Langues régionales : Mépris de la droite sénatoriale pour les langues régionales

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Ploërmel, mercredi 28 octobre 2015, réaction de Paul Molac, député du Morbihan, suite à l’annonce du ‘blocage du processus de ratification de la charte européenne des langues régionales ou minoritaires par la droite sénatoriale”.

“Mépris de la droite sénatoriale pour les langues régionales”

 

La majorité de droite sénatoriale vient de bloquer le processus de ratification de la charte européenne des langues régionales ou minoritaires. L’article 89 de la Constitution édicte que pour réunir le Congrès, le Sénat et l’Assemblée nationale doivent avoir adopté le même texte.  Le Sénat en adoptant une motion de rejet par 179 voix contre 155 bloque ainsi le processus.  Les sénateurs de droite ont appliqué les consignes de leur chef Nicolas Sarkozy qui refuse de ratifier la charte par idéologie.  134 sénateurs des Républicains (ex-UMP) ont voté contre la charte sur 144 dont les élus de Bretagne administrative Dominique De Legge et Michel Vaspart.  33 centristes de l’UDI sur 42 ont voté contre la charte. Par contre tous les sénateurs socialistes, communistes et écologistes, sans exception, ont voté pour la charte.

Cette réaction de la droite n’était pas prévisible il y a encore quelques mois, mais il semblerait bien que ce soient les petites combines politiciennes qui l’aient emporté. La Chambre qui est censée représenter les territoires  fait preuve d’un aveuglement et  d’un mépris pour ce qu’est réellement la France : un pays pluriel fort de ses différences, de ses langues et de ses cultures. Les arguments utilisés comme celui du communautarisme blessent des centaines de milliers de Français qui parlent au quotidien leur langue régionale. Ils montrent que la droite ne sait plus que courir après l’extrême droite et son nationalisme étroit.  Nos langues n’ont jamais été une menace pour qui que ce soit. Ce sont des instruments de cohésion sociale, de culture bien vivante et d’ouverture au monde.

La déception ne doit cependant pas nous décourager. Ce rejet au Sénat n’est en aucun cas massif. On sait aussi que l’Assemblée nationale avait voté à 70 % pour la ratification de cette Charte. Néanmoins, la France apparaît comme isolée internationalement, conservatrice voire réactionnaire. La France a mis 60 ans de plus que le Royaume-Uni pour reconnaître les syndicats, 26 ans de plus pour donner le droit de vote aux femmes. Elle ratifiera la Charte et reconnaîtra nos langues de Bretagne, le breton et le gallo. Continuons le combat pour elles.

 

16 COMMENTS

  1. Paul Molac, dont on ne saurait nier la “bretonitude”, sait très bien que si la droite à jeté les dernières pelletées de terre sur le cercueil de la charte; ce sont ses amis du PS qui en ont creusé la tombe, comme le dit si bien Troadec. Ils avaient tout, qu’en ont-ils fait? Ni droite, Ni gauche: Breton

  2. l’état français ne veut pas reconnaître les langues régionales,son désir est de les éradiquer pour qu’il n’y ait que des français en France.
    Le temps joue pour lui car bientôt la majorité des locuteurs va disparaître (les 75 85 ans)
    Il n’y a rien à attendre et il n’y a rien à demander c’est à nous seuls de le faire avec nos deniers,il faut financer nous mêmes le triliguisme Breton anglais français en Bretagne a l’école ,l.histoire de Bretagne ,l’hymne national breton sinon la colonisation française aura atteint son but qui est de faire des bretons des “français de Bretagne”
    Son principal relais étant l’éducation nationale,on ne pourra jamais y apprendre autre chose que le jacobinisme et la supériorité du français.
    Nos élus se soumettent et se complaisent à ce système qui ne débouche sur rién
    Il faut quitter cette position de soumission et de demande envers cet état français qui a consacré depuis 500 ans tant d’argent et d’énergie à détruire l’identité bretonne.
    Votez breton

  3. Risible et triste… Ou comment le breton – et nos langues régionales en général – sont prises en otage par des jacobins attardés, les parlementaires de droite comme de gauche, les uns comme les autres pour de purs motifs politiciens. Vous avez dit régionales? Laissons tomber ces godillots des partis parisiens et votons plutôt, les 6 et 13 décembre prochains, pour un mouvement authentiquement régionaliste, celui de Christian Troadec, “Oui, la Bretagne”. Vivre, travailler et décider en Bretagne, loin de ces artifices de basse-cour.

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