bas de gamme, la « meerde ». La seule solution c’est qu’ils se reconvertis sent vers la qualite, bio et plein air, transforment leurs produits et arrêtent les chaînes longues.

    Ceux qui ont fait se choix vende à 3.5 euros le kilo vif et encore plus en transformé. Ils font des excédents, se versent des Smics au minimum et embauchent.

    Que dire de plus.

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